Le manque de confiance affecte élèves, parents et enseignants

Symposium sur l’insécurité linguistique

Des élèves de Whitehorse participent à un tournage sur la construction identitaire. «Parler, c’est affirmer notre présence» est le thème choisi par la FCE pour son Symposium francophone 2018. (Photo: FCE)

Des élèves de Whitehorse participent à un tournage sur la construction identitaire. «Parler, c’est affirmer notre présence» est le thème choisi par la FCE pour son Symposium francophone 2018. (Photo: FCE)


12 janvier 2018 à 13h36

Qui ne manque pas de confiance en écrivant ou parlant français en contexte minoritaire, à part des arrivants de milieu majoritaire? On serait encore plus insécurisés dans les régions où la majorité des couples sont exogames et la première langue des enfants bilingues est l’anglais. Que faire?

Une dizaine d’experts des milieux associatif et académique convergeront vers Winnipeg les 17 et 18 février prochain pour se pencher sur le thème de l’insécurité linguistique lors du Symposium francophone 2018 de la Fédération canadienne des enseignantes et enseignants (FCE). La question préoccupe l’ensemble de la francophonie canadienne.

La vice-présidente de la FCE, Francine LeBlanc-LeBel, précise l’objectif: «L’insécurité linguistique n’existe pas seulement chez nos élèves, mais aussi chez les parents et le personnel enseignant. En fait, elle touche toute la communauté.»

«D’autres termes existent dans le discours public, par exemple ‘confiance langagière’ et ‘sécurité linguistique’. Mais le but (de la stratégie) reste le même: trouver des actions concrètes où chacun peut participer à petite échelle.»

Impliquer la communauté

L’approche du Symposium, qui se déroule normalement entre éducateurs, est donc différente cette année. Il s’agit de «créer des liens avec des membres des communautés», souligne la coordonnatrice de l’évènement, Sara Lafrance, la directrice par intérim du Programme pour la francophonie de la FCE.

On mettra notamment en valeur des ressources sur la construction identitaire développées par des organismes nationaux. La coordonnatrice donne l’exemple de l’utilisation à l’Île-du-Prince-Édouard de la collection VOIR GRAND, publiée par l’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF).

«C’est fantastique ce que les parents de l’Île ont fait. Ils ont créé des espaces pour les parents et vont leur donner des trucs, des liens et du support pour qu’il y ait plus d’enfants inscrits à l’école française. Depuis que ce projet est en place, le nombre de francophones a augmenté.»

La conférence donnera la parole à des pédagogues, des intervenants et des chercheurs, dont la coordonnatrice Paule Buors de la Division scolaire franco-manitobaine, le directeur général de l’ACELF, Richard Lacombe, la sociolinguiste Phyllis Dalley et le politicologue Martin Normand de l’Université d’Ottawa.

Quand je dis Bonjour et qu’on me répond Hi

Sara Lafrance connaît bien le phénomène de l’insécurité linguistique après avoir travaillé dans plusieurs régions du pays. «Ce n’est pas facile de se faire dire ‘I don’t speak French’ quand tu demandes un service du gouvernement et de mettre le pied à terre. La plupart des gens autour de moi ne vont pas demander, ils ne veulent pas faire de trouble.»

L’étudiante au doctorat en éducation note qu’elle a rencontré «plein de personnes âgées qui se faisaient débâtir dans la cour de récréation quand elles étaient jeunes» et qui ne sont pas portées aujourd’hui à parler français à leurs petits-enfants.

Sara Lafrance vit en milieu minoritaire depuis 18 ans. «Les francophones savent qu’ils ont des droits. Mais quand je rentre dans un commerce, que je dis Bonjour et qu’on me répond Hi, on continue la conversation en anglais.» Elle se souvient aussi d’avoir été témoin d’échanges en anglais entre francophones. «Les jeunes de certaines communautés, c’est ça qu’ils ont comme modèles.»

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