La FCFA devrait rencontrer la ministre Joly sous peu

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, et la présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier.
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La FCFA, le lobby politique des francophones hors Québec, a invité la nouvelle ministre du Patrimoine canadien et des langues officielles, Mélanie Joly, à une première prise de contact formelle avec les membres de son conseil d’administration ce mois-ci. Aucune date n’a encore été arrêtée.

«Nous avons apprécié les engagements du Parti libéral en matière de développement des communautés francophones en milieux minoritaires et avons hâte de discuter de nos dossiers avec la ministre», indique la présidente Sylviane Lanthier en entrevue à L’Express.

Les dirigeants de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada sont également curieux de savoir pourquoi ou comment la mention «langues officielles» est disparue du titre de la ministre. C’est en effet lors de l’assermentation des nouveaux ministres libéraux, le 4 novembre, qu’on avait constaté cette omission, «qui envoie un drôle de message», avait alors commenté Mme Lanthier.

Avant d’obtenir le fin mot de l’histoire, Mme Lanthier indique aujourd’hui qu’elle «ne peut pas en déduire quoi que ce soit».

C’est la ministre Joly elle-même, en soirée, qui avait confirmé qu’elle était bel et bien responsable des langues officielles, notamment de la «Feuille de route» qui finance plusieurs programmes destinés aux communautés francophones hors Québec. Le «Patrimoine canadien» est en fait le ministère fédéral des affaires culturelles, supervisant notamment le Conseil des arts du Canada.

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Le commissariat aux langues officielles relève directement du Parlement.

Belle récolte

Mme Lanthier se réjouit du bon nombre de députés francophones et francophiles de toutes les régions du pays élus le 19 octobre dernier, notamment dans les rangs du parti au pouvoir. «C’est une belle récolte», dit-elle, «une dizaine de francophones et plusieurs francophiles à découvrir, provenant de milieux ruraux comme urbains».

La présidente de la FCFA ne sait pas encore si les 30 ministres de Justin Trudeau sont tous bilingues ou, si ce n’est pas le cas, combien sont unilingues (anglais, évidemment…). «Mais les ministres, comme les hauts fonctionnaires fédéraux, ont accès à des cours de français», fait-elle remarquer, en donnant l’exemple du vérificateur général Michael Ferguson qui s’exprimerait beaucoup mieux en français aujourd’hui que lorsqu’il a été nommé en 2011.

Pour remplacer Stephen Harper jusqu’à l’élection d’un nouveau chef, les Conservateurs ont désigné récemment l’Albertaine Rona Ambrose, dont le français est rudimentaire.

«Même pour un chef intérimaire on aurait pu choisir un bilingue… parce qu’on est en 2015», indique Mme Lanthier. Mais elle estime que Mme Ambrose est bien disposée envers le bilinguisme officiel et les communautés francophones en milieux minoritaires.

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Radio-Canada

La FCFA a été déboutée récemment dans ses démarches visant à faire admettre à Radio-Canada son indifférence à l’égard des enjeux francophones hors Québec, suite au débat des chefs où aucune question n’avait été posée là-dessus.

Après une réponse jugée insatisfaisante du chef du service français Michel Cormier, qui blâmait les chefs des partis politiques, c’est l’ombudsman de Radio-Canada, Pierre Tourangeau, qui a posé un verdict «encore plus insatisfaisant» en critiquant une lettre modèle de plainte de la FCFA utilisée par certains plaignants qui ne précisait pas quels étaient les enjeux en question.

Mme Lanthier indique que ces réponses de Radio-Canada sont éloquentes: démontrant à quel point les dirigeants de Radio-Canada à Montréal «ne comprennent pas» la situation des francophones hors Québec.

La Fédération avait réclamé ce débat en français à Radio-Canada en plus de celui qui était prévu à TVA. Elle a toujours fait campagne pour un meilleur soutien financier au diffuseur public. Et Mme Lanthier continue d’affirmer que Radio-Canada «a un rôle important à jouer dans le développement de nos communautés».

Elle ne se résout toutefois pas encore à exiger que toute nouvelle augmentation du budget de Radio-Canada soit assortie de conditions quant à la couverture des communautés francophones hors Québec et de leurs enjeux.

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