L’économie sociale franco-ontarienne: un succès d’adaptation

Les services d'entraide en ville et le début des caisses populaires en Ontario: une vignette présentée par David Welch.
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Des caisses populaires de l’Ontario aux premières écoles, en passant par les maisons en rangées de Windsor et les familles à trois générations, «les Franco-Ontariens ont développé beaucoup de stratégies socio-économiques leur ayant permis de survivre à certaines transformations globales de l’économie».

C’est ce qu’a indiqué le professeur Welch lors d’un webinaire organisé récemment par l’Atelier d’innovation sociale Mauril-Bélanger de l’Université Saint-Paul, à Ottawa.

Deux autres praticiens de l’économie sociale et deux étudiantes y ont été invités à plancher sur le thème «une économie sociale franco-ontarienne à l’image de nos aspirations».

Une vignette présentée par David Welch.

Adaptation et résilience

Pour M. Welch, qui participe actuellement aux travaux du Centre de recherche sur les innovations et les transformations sociales (CRITS) de l’Université Saint-Paul, les Franco-Ontariens ont su s’adapter à un milieu en constante évolution.

David Welch

Cela leur permet aujourd’hui encore de conserver et développer des pratiques économiques et culturelles qui consolident les frontières de leur communauté.

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Préserver la communauté

Cet optimisme est partagé par Jean-François Parent, gestionnaire et responsable des opérations pour l’est de l’Ontario au Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO).

Il observe toutefois que la communauté francophone est souvent reléguée au second plan et que ses impératifs sont placés derrière ceux des intérêts privés et du système capitaliste.

Jean-François Parent

«Comment faire pour garder cette communauté vivante? Comment peut-on revirer la situation? Comment peut-on faire de l’Ontario français une société qui soit dynamique et économiquement autonome?» s’est-il interrogé.

M. Parent mentionne que son combat avec le CCO, «c’est de relever tous ces défis et de marier le développement économique aux intérêts communautaires en Ontario».

Une économie à visage humain

Pour sa part, Ethel Coté, présidente fondatrice de MécènESS et d’Institut social, a milité pour une économie «à visage humain», ce qu’elle définit comme «faire des affaires avec des valeurs».

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Ethel Côté

«Ce sont ces valeurs qui animaient les gens à l’époque; ces gens qui ont créé des caisses populaires ou des coopératives agricoles», raconte-t-elle.

La leader en développement économique et communautaire, qui a formé plus de 37 000 personnes et accompagné plus de 600 organismes, entreprises d’économie sociale et coopératives, explique par ailleurs que l’économie sociale prend racine avant tout dans des actions concrètes et des approches globales tenant compte des besoins économiques, environnementaux, sociaux et culturels des personnes ainsi que des territoires.

Modèle à l’international

Ethel Côté se réjouit de l’impact positif d’entreprises d’économie sociale telles que la Place des Arts du Grand Sudbury, le Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO), la Nouvelle Scène ou encore le Festival franco-ontarien (FFO), qui ont pour finalité de servir leurs membres ou la collectivité plutôt que d’engendrer des profits.

Selon elle, le modèle d’économie sociale du Canada est un exemple dans les espaces internationaux auxquels elle participe en tant que membre du Réseau international de promotion de l’économie sociale solidaire (RIPESS).

«De plus en plus, les gens, au-delà de la culture, tant francophones qu’anglophones et hispanophones, et même les peuples indigènes, partagent nos expériences, nos pratiques. Mieux: on apprend les uns des autres», se réjouit-elle.

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Une vignette présentée par David Welch.

Entrepreneuriat collectif

«Il existe plusieurs définitions de l’économie sociale, mais on a choisi celle du Réseau canadien du développement économique communautaire (RCDÉC), explique Alice Trudelle, directrice générale de l’Atelier et animatrice du webinaire.

Alice Trudelle

«Il présente l’économie sociale comme l’ensemble des activités économiques issues de l’entrepreneuriat collectif, qui s’ordonnent autour de principes d’autonomie de gestion, de processus de décision démocratiques et de service aux membres d’une collectivité plutôt [que de recherche] du profit.»

L’Atelier débutera le jeudi 8 octobre une série d’événements sur le thème «Outiller l’innovation sociale pour changer le monde». Plusieurs événements en ligne auront ainsi lieu durant les prochaines semaines.

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