Les dictionnaires de la rentrée

Tradition oblige!

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Alors? Vous avez passé un bel été? Les vacances ont été profitables? Vous n’avez pas trop souffert des sautes d’humeur de Dame Nature? Vous aviez hâte de retrouver cette chronique dans les pages de L’Express? Moi, j’anticipais avec beaucoup de plaisir le fait de renouer avec vous.

Ceux qui sont des habitués de cette chronique savent à quel point je suis un inconditionnel des dictionnaires. Et que je me fais un devoir, assez tôt à l’automne, de consacrer une chronique à ces populaires outils qui nous reviennent, immanquablement chaque année, dans une forme revue et bonifiée. Une tradition s’est installée et je ne compte pas m’en écarter maintenant.

Je choisis volontairement de vous parler du nouveau Petit Robert. Non seulement parce que c’est un ouvrage que je privilégie lorsqu’il s’agit de s’intéresser à la langue française sous ses aspects étymologique, historique et contextuel, mais aussi parce que la célèbre maison d’édition a décidé cette année de donner un petit cousin au populaire dictionnaire. Le Dixel a fait son apparition et cette nouveauté mérite qu’on s’y intéresse.

En plusieurs points, le Dixel s’apparente au Petit Larousse. On a choisi de fondre dans un seul et même ouvrage les noms propres et les noms communs, une audace qui émane sans doute d’un facteur de concurrence.

Dans le Petit Larousse, les noms communs et les mots du vocabulaire courant sont en première partie d’ouvrage, alors que les noms propres se retrouvent à la fin. Dans le Dixel, on a tout mis cela ensemble, dans un seul et même ordre alphabétique, sauf qu’on a pris soin de distinguer les noms propres en les inscrivant en rouge.

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Le Dixel, que l’on présente comme un dictionnaire encyclopédique, a nécessité trois ans de travail.Cent cinquante spécialistes ont été mis à contribution. On y retrouve 58 000 mots et définitions, souvent plus succinctes que celles du Petit Robert. Mais on y retrouve aussi 28 000 noms propres, 900 dossiers encyclopédiques et 4000 illustrations.

Contrairement au Larousse, les illustrations du Dixel sont surtout associées aux noms propres. Il y a très peu de contenu iconographique pour les noms communs, ce qui a toujours été un avantage du Petit Larousse.

Par contre, on retrouve dans le Dixel ce que les éditeurs appellent des «développements encyclopédiques», qui apportent un éclairage pertinent sur certains grands domaines de la culture classique et contemporaine.

Il y a fort à parier que le Dixel ne portera pas ombrage au Petit Robert, dont la principale force demeure le contenu. Le Robert ne se contente pas de donner des définitions. Il nous plonge dans un univers qui marie l’histoire, la littérature et la grammaire, tout en donnant des nuances de sens, des exemples d’emplois, des indications étymologiques, des trucs à éviter, des synonymes, des renvois… Il place les mots dans des contextes d’expressions, dans des citations d’auteurs.

La version 2010 du Petit Robert nous présente encore environ 60 000 mots et 300 000 sens. Le dictionnaire s’adapte à plusieurs nouvelles réalités dans des domaines aussi variés que l’informatique, les technologies de l’information, les sciences, l’écologie et l’environnement.

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Le Québec et le Canada occupent une place de choix dans les définitions que l’on retrouve dans ce dictionnaire. En plus de préciser les particularités de certains termes existants, on présente aussi les mots ou les sens exclusifs du vocabulaire du français parlé au Canada. C’est notamment vrai dans le vocabulaire de la politique.

On retrouvera, par exemple, les explications concernant les notions d’accommodement raisonnable, de protecteur du citoyen, de lieutenant-gouverneur ou de révolution tranquille. Certains mots font leur entrée, comme bloquiste, échevin, unifolié, patronage et comté, entre autres. Toujours dans les canadianismes et québécismes, on retrouve des termes liés à la cuisine (casse-croûte, beigne, malpèque, pain doré, ragoût de boulettes, sucre à la crème, tourtière, etc.), à l’environnement (achigan, goberge, mouche noire, coquerelle, bleuet, blé d’Inde…) ou au climat (bordages, frasil, banc de neige, poudrer, souffleuse, claque et gratte, notamment).

Au cours des dernières années, l’effort a été constant pour améliorer ce caractère international du français et pour faire en sorte que les francophones du Canada s’y retrouvent davantage.

Évidemment, le dictionnaire comprend aussi son lot de mots et de sens nouveaux. Comme c’était le cas au cours des plus récentes éditions, le domaine de l’informatique nous apporte une importante quantité de nouveautés: e-book, geek, post, widget et wiki ne sont que quelques exemples. En cuisine, des nouvelles saveurs comme bruschetta, churro et tielle sont officialisées.

En environnement, on légitimise l’agrocarburant, la biodynamie, l’écoquartier, l’empreinte écologique et le bilan carbone. Si le Dixel s’avère pratique pour une clientèle scolaire ou familiale, le Petit Robert demeure l’ouvrage de choix pour vivre ce que j’aime appeler l’aventure de la langue française.

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Les notes étymologiques et historiques en font un ouvrage riche. Les citations illustrant l’emploi de certains mots constituent autant de rendez-vous avec les grands auteurs.

Les nuances de sens sont plus subtiles, les définitions plus étoffées. Je le réitère : le Petit Robert est un compagnon indispensable pour les amoureux de la langue.

Et si vous lisez cette chronique, c’est que vous l’êtes sans doute…

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