Le TfT est une «orignalitude»

Paul-François Sylvestre, Cinquante ans de «p’tits bonheurs» au Théâtre français de Toronto, essai historique, Toronto, Éditions du Gref, coll. Lieux dits no 9, 2016, 290 pages, 35 $.

Paul-François Sylvestre, Cinquante ans de «p’tits bonheurs» au Théâtre français de Toronto, essai historique, Toronto, Éditions du Gref, coll. Lieux dits no 9, 2016, 290 pages, 35 $.


29 mai 2017 à 12h09

Le Théâtre français de Toronto est une spécificité réelle du Canada, «une orignalitude» comme le dit l’écrivain Paul-François Sylvestre, invité à l’Alliance française ce 24 mai à présenter son nouvel ouvrage relatant 50 ans du P’tit Bonheur au Théâtre français de Toronto.

Dans son 40e livre (en lice pour le prix Trillium), notre chroniqueur, qui aime raconter l’histoire de la vie francophone en Ontario, explique comment les 294 productions du TfT l’ont propulsé au premier rang des compagnies théâtrales les plus influentes de l’Ontario.

«Une compagnie éclectique, d’ici et d’ailleurs, un point de rencontre pour les francophones et les francophiles. Le Théâtre français de Toronto cherche à provoquer et divertir», estime Paul-François Sylvestre, «du classique au contemporain, de Belgique à l’Acadie, avec des coproductions et un public qui, selon les représentations, se composent de 15% à 55% de francophiles».

Paul-François Sylvestre
Paul-François Sylvestre

Un projet du Centenaire

C’est pour marquer le centenaire de la Confédération canadienne, en 1967, que le chapitre torontois de la Fédération des femmes canadiennes française a produit Le P’tit Bonheur de Felix Leclerc, un recueil de saynètes tantôt drôles, tantôt bouleversantes.

L’année suivante, la troupe a aussi été invitée à présenter Le P’tit bonheur à Oshawa en 1968. Le nom du Théâtre du P’tit bonheur de Toronto serait issu d’une erreur, lors de la présentation de la troupe au public, indiquant la venue du Théâtre du Petit Bonheur et non la venue d’une troupe jouant Le P’tit Bonheur… L’erreur a été si bien accueillie que le nom du théâtre restera!

Dès le début des années 70, il est d’avis que ce théâtre doit se ranger parmi les théâtres professionnels de Toronto. «Il doit recruter et former à Toronto des comédiens et des techniciens,plutôt que de faire appel à ceux de Montréal, et la troupe doit être rémunérée», explique l’auteur.

Être professionnel, c’est aussi être visible et avoir une véritable identité. Éventuellement, on a décidé de changer de nom «parce que P’tit bonheur pouvait faire référence à l’enfance et à des pièces pour enfant. De plus, il fallait comprendre tout de suite que c’était une compagnie de Théâtre français.»

P'tit Bonheur

Le Théâtre français de Toronto

John Van Burek fut le premier directeur professionnel du TfT. Au fil des ans, il notamment a présenté des classiques de Molière et des nouveautés de Michel Tremblay, «ses chouchous».

Les programmations ont été de plus en plus ambitieuses avec les quatre directeurs artistiques qui ont succédé à John Van Burek: Eugène Gallant, Diana Leblanc, Guy Mignault pendant 19 ans et, depuis l’an dernier, Joël Beddows.

Plusieurs lieux de productions également, «le TfT c’est aussi York Mills College, Harbourfront, le 95 rue Danforth, la Cour Adélaïde…», souligne l’écrivain. Aujourd’hui, la compagnie présente ses productions au Berkeley Street Theatre qui appartient au Canadian Stage. Ses bureaux et studios de répétition sont au 6e étage du 21 rue Collège (à côté de TFO).

Malgré quelques difficultés financières ayant surgi à (au moins) deux reprises pour le TfT, la communauté francophone a su aider le TfT à rester à flot. «Depuis 1999, il n’y a pas eu de crises», rapporte Paul-François Sylvestre, et c’est grâce à de nombreux soutiens et aux soirées-bénéfices que cette grande aventure continue.

Les archives du TfT sont consultables à l’Université de Guelph.

Prix Jean-Baptiste Rousseau

Par ailleurs, lors de cette même soirée du 24 mai, la représentante de la Société d’histoire de Toronto, Lisette Mallet, a récompensé le directeur général sortant de l’AFT, Thierry Lasserre, de même que sa directrice culturelle Patricia Guérin, en leur remettant un prix Jean-Baptiste Rousseau.

Baptisé du nom du premier francophone à s’installer à Toronto dans les années 1770, ce prix, décerné ponctuellement, rend hommage à une personne ou un organisme ayant joué «un rôle exceptionnel dans la promotion de la culture et du patrimoine francophone de Toronto».

Patricia Guérin, Lisette Mallet, Thierry Lasserre.
Patricia Guérin, Lisette Mallet, Thierry Lasserre.

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