Le grand dilemme entre «que» et «dont»

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Il m’arrive fréquemment de froncer les sourcils et de faire la moue quand j’entends, dans une phrase, un pronom «que» alors qu’il faudrait normalement entendre un «dont». Je suis convaincu que je ne suis pas le seul.

Pourtant, on peut avoir l’impression qu’il y a de moins en moins de monde capable d’utiliser le bon pronom relatif.

Des exemples? «C’est quelque chose que je suis très fier», ou encore «La personne que je parle est aujourd’hui décédée». Je pourrais en énumérer encore plusieurs mais l’espace dans cette page est limité.

Le pronom «dont» est un des grands mal-aimés de la langue française. Ou un des grands incompris.

En grammaire française, il a une fonction et un sens bien à lui, mais de plus en plus, on lui préfère – à tort, bien sûr – le pronom «que». Parce qu’il faut un peu de prudence lorsqu’on emploi le pronom relatif «dont», on tente d’éviter la difficulté en le remplaçant par «que», un autre pronom au sens différent mais qui est de nos jours utilisé à toutes les sauces.

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Même les dictionnaires s’entendent pour dire que l’emploi de «dont» est parfois très délicat. Il faut lui conserver son sens propre et éviter de fâcheux pléonasmes ou des archaïsmes.

D’entrée de jeu, il importe de mentionner que «dont» peut représenter des personnes aussi bien que des animaux ou des choses. Il peut être complément d’un verbe, d’un nom, d’un pronom, d’un adjectif ou même de l’expression d’une quantité.

Les règles entourant l’emploi de dont sont en fait beaucoup plus complexes. Il faudrait peut-être trois ou quatre chroniques comme celle-ci pour faire le tour du sujet. Contentons-nous d’un résumé.

Pour savoir si on doit employer dont, on peut parfois utiliser un truc tout simple qui consiste à remplacer le pronom par d’autres formes un peu moins élégantes mais tout de même correctes. Aussi pourrait-on dire: «La personne dont vous me parlez», aussi bien que «La personne de qui vous me parlez». Mais jamais on ne saurait dire: «La personne que vous me parlez».

Généralement, on s’entend pour dire que «dont» équivaut à «de qui», «duquel», «desquels», «de laquelle», «desquelles», etc.

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Dans son usage le plus courant, «dont» équivaut à un complément introduit par «de». Comme dans: «La maladie dont il est atteint», où on peut déduire qu’«il est atteint de la maladie…».

Mais «dont» ne peut pas dépendre d’un complément introduit par une préposition. On évitera donc de dire: «La personne dont je m’intéresse au sort», mais plutôt: «La personne au sort de laquelle je m’intéresse». Au même titre que l’on dira: «Le pays sur le sol duquel j’ai posé les pieds…» plutôt que: «Le pays dont j’ai posé les pieds sur le sol».

Dans certaines locutions, cependant, l’emploi de «dont» peut être substitué par une autre expression. Ainsi, on pourra dire «C’est cela dont j’ai besoin» aussi bien que «C’est de cela que j’ai besoin». Beaucoup de gens font l’erreur de combiner les deux expressions, en disant par exemple: «C’est de cela dont j’ai besoin».

De plus en plus, on remarque que l’emploi de «dont» est beaucoup moins fréquent pour parler d’un mouvement hors d’un lieu. On dit plus couramment: «le magasin d’où il est sorti» ou «la ville d’où il vient», plutôt que «le magasin dont il est sorti» ou «la ville dont il vient».

En revanche, on préférera employer «la famille dont il est issu» ou «la famille de laquelle il est issu», plutôt que «la famille d’où il est issu».

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Dont peut aussi être employé sans verbe et signifier «parmi lesquels», en faisant du même coup l’ellipse du verbe être. L’exemple est plus simple que l’explication: «Il a cinq enfants, dont trois filles». Ou encore: «Je lui ai emprunté quatre livres, dont deux très rares».

Sur une note étymologique, pour terminer, mentionnons que le pronom «dont» nous vient du latin «de unde», qui signifie «d’où».

Il n’est donc pas étonnant de constater qu’on peut parfois substituer l’emploi de «dont» par une expression comme «d’où». La langue française n’est pas qu’une question d’incohérences, après tout.

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