La dissolution de Heenan Blaikie change la donne pour la francophonie

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La dissolution du prestigieux cabinet d’avocats Heenan Blaikie, décidée la semaine dernière par les principaux partenaires montréalais et torontois de la firme, n’aurait pas de répercussions négatives sur les causes francophones dont il s’occupait.

C’est du moins ce qu’on pense au Conseil scolaire catholique Centre-Sud (CSDCCS), qui poursuit la province en justice pour obtenir un nouvel édifice pour son école secondaire Mère-Teresa, à Hamilton.

«Notre dossier suit l’avocat qui est en charge du dossier. Donc, maître Mark Power demeure l’avocat du Conseil dans ce dossier et les démarches se poursuivent», indique-t-on au département des communications du CSDCCS.

Au nom de Heenan-Blaikie, Mark Power pilote aussi la poursuite du Conseil scolaire francophone et de la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique contre le gouvernement de cette province.

Cette poursuite – considérée comme l’une des plus importantes causes juridique au pays en matière d’éducation en langue française – vise à obtenir des écoles françaises de qualité équivalente à celle des écoles anglaises et, parce que ces écoles débordent et que la demande augmente, une vingtaine d’écoles françaises de plus.

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Exode d’avocats

Depuis l’automne, on assistait à un exode d’avocats à l’emploi de Heenan Blaikie – qui a pourtant réalisé des profits de l’ordre de 75 millions $ l’an dernier et qui embauchait environ 500 personnes dans neuf bureaux au Canada et un à Paris.

Les partenaires restants seraient en pourparlers avec d’autres firmes pour y greffer leurs activités, tandis que d’autres pourraient carrément lancer une nouvelle firme.

C’est le cas de Mark Power qui, selon le Globe and Mail, s’affairerait à lancer un cabinet spécialisé en droit constitutionnel.

Ce serait une crise de confiance plus qu’une crise financière qui aurait fait exploser ce cabinet intimement lié au Parti libéral du Canada. Pas plus tard que le 21 janvier, c’est Heenan Blaikie qui organisait la soirée-hommage aux 50 ans de carrière politique de l’ancien premier ministre Jean Chrétien, dont les profits (plus de 100 000 $) allaient au projet de Maison de la Francophonie de Toronto.

Les rumeurs de divergences d’opinions entre les bureaux de Toronto et de Montréal sur la gestion et les investissements de la firme alimentent aussi les chroniques. Enfin, des analystes mentionnent l’évolution d’un marché juridique de plus en plus compétitif dans un contexte de diminution du nombre de grandes fusions et acquisitions industrielles et commerciales, qui représentent les contrats les plus lucratifs pour les avocats.

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Sans précédent

«Un tel démembrement d’un cabinet juridique national est sans précédent», commente notre chroniqueur juridique Gérard Lévesque. «C’est très difficile pour tout le monde ici et, quant à moi, ce n’était pas nécessaire», a déclaré au quotidien montréalais La Presse Roy Heenan, qui a cofondé le cabinet en 1973 avec Peter Blaikie et l’ancien ministre fédéral Donald Johnston.

L’avocat Ronald Caza, un vétéran de grandes luttes franco-ontariennes, a mentionné à Radio-Canada que «jusqu’à tout récemment, bien des avocats désireux de se joindre à un grand cabinet rêvaient d’avoir un emploi chez Heenan Blaikie».

Heenan Blaikie soutenait, entre autres, le Club canadien de Toronto en tant que commanditaires de longue date. Le directeur torontois de Heenan Blaikie, Kip Deaschel, a été président du Club. Un autre avocat de Heenan Blaikie, Christian Paquette, a aussi occupé cette fonction bénévole. Selon le directeur du Club, Jean Martin, «Kip Deaschel a toujours milité pour le développement de la francophonie torontoise et va continuer de le faire où qu’il soit.»

M. Daeschel et M. Paquette n’ont pas répondu à nos demandes d’entrevues.

Le président actuel du Club, Yannick Rose, estime que la dissolution de Heenan Blaikie est «une perte pour la francophonie», mais, comme Jean Martin, il se dit confiant de trouver un autre cabinet d’avocats commanditaire pour le Club.

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