Les années fastes de la guitare romantique

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Publié 01/05/2012 par Guillaume Garcia

Au début du XIXe siècle, Paris pouvait se targuer d’être la capitale culturelle du monde. Tous les plus grands musiciens et artistes accouraient dans la capitale française. C’était avant la révolution industrielle et la guitare tenait encore la dragée haute au piano. Ces années fastes de la guitare romantique, les Torontois ont pu les redécouvrir à travers le doigté de Pascal Valois, guitariste classique romantique. Et comme le précisait Dominique Denis, directeur artistique de l’Alliance française de Toronto, la guitare romantique, ce n’est pas jouer de la guitare les cheveux dans le vent!

Depuis ses 11 ans, Pascal Valois gratouille sa guitare plus que de raison. Guitare classique, guitare électrique, répertoire blues, pop, il a fait de tout et s’est aujourd’hui fixé sur la guitare romantique, un instrument utilisé au début du XIXe siècle qu’il a appris à dompter auprès des plus grands professeurs.

Après plusieurs années passées en Europe, il est revenu au Québec et donnait un concert surprenant à l’Alliance française de Toronto vendredi soir dernier. Pendant ses recherches de doctorat, Pascal Valois a découvert plusieurs compositeurs de guitare encore inconnus même des grands spécialistes, qu’il a pu finalement présenter au public de Toronto.

Tiré à quatre épingles, un étui de guitare dans la main, Pascal Valois ne ferait pas mentir le cliché des musiciens classiques en queue de pie. Pourtant dès qu’il se met à parler, Pascal Valois ne rentre plus dans le moule du classique. Également professeur, il sait particulièrement bien se faire comprendre du néophyte.

Plus jeune, la guitare classique l’a happé car il aimait pouvoir tout faire avec un seul instrument, la basse, la ligne de chant et les arrangements. «Je trouvais aussi le répertoire très riche», ajoute-t-il.

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Pendant ses études, il se met à apprécier de plus en plus la période romantique et découvre que cette musique se jouait sur des instruments qu’on ne connaît plus.

«La guitare romantique est en fait d’époque classique, mais comme le nom était déjà pris… D’ailleurs la guitare classique que l’on connaît est une invention récente», précise-t-il.

Il achète sa première guitare romantique à un professeur de New-York. Ce n’est pas un instrument d’époque, mais une copie. Il apprend alors à jouer sur cette guitare, plus petite qu’une classique, dont le manche représente le prolongement parfait du corps puisque les deux sont au même niveau, et dont les clés sont encore en bois.

«Le son m’a touché», dit-il encore ému. «C’est très difficile à expliquer, je me disais que je jouais avec le son de l’époque.»

Après ses études à l’Université Laval, il part à Montréal, prend des cours à New-York et s’envole pour Paris et finalement la Suisse et son école de musique ancienne. Il achète une vraie guitare romantique d’époque à Cologne, en Allemagne, chez un luthier qui voulait à la base lui vendre une copie. «Dès que j’ai joué dessus je suis tombé en amour», s’amuse Pascal Valois.

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Très dynamique, bon pédagogue et excellent musicien, il a présenté au public de l’AFT plusieurs pièces issues de ses recherches de thèses.

«Tous les guitaristes italiens, espagnols ou autrichiens venaient à Paris mais il y avait aussi des Français. L’histoire a retenu les étrangers et pas les Français! En effectuant mes recherches à la Bibliothèque nationale de France, je suis tombé sur des pièces que je ne connaissais pas. J’aime beaucoup la musique française de cette époque, ça a une saveur particulière. J’ai aussi découvert d’autres pièces à Liège. Ce n’était pas le but de mon doctorat de découvrir des pièces, mais c’est devenu parallèle.»

Commun au style de jeu de la guitare classique que l’on connaît, la guitare romantique de Pascal Valois apporte une onctuosité, une délicatesse au son, grâce à la composition spéciale de l’instrument de musique d’époque.

Auteur

  • Guillaume Garcia

    Petit, il voulait devenir Tintin: le toupet dans le vent, les pantalons retroussés, son appareil photo en bandoulière; il ne manquait que Milou! Il est devenu journaliste, passionné de politique, de culture et de sports.

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