Le jovialisme au pouvoir

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Question facile: vous ennuyez-vous de Stephen Harper? Moi non plus.

Question plus embarrassante: êtes-vous impressionné par Justin Trudeau jusqu’à maintenant?

«La Canada est de retour»: c’est le mantra que répète notre premier ministre à toutes les tribunes internationales, de COP21 à Davos.

Sauf que la réalité est tout autre: le Canada bat en retraite dans la guerre contre l’État islamique en Irak et en Syrie.

Trudeau persiste à vouloir retirer bientôt nos avions de combat de l’effort international contre le califat terroriste. Les attentats de Paris, Djakarta, Ouagadougou lui offraient pourtant un prétexte en or pour répudier cette promesse électorale irréfléchie.

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«Où est la logique là-dedans?», lui a demandé récemment l’analyste vedette de CNN Fareed Zakaria.

Imaginez que, sous Harper, le Canada n’ait pas été invité à une réunion (comme celle de cette semaine) des ministres de la Défense de la coalition anti-ÉI. L’opposition libérale aurait crié au désengagement du Canada et à la détérioration de sa réputation dans le monde.

Trudeau a préféré visiter une mosquée à Peterborough (celle qui avait été partiellement incendiée par des vandales en novembre) avant de conforter les familles québécoises des six victimes de Ouagadougou.

Il aurait pu s’arrêter à Québec, ce jour-là, entre l’Ontario et le Nouveau-Brunswick où il participait à une retraite avec ses ministres. Mais non: dans son ordre de priorités, les victimes (mortes) du terrorisme islamique paraissent moins importantes que les victimes (incommodées, mais bien vivantes) de l’islamophobie.

Aussitôt en poste, sa ministre de la Justice s’était d’ailleurs empressée de téléphoner à l’immigrante pakistanaise qui a réussi à prêter le serment de citoyenneté canadienne cachée derrière son niqab, pour lui souhaiter la bienvenue au pays. C’est trop d’honneur et d’encouragement accordés à une pratique rétrograde qui fait partie du problème – pas de la solution – des conflits mondiaux et de l’intégration des immigrants chez nous.

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Quand Harper participait au forum de Davos, l’opposition l’accusait de frayer avec les super riches et de saper les fondements mêmes de la démocratie. Trudeau, apparemment, y fait oeuvre utile, n’ayant cependant rapporté que des égoportraits avec Bono et DiCaprio et des bons mots du patron d’Alibaba.

Il en a toutefois profité pour dénigrer son prédécesseur et tout le secteur canadien des ressources naturelles en affirmant que nos ressources humaines, notamment leur «diversité», étaient désormais notre marque de commerce.

Malheureusement, ça fait longtemps que de telles platitudes n’impressionnent plus les dirigeants du genre de ceux qu’on rencontre à Davos, ni d’ailleurs la majorité de la population canadienne nonobstant les résultats des dernières élections.

Imaginez aussi que c’est un Stephen Harper réélu le 19 octobre, au lieu de Justin Trudeau, qui ait participé à la conférence de Paris sur le climat en décembre dernier.

La COP21 aurait accouché du même traité inapplicable… La France y aurait remporté le même «succès diplomatique», la formule qu’on emploie quand on ne peut pas parler de succès réel, scientifique, économique, juridique… Ce qui aurait encore permis à l’opposition d’accuser le gouvernement conservateur canadien de sabotage!

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Au lieu de cela, le Canada est rentré dans le rang, et tous les officiants de la grande messe réchauffiste, de Al Gore à Steven Guilbeault, l’en ont félicité.

Les Libéraux sont donc «de retour» dans les entreprises inutiles comme la guerre fantoche contre la météo, mais se désengagent des entreprises plus importantes pour l’avenir de l’humanité: la pacification des zones de guerre, le développement économique, la lutte aux épidémies, la protection de l’environnement, etc.

Les obsédés du CO2 auront bientôt l’occasion de déchanter quand le gouvernement Trudeau (à l’instar de Kathleen Wynne) approuvera le pipeline Énergie Est de TransCanada que Montréal vient de rejeter.

Idem pour ceux qui avaient (mal) compris, pendant la dernière campagne électorale, que les Libéraux allaient stopper les ventes d’armes à l’Arabie Saoudite ou s’en servir pour aider la cause des blogueurs emprisonnés.

Le mandat de Justin Trudeau est encore jeune. Apparemment, ce gouvernement a toujours un «plan», celui d’accumuler les déficits, malgré la chute du dollar, celle du prix du pétrole et des métaux, le ralentissement de la croissance en Chine et ailleurs. C’est ce qu’on verra au printemps avec le budget.

D’autres initiatives, comme la décriminalisation de la marijuana, l’enquête sur les femmes autochtones, la réforme électorale et les relations fédérales-provinciale permettront de mieux définir ce gouvernement et le distinguer de son précédesseur.

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