L’ACFO-Toronto face aux défis

Le président de l’ACFO-Toronto Gilles Marchildon en compagnie de Sylvie Lavoie et d’ Alexandre Brassard tous trois sur le CA de l’ACFO-Toronto.

20 novembre 2012 à 10h22

L’ACFO-Toronto conclut son exercice 2011-2012 avec le sentiment du devoir accompli, mais avec un tas de questions en tête. Un repas Anouanze soutenu par une foire des services en français et plusieurs partenariats entrepris avec des organismes francophones de Toronto se sont ajoutés à la traditionnelle formation sur le leadership à la gouvernance communautaire.

En premier lieu, l’organisme se réjouit de la réussite de sa formation au leadership communautaire, qui continue d’attirer particulièrement les nouveaux arrivants qui voient dans cette activité une bonne manière de mieux connaître la communauté francophone de Toronto et aussi, plus largement, le Canada.

Plusieurs anciens clients du programme s’impliquent désormais comme bénévoles dans les organismes francophones torontois, notamment Reflet Salvéo, qui était partenaire de l’ACFO-Toronto lors de la dernière édition du programme.

Cette année le repas bisannuel Anouanze, une des grandes fiertés de l’ACFO-Toronto, qui était combiné avec une journée de foire des services de santé en français, s’est déroulé avec succès au Centre culturel ukrainien.

Quel rôle pour l’ACFO-Toronto?

Malgré ces réussites, et le travail de tous ses bénévoles, l’ACFO-Toronto peine à se trouver un rôle précis à jouer dans l’univers des organismes francophones de la Ville Reine.

L’organisme a bien compris que son avenir financier passait par des ententes et des partenariats, lors des demandes de subventions, avec d’autres organismes.

«Le gouvernement favorise davantage les demandes qui émanent de deux organismes», explique Gilles Marchildon, qui a été réélu à la présidence de l’ACFO-Toronto lors de l’AGA qui s’est tenue, mercredi 14 novembre, dans les locaux du Collège Boréal, au 1, rue Yonge. On peut, dans ce cadre, souligner le partenariat que l’ACFO avait passé avec la radio Choq-FM pour un sondage sur la possibilité d’un quartier francophone à Toronto.

Le nerf de la guerre, c’est l’argent et il manque cruellement à l’ACFO, qui a vu toutes ses demandes de subventions 2012 refusées. Le conseil d’administration vise désormais une échéance en février pour une nouvelle demande à Patrimoine Canada. «On a des coffres pas très bien garnis, mais ça ne nous empêche pas d’agir», avance Gilles Marchildon.

Se lancer en politique?

D’un autre côté, l’ACFO semble séduit par l’idée de jouer un rôle plus politique, de défense des droits des francophones, mais se demande comment.

Depuis la non-reconduction du comité français de la Ville de Toronto, l’ACFO-Toronto a rencontré le commissariat aux services en français pour «déceler les obligations de la Ville» liées aux ententes de dévolution de services signés avec la province.

Sur ce point, Gilles Marchildon explique que ce travail demande une analyse en profondeur des ententes pour voir ce qui est stipulé en matière de services aux francophones.

L’ACFO fait également partie des organismes francophones consultés par le comité d’organisation des Jeux panaméricains de 2015 et dans ce cadre, Gilles Marchildon aimerait «qu’il y ait un pavillon francophone pendant les Jeux et qu’il y ait un legs permanent, une espèce de Maison de la francophonie.»

L’AGA a également donné lieu à une discussion forte intéressante sur le rôle de l’ACFO au sein des organismes de Toronto. Plusieurs membres ont retenu l’idée d’un rôle de concertation entre les organismes.

Si l’ACFO-Toronto peut compter sur la réussite du repas Anouanze, de son programme de formation au leadership communautaire, de sa nouvelle présence sur les réseaux sociaux et de l’implication de ses bénévoles, il n’en reste pas moins que l’association doit renouveler son mandat sous peine de devenir une coquille vide, sans financement et marginalisée au sein des organismes francophones de Toronto.

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