Le RDÉE-Ontario forme les PME à l’insertion des immigrants

L’atout de la démographie en affaires

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Publié 07/12/2010 par Annik Chalifour

Le Réseau de développement économique et d’employabilité de l’Ontario (RDÉE-Ontario), via sa nouvelle opération La Bonne Affaire lancée en avril dernier, a proposé une série d’ateliers gratuits de formation conçus pour sensibiliser les PME quant à l’embauche et à l’intégration des nouveaux immigrants qualifiés au sein de leurs entreprises. Une dizaine de représentants des milieux corporatif et institutionnel ont assisté au 1er atelier offert à Toronto, vendredi 3 décembre, dans les locaux du Rostie Group, WaterPark Place, 20 rue Bay.

Nombre de petites et moyennes entreprises (PME) ontariennes manquent de temps et de ressources financières pour s’équiper, par exemple d’un département de ressources humaines compétent en matière de gestion de la diversité culturelle, pour les guider vis-à-vis de l’embauche et du cheminement professionnel d’employés nouveaux immigrants qualifiés.

C’est pourquoi La Bonne Affaire offre d’appuyer les PME dans ces domaines en leur ayant proposé cette formation initiale, tout en planifiant un programme ultérieur de formation plus spécifique en milieux d’entreprises.

C’est aussi, selon les données procurées par le RDÉE, parce que «deux tiers de l’augmentation de la population canadienne actuelle est attribuable à l’immigration, qui est susceptible de devenir l’unique source de croissance de notre population au cours des vingt prochaines années.»

«Au Canada, les cinq principales professions en pénurie actuelle de main-d’œuvre incluent les métiers, la vente, l’ingénierie, les techniques et l’administration», a précisé Karine Morin, gestionnaire de La Bonne Affaire.

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Les pénuries et problèmes de personnel sont causés, entre autres, «par le manque de diplômés qualifiés, la main-d’œuvre vieillissante et la forte compétition entre candidats talentueux», a ajouté Mme Morin.

Avantages de la démographie

La formation de vendredi se voulait un exercice de sensibilisation aux compétences nécessaires à la gestion de la diversité culturelle en milieu de travail incluant, entre autres, les compétences à la communication et à la gestion efficace d’une équipe constituée d’employés issus de diverses cultures.

On a souligné l’importance pour les PME de mettre en place un cycle de gestion qui tient compte des avantages découlant de la nouvelle démographie afin d’augmenter leur chance d’accroître leur productivité.

Ne serait-ce qu’à Toronto, où l’on retrouve nombre de ressortissants de pays émergents tels la Chine, l’Inde et le Brésil avec lesquels le Canada aspire à développer des partenariats commerciaux et en matière de technologie.

Rappelons que la communauté chinoise à Toronto, constituée de 500 000 membres, est la plus grande de la Ville Reine, sans compter ceux d’autres communautés d’Asie, dont entre autres, 100 000 Vietnamiens.

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Sans oublier la présence croissante d’étudiants internationaux qui effectuent des stages auprès de nos institutions académiques telles UofT, Glendon, Boréal.

Émergences économiques

Soulignons que selon un rapport publié par un groupe d’institutions internationales en juin 2009 à l’occasion du Forum économique mondial sur l’Afrique, l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Nigeria et l’Égypte forment le quatuor des économies émergentes d’Afrique.

Au début des années 2000, près de 700 000 Canadiens se déclaraient noirs dont 80% avaient élu domicile à Toronto, Montréal, Ottawa-Gatineau, Vancouver et Halifax.

Les Canadiens qui partagent le patrimoine africain sont de plus en plus présents au pays, surtout en milieu urbain. À Toronto, un francophone sur trois est noir.

Vu la démographie de plus en plus changeante en Ontario, on peut présumer que les PME ont besoin de formation à la gestion de la diversité touchant tous les aspects du cycle de gestion de leurs ressources humaines. Sans oublier la sensibilisation aux préjugés, aux stéréotypes et à la discrimination.

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Représentativité = productivité

Vendredi dernier, on a fait référence à la notion de volonté opérationnelle axée sur une gestion inclusive. Cette volonté de l’entreprise pourrait se traduire à travers la gestion conjointe de ses opérations et de ses ressources humaines, de façon à refléter la diversité de sa clientèle et de ses partenaires d’affaires.

Une approche qui encouragerait les PME à rallier le principe de la diversité à la gestion de leur productivité.

Ceci implique l’acquisition d’habiletés spécifiques par l’entreprise, par exemple à planifier ses opérations en fonction de la démographie contemporaine; mettre en place une stratégie de recrutement inclusif; adopter un mode de gestion qui considère les apports professionnels d’employés issus de diverses cultures; appliquer un système d’auto-évaluation en matière de gestion de la diversité.

Lors de l’atelier, on a également soulevé l’importance d’élaborer de nouvelles politiques RH (ressources humaines) et nouvelles lois qui permettront de soutenir la gestion de la diversité culturelle dans tous les secteurs de travail, tant public que privé.

Adaptation à la diversité

L’animateur de l’atelier, André Nadeau, a proposé plusieurs «solutions RH» destinées aux PME dont l’importance d’utiliser un énoncé d’ouverture à la diversité dans leur matériel, de référer à la page web titrée «Professionnels internationaux», de contacter les agences desservant les immigrants pour n’en citer que quelques-unes.

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Entre autres, on a conseillé aux PME d’éviter d’utiliser des acronymes lors d’entrevues avec des candidats nouveaux immigrants; de se sensibiliser vis-à-vis des différentes valeurs et caractéristiques de communication d’ordre culturel; d’adopter une approche de mentorat professionnel et social. Au cours de l’atelier, des vidéos illustrant différents scénarios RH ont démontré ces conseils avec réalisme.

Le message du RDÉE est clair: les PME doivent acquérir la compétence à la gestion de la diversité culturelle en milieu de travail, parce que la démographie est garante de leur productivité!
www.embaucheimmigrants.ca

www.triec.ca

Auteur

  • Annik Chalifour

    Chroniqueuse et journaliste à l-express.ca depuis 2008. Plusieurs reportages réalisés en Haïti sur le tourisme solidaire en appui à l’économie locale durable. Plus de 20 ans d'œuvre humanitaire. Formation de juriste.

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