La francosphère s’anime à l’ACELF

Des participants au récent congrès de l'ACELF à Calgary.

Des participants au récent congrès de l'ACELF à Calgary.


12 octobre 2017 à 13h34

Le 70e congrès pancanadien de l’ACELF, l’Association canadienne d’éducation de langue française, a animé Calgary du jeudi 28 au samedi 30 septembre. Vibrant sous le thème Francosphère: agir, créer et penser en français, la rencontre a rassemblé plus de 500 personnes et constitue l’un des plus grands rassemblements en éducation francophone au pays.

Au programme: de nombreux ateliers et de longues discussions afin d’explorer le sens pluriel de la «francosphère», terme inventé pour l’occasion. Pour la présidente du comité de la thématique, Madeleine Lemire, «l’idée est de voir grand, de s’épanouir».

Pour Anne Vinet-Roy, présidente de l’ACELF, il s’agit «d’agrandir la sphère francophone, de trouver des moyens et des occasions pour faire vivre la francophonie en dehors du contexte scolaire».

Mme Lemire, qui est aussi en Alberta la directrice exécutive du Consortium provincial francophone pour le perfectionnement professionnel, précise que «les verbes utilisés sont un appel à l’action – agir pour la vitalité de la communauté francophone, créer un espace francophone, et penser la francophonie actuelle».

L’insécurité linguistique

Plusieurs sujets de fond ont été abordés lors du congrès, notamment l’insécurité linguistique, préoccupation importante pour un grand nombre de francophones: «On veut assurer la pérennité de la langue française, on ne veut pas que les jeunes se découragent», explique Anne Vinet-Roy.

La responsable rapporte que les discussions ont notamment permis d’identifier les causes de l’insécurité linguistique, à savoir la gêne éprouvée par certains locuteurs de parler en français qui se sentent tourmentés par «les regards de travers dans la communauté», soit à cause de leur accent, soit de leur manque de vocabulaire ou d’un niveau jugé trop faible.

Quelques pistes de solutions ont, d’autre part, été évoquées. «Nous avons un projet avec la Fédération de la jeunesse canadienne-française pour trouver des pistes de solutions, travailler avec les ministères de l’Éducation, avec les conseils scolaires, notamment afin de donner plus d’activités sociales et d’opportunités de parler français», indique Mme Vinet-Roy.

Construction identitaire

«Il y avait une belle énergie positive avec la présence des intervenants, des jeunes, des parents, des enseignants et des partenaires», observe la présidente de l’ACELF. Elle se réjouit de voir que «peu importe d’où l’on vient, ce qui nous rassemble c’est la langue française!»

Parmi les visiteurs figuraient environ 200 enseignants du conseil scolaire FrancoSud (Calgary), dont son directeur général, Daniel Therrien, qui présidait le congrès: «Il y a eu une belle mobilisation, je suis très fier de l’implication du conseil à cet événement.»

Pour les enseignants de langue française, l’événement constituait une occasion unique «de renouer avec la francophonie pancanadienne», selon le directeur. En élargissant leur cercle professionnel, les enseignants ont ainsi eu la possibilité de se perfectionner et d’en apprendre plus au sujet des enjeux actuels. «Ils repartent avec des idées et des réflexions, qu’ils intégreront à leur manière dans la salle de classe», remarque M. Therrien.

En outre, tous les ateliers avaient un lien avec la construction identitaire. Le directeur de FrancoSud rappelle le rôle de l’enseignement à cet égard: «Enseigner en français en milieu minoritaire, c’est accompagner les élèves dans leur construction identitaire, les inspirer, les aider à former une image positive de leur culture et de leur communauté.»

Places aux jeunes!

Les jeunes ont fait figure de proue à ce congrès de l’ACELF, rapporte le journal albertain Le Franco sous la plume de Charles-Olivier Dumont:

La délégation Leadership Jeunesse, composée de 50 jeunes francophones des différentes écoles secondaires de partout au pays, ont mené le bal en proposant deux activités au sein du congrès : un talk-show pour mieux connaître les participants ainsi qu’une table ronde afin d’approfondir les discussions entamées. Rencontre !

L’idée directrice: «Par les jeunes et pour les enseignants».

«Le Talk-Show était vraiment bien pensé», mentionne Katherine Terich, étudiante de Canmore. «Ça a permis de découvrir un côté humoristique aux gens haut placés qu’on ne voit pas assez souvent.»

Les jeunes de la délégation ont pu aborder différents sujets avec les intervenants présents au congrès lors d’une table ronde. «C’est vraiment tous les jeunes qui contribuent. Ils ont eu l’occasion de discuter avec les congressistes des différents enjeux qui les touchent», soutient Annie Côté, responsable des relations de presse du Congrès.

Une occasion que les jeunes ont su saisir pleinement, selon leur responsable de délégation, Caroline Kreiner. «Comment les jeunes peuvent améliorer leur communication avec les conseillers scolaires? Comment inclure davantage la diversité au sein des écoles? Ces questionnements faisaient partie des thèmes abordés.»

Sentiment d’appartenance

Au-delà des ateliers, le lien développé entre les jeunes leaders et les congressistes semble primordial à l’avancement de l’éducation de langue française.

«Faire des activités comme la table ronde me rappelle l’importance d’être fier d’être francophone et de l’existence de cette culture hors Québec», témoigne Lina Clevenger, étudiante originaire de Harvie Heights. «Tout le monde des autres provinces désire entendre notre expérience, c’est gratifiant de pouvoir partager notre opinion avec d’autres francophones», ajoute sa compagne étudiante de Saint-Paul, Selena El Irana.

Cela faisait 16 ans que le congrès pancanadien de l’ACELF n’avait pas eu lieu en Alberta. La prochaine édition se tiendra à Moncton, au Nouveau-Brunswick, en septembre 2018.

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