Je regarde trop de télé

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Publié 26/08/2014 par François Bergeron

Je regarde trop de télé. Au moins deux heures par soir, souvent plus. Comme, le jour, je travaille surtout devant un ordinateur, ça s’additionne…

À relaxer pour relaxer, la télé empiète aussi sur la lecture, même si mon travail de journaliste consiste déjà beaucoup à lire. Je lirais autant, peut-être même une meilleure sélection, si j’exerçais un autre métier. «On n’a pas le temps de lire les bons livres, il ne faut lire que les excellents», disait mon père, citant sans doute un auteur classique, comme à son habitude.

Le problème, c’est qu’il y a de nos jours de la très bonne télé. Vous me direz: il y a aussi de la très bonne littérature (il y en a toujours eu), de la musique planante (sauf celle les années 1980), du cinéma de plus en plus sophistiqué, les médias sociaux…

Je viens de terminer la première saison de Ray Donovan, suggérée par une amie. Excellent. Avant ça, je me suis enfilé les épisodes de Broadchurch, dont tout le monde me parlait.

Ce qui est relativement récent, chez moi, c’est d’être affranchi de la grille-horaire. Je paye encore pour une centaine de chaînes, mais très souvent il n’y a rien de valable au moment où je m’installe devant la télé. Je devrais réexaminer ça…

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Pour les nouvelles, une demi-douzaine de médias m’envoient des alertes sur mon iPad. Ça m’arrive de scanner une ou deux chaînes d’information continue, mais il y aura toujours les journaux du lendemain matin (papier et électroniques).

En zappant, on peut toujours tomber sur une émission passable: un match de sport important, les Gags de Juste pour rire, MythBusters, un film qu’on reverrait une dixième fois… Mais j’aboutis plus souvent au poste «sur demande» de mon câblo pour sélectionner les derniers épisodes des séries qui m’intéressent.

Pour les séries passées, c’est sur Internet que je les trouve. Dans le jargon, il paraît qu’on appelle ça faire de la télé «de rattrapage». Bonus: il y a beaucoup moins de pubs qu’à la télé traditionnelle, parfois aucune. Comme celui de la presse écrite, le modèle économique de la télé est en «transition»…

Avec ma femme, j’attends la cinquième saison de Downton Abbey, de même que la huitième de Murdoch Mysteries. Avec ma fille, c’est The Walking Dead et Orphan Black

(Mon garçon ne regarde jamais la télé et ne lit à peu près rien sur papier, mais il est très informé et a vu les meilleurs dramatiques sur son ordi. Par contre, comme moi, il achète encore des CD de musique et va au cinéma, pratiques que bien des jeunes ont abandonnées au profit, encore, de l’Internet.)

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C’est en solitaire que j’ai regardé Série Noire, un succès critique, pas nécessairement de cotes d’écoute, qui connaîtra néanmoins une deuxième saison.

Malheureusement, on ne peut pas en dire autant des Rescapés, victimes de je ne sais quelle coupure budgétaire ou décision bizarre à Radio-Canada. Les ineffables Bougon nous ont également quittés trop rapidement.

Toujours à la télé québécoise, j’attends la suite d’Unité 9 (Orange Is The New Black peut aller se rhabiller), mais surtout le formidable 19-2 de Claude Legault et Réal Bossé (Minuit le soir, Dans une galaxie près de chez vous).

À tou.tv, on retrouve aussi les Tout le monde en parle, Les grands reportages, Enquête, Luc Langevin qu’on a manqués le soir de leur diffusion. Il n’y a plus que les galas annuels de prix de la musique ou du cinéma qu’on regarde à l’heure prévue.

Sauf pour l’incontournable Big Bang Theory et les commentaires de Jon Stewart en fin de soirée, je regarde peu de comédies, mais j’ai découvert récemment Les beaux malaises, de Martin Matte, et, très en retard, Les Bobos, de Marc Labrèche, sur la faune du Plateau Mont-Royal. Du côté des sitcoms, c’est Frasier qui conserve la première place sur mon podium.

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Les conversations entre amis sur la télé sont loin d’être insipides: HBO, Showtime, AMC et d’autres – Aetios au Québec – font dans la qualité, avec de solides intrigues, des propos intelligents et de magnifiques acteurs qui passent désormais au grand comme au petit écran.

Certains m’ont demandé un palmarès, que voici, divisé en trois genres: science-fiction, action, drame (j’ai mentionné la comédie et le français plus haut). Il est également nécessaire de distinguer entre classiques et contemporains (disons la dernière décennie), sachant aussi que certaines nouveautés se fanent vite tandis que d’anciennes productions prennent de la valeur (sentimentale) avec le temps.

Top-5 SCIENCE-FICTION, SURNATUREL

The Wakling Dead – Les survivants d’une apocalypse luttent contre des zombies et d’autres survivants. Beaucoup d’action et de suspense. Personnages attachants ou exaspérants. Effets spéciaux de première classe.

Lost – Une série culte fascinante du début à la fin… que personne n’est vraiment certain d’avoir comprise.

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The Lost Room – Mini-série fantastique au sujet d’une chambre de motel où les lois de la physique sont différentes.

Orphan Black – Une femme rencontre plusieurs clones d’elle-même. La même excellente actrice joue une dizaine de rôles. Filmé à Toronto.

Life On Mars – Un policier accidenté en 2000 se réveille en 1970. Il y a une série américaine et une britannique, toutes les deux fascinantes. Souvent drôle à cause du choc culturel 2000 vs 1970.

Dignes de mention

Awake – Dans une dimension, un policier impliqué dans un accident a perdu sa femme. Dans une autre dimension, c’est son fils qu’il a perdu. Il ne sait pas laquelle est un rêve et laquelle est la réalité. Série annulée après une saison!

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Fringe – Une agence spéciale enquête sur des phénomènes paranormaux. Même principe que l’ancien X-Files et aussi captivant.

Supernatural – Deux frères combattent des forces maléfiques. Souvent très drôle. Magnifique déploiement d’Americana.

Being Human – Un vampire, un loup-garou et une fantôme partagent une maison à Boston (dans la version américaine, car il y en a une autre britannique, d’égale qualité).

Eureka – Un village secret pour génies scientifiques dans les Rocheuses embauche un nouveau shérif. Souvent drôle.

Grimm – Un détective de Portland, Oregon, découvre qu’il appartient à une famille de chasseurs d’humains-animaux que lui seul peut reconnaître. Sympathique.

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Sleepy Hollow – Un soldat de George Washington ressuscite 200 ans plus tard pour combattre un démon qu’il avait décapité sur un champ de bataille. Encore ici pour l’Americana et le choc culturel.

Helix – Mystérieuse épidémie de rage dans un laboratoire secret au Groenland.

Terminator – The Sarah Connor Chronicles – La jeunesse de John Connor protégé par sa mère et une ado robot envoyée du futur. Les fans des films Terminator n’ont pas tous apprécié; moi oui.

Once Upon A Time – Tous les personnages des contes de fées sont exilés dans le village moderne de Storybrook, dans le Maine. Une prémisse ridicule qui produit néanmoins une série originale, et même deux avec la série parallèle Once Upon A Time in Wonderland.

Under The Dome – Un village américain est emprisonné sous un dôme invisible. Basée au début sur le roman de Stephen King, la série télé s’en éloigne rapidement.

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Classiques

The Prisoner – La série libertarienne britannique des années 1970, avec Patrick McGoohan, reste mon coup de coeur toutes catégories, bien que ça vieillit mal (et est-ce encore de la science-fiction?). Un remake américain en six épisodes (2009) était un peu confus.

Twin Peaks – Un agent du FBI enquête sur le meurtre d’une ado dans un mystérieux village de montagnes. Série culte de David Lynch du début des années 90 (il y a aussi un film).

Star Trek, Next Generation, Deep Space Nine, Voyager, Enterprise – Le succès des Star Trek est mérité (il y a aussi une douzaine de films).

Battlestar Galactica – Très bon remake de la série des années 70 sur une guerre entre les humains et leurs robots.

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Doctor Who – La série britannique culte kitch qui se poursuit depuis 1963. Un être immortel voyage à travers le temps et l’espace dans un vaisseau camouflé en cabine téléphonique…

Thunderbirds – Oui, les marionnettes des années 1960 avec des fils… Mais à ce compte-là, pourquoi ne pas mentionner d’autres bons souvenirs d’enfance en noir et blanc comme The Time Tunnel, Voyage to the Bottom of the Sea et autres Land of the Giants que je regardais en français au canal 2 ou au canal 10?

Top-5 ACTION, CRIME

Dexter – Un tueur en série travaille pour la police de Miami. Personnages formidables. Captivant. Superbe. Finale discutable…

Breaking Bad – Au Nouveau-Mexique, un prof de chimie et un de ses anciens élèves deviennent fabricants et trafiquants de drogue. Excellent. Finale à la hauteur.

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Murdoch Mysteries – Les enquêtes d’un détective et de policiers torontois en 1900, avec des clins d’oeil à des futurs gadgets et phénomènes modernes. CBC a racheté la série à CTV. Original et souvent drôle.

Sherlock – Sherlock Holmes (le formidable Benedict Cumberbash) et John Watson modernes dans des histoires très librement inspirées de celles de Conan Doyle.

Homeland – Un prisonnier de guerre américain pourrait avoir été converti au terrorisme.

Dignes de mention

Prison Break – Des prisonniers, certains innocents, d’autres pas, s’évadent, sont repris, s’évadent encore… Haletant.

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Hannibal – Basé sur les films et les romans sur le tueur en série Hannibal Lecter. Très noir et violent, magnifique cinématographie. Filmé à Toronto.

Low Winter Sun – Deux policiers de Detroit qui ont tué un collègue sont chargés de l’enquête. Très noir.

Broadchurch – Tout le monde est suspect après le meurtre d’un jeune garçon dans un village de la côte anglaise.

Ray Donovan – Les tribulations d’une mafia irlandaise au service d’une mafia juive à Hollywood.

True Detectives – Deux détectives louisianais doivent se remémorer un vieux cas. Ce qu’ils racontent ne correspond pas toujours aux flashbacks qu’on nous montre…

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Fargo – Basée sur le film des frères Coen, avec quelques altérations, mais toujours aussi surréaliste.

Person Of Interest – Deux justiciers ont accès à une machine qui analyse ce que captent toutes les caméras à New York.

The Mentalist – Un ancien charlatan est consultant de la police et poursuit un tueur en série qui a ciblé sa famille. Original et, malgré tout, souvent très drôle.

The Blacklist – Un des criminels les plus recherchés se rend au FBI et, en échange de toutes sortes de privilèges, révèle au compte-gouttes l’identité de super criminels.

Elementary – Un Sherlock Holmes moderne aide la police de New York avec son assistante Joan Watson, ex-médecin embauchée comme compagne d’ex-drogué.

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The Killing – Remake américain d’une série danoise. La difficile enquête d’une policière de Seattle sur le meurtre d’une ado. Trop de suspects. Lent mais captivant.

The Following – Un universitaire psychopathe, spécialiste d’Edgar Allen Poe, orchestre des meurtres spectaculaires avec des disciples.

Rubicon – Le travail d’une sous-agence de la CIA ou de l’OTAN spécialisée dans l’analyse de données. Jamais vu la fin: annulée dès la première saison; trop cérébral.

Classiques

CSI – L’équipe de scientifiques de la police de Las Vegas résout des crimes (il y a aussi CSI Miami et New York, mais Las Vegas est de loin la meilleure des trois).

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Criminal Minds – L’équipe de psychologues du FBI s’attaque à des crimes terribles. Personnages engageants, mais parfois déprimants.

24 – Un agent de la CIA (Keifer Sutherland) se retrouve toujours dans une course contre la montre pour éviter une catastrophe. Huit ou neuf saisons.

Sherlock Holmes – La série britannique avec Jeremy Brett, fidèle adaptation des histoires de Conan Doyle.

Top-5 DRAME, MUSIQUE, HISTOIRE

Six Feet Under – Les tribulations des membres d’une famille propriétaire d’un salon funéraire à Los Angeles. Très original, captivant, drôle, tragique, superbe. La meilleure finale de série de toute l’histoire de la télé.

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House of Cards – Un congressman américain sociopathe et sa femme ne reculent devant rien pour arriver à leurs fins. Kevin Spacey et Robin Wright brillent.

Downton Abbey – La saga d’une famille anglaise propriétaire d’un manoir et de grandes terres de 1912 à la Deuxième Guerre mondiale. Aspects historiques fascinants, personnages captivants.

Borgen – Les défis politiques et personnels d’une première ministre du Danemark (en danois sous-titré en anglais).

House – Un Sherlock Holmes de la médecine (Holmes/Home/House, get it?), misanthrope, dirige une équipe de diagnosticiens à Chicago. La seule série d’hôpitaux que j’ai tolérée.

Dignes de mention

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Rescue Me – La meilleure série de pompiers, de et avec l’irascible Denis Leary, à New York juste après le 11 septembre 2001.

The Riches – Une famille de nomades américains usurpe l’identité de millionnaires. Avec l’extraordinaire Eddie Izzard.

Halt And Catch Fire – Des entrepreneurs de l’informatique se frottent à IBM et Apple au début des années 1980. Je n’ai jamais regardé Mad Men, mais ça participerait à la même mode rétro.

Glee – Des jeunes chanteurs, danseurs et musiciens montent des spectacles dans une école secondaire de l’Ohio. Gai dans tous les sens du terme.

Cosmos – Remake de la série éducative de Carl Sagan avec son protégé Neil deGrasse Tyson et un producteur de Star Trek. Bon survol de l’histoire de l’univers, de l’infiniment grand à l’infiniment petit.

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Rappelons que ceci un classement très personnel, partial et partiel. Je n’ai pas suivi Mad Men, The Americans, Sons of Anarchy, American Horror Story, Hell on Wheels, The Strain, Continuum, The Tunnel, The Bridge, Crossbones, Tyrant, The Sopranos et bien d’autres.

Je préfère aussi ne pas nommer les séries médiocres que j’ai néanmoins regardées…

Enfin, il est certain que j’en oublie plusieurs, et que de très bonnes séries francophones ont échappé à mon radar.

N’hésitez pas à commenter et y aller de vos suggestions. Je sais que je ne suis pas le seul à passer trop de temps devant la télé.

Auteur

  • François Bergeron

    Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et web, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

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