Le Québec vers un titre professionnel de journaliste?

Long sera
le chemin


24 mai 2011 à 15h20

Le 11 avril dernier, les membres de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) ont voté à 86,8 % en faveur de la création d’un titre de «journaliste professionnel», tel que proposé par leur conseil d’administration.

La FPJQ vit là un changement majeur de mentalité de la part de ses membres. Dans les années 2000, la question avait déjà été soulevée, mais était restée sans réponse, une grande discorde régnant au sein de la profession.

Les journalistes souhaitent se distinguer des blogueurs et autres communicants, ou journalistes-citoyens. Mais comment le faire?

Les débats restent houleux entre les défenseurs et les détracteurs de l’idée. Un premier pas vient peut-être d’être franchi avec ce vote. La FPJQ attend maintenant que le Québec s’empare de la question. Ce vote intervient peu après le dépôt en décembre 2010 du rapport de Dominique Payette, sur l’avenir de l’information, rapport qui a fait couler de l’encre dans le milieu journalistique.

Aide financière de l’État?

Le rapport recommande l’adoption d’un titre professionnel, mais aussi une intervention monétaire de l’état, des allocations annuelles à un Conseil de Presse, ou encore que les journalistes créditent chaque année un certain nombre d’acquis et suivent des cours de français. La FPJQ se détache d’un certain nombre de mesures, mais défend l’idée de la création d’un titre professionnel de journaliste. Ses membres semblent avoir choisi leur camp et ont voté à plusieurs occasions dans ce sens depuis octobre. Tout d’abord, la FPJQ organise un sondage parmi ses membres pour savoir si elle devrait travailler en vue de l’obtention de la création d’un titre professionnel. Le résultat pose la première pierre de l’édifice.

Lors de l’assemblée générale de la FPJQ, fin 2010, les administrateurs votent à l’unanimité en faveur de l’élaboration d’un titre. Et finalement, le vote d’avril 2011 confirme la volonté d’une partie des journalistes de voir leur profession reconnue et protégée, ce que constate Brian Myles, président de la FPJQ. 

«Il y a une majorité significative de journalistes qui veut la création d’un titre.» Mais il n’en a pas toujours été de même.

En 2002 les membres de la FPJQ avaient massivement rejeté la même proposition. Ce vote représente, selon Brian Myles, «une volonté d’autorégulation et de définir les contours du journalisme».

Journalistes «amateurs» et «professionnels»?

Il faut également penser que tous les journalistes ne sont pas membres de la FPJQ, donc on ne peut pas dire que la majorité des journalistes du Québec sont en faveur de la création d’un titre professionnel. La décision finale reviendra dans tous les cas au gouvernement, qui, par une loi, validera la création du titre.

Brian Myles explique: «On veut un titre pour différencier les journalistes, pour obtenir des droits et pour contrer les pressions externes et internes. Les gens sont de plus en plus craintifs dans le métier. On gère une longue décroissance. Il faut faire plus avec moins.»

Le rapport Payette évoque le fait que la volonté de la création d’un titre professionnel devient plus forte en situation de crise. «Le constat de crise est réel. On veut éliminer la confusion des genres», développe le président de la FPJQ. Pour autant, «on est loin de la coupe aux lèvres», rappelle-t-il.

Volontaire ou obligatoire

D’après Brian Myles, si le Québec se tourne un jour vers la création d’un titre professionnel, il émergera deux modèles.

Les critères d’attribution pourraient, selon lui, ressembler à ceux qu’utilise aujourd’hui la FPJQ pour ses membres: chacun serait libre d’y adhérer ou non. Des pays comme la France, la Belgique francophone, l’Italie possèdent des modèles de cartes de journalistes obligatoires conférant privilèges et responsabilités. Le Québec semble se diriger vers une solution qui ressemblerait au modèle belge, qui est plus léger que le français par exemple. Le journaliste doit prouver des signatures d’articles, une rémunération et ne pas travailler dans le domaine des communications.

Souvent le journaliste doit prouver que la moitié de ses revenus proviennent d’une activité journalistique. Le système français est plus lourd, il prévoit des droits fiscaux spécifiques et des droits du travail très avantageux. Le Québec ne semble pas vouloir aller aussi loin.

«Il faut encore peaufiner la démarche, rencontrer les autorités. Nos membres ne veulent pas faire un chèque en blanc au gouvernement. Il faut qu’il crée le titre et qu’il délègue sa gestion», conclut Brian Myles. Ce genre de titre n’existe pas du côté du Canada anglais, ni aux États-Unis. Le Québec serait la première province à mettre en place un tel système de régulation de la profession.

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