Hommage à un écologiste à la Toronto French School

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Le célèbre naturaliste Jon Young a partagé son expérience avec les élèves, leurs parents et les enseignant de la Toronto French School au cours d’un souper communautaire très couru le 26 février dernier. L’auteur d’une douzaine d’ouvrages dont What the Robin Knows et The Coyote Guide To Connect With Nature répondait à l’invitation du Club écologique de l’école d’immersion privé du quartier Lawrence/Bayview.

Le parcours de cet Américain natif du New-Jersey vaut le détour. Diplômé en Sciences environnementales, Jon Young a côtoyé ceux qui ont connu la nature par expérience et en ont acquis un savoir encyclopédique. Il a évolué sous le mentorat de deux pères spirituels qui font eux-mêmes partie des espèces en voie de disparition.

Le premier, Tom Brown Jr., un trappeur renommé, enseignant et auteur d’une vingtaine d’ouvrages, a appris de son grand-père apache, Stalking Wolf, un chaman apache. Le second est un aîné sud-africain, Norman Powell Ingwe, grand connaisseur de la nature kenyanne où il a grandi.

L’homme et son milieu

Jon Young, légataire de ces savoirs, a donné plus de 1000 présentations publiques, aidé de nombreux étudiants en doctorat et en maîtrise sur des sujets liés à l’éducation autochtone et à l’environnement. Il a fondé une école secondaire d’enseignement de la nature et a développé un système appelé «8 Shields Cultural Mentoring» visant à créer des communautés connectées à la nature.

Dans la conversation qu’il a initiée à la TFS, M. Young a évoqué la négligence de l’enseignement de la nature dans les écoles américaines et la récente mobilisation de millions de mères en vue de sa réintroduction dans le curriculum, initiative qui commence à se faire sentir sur les autorités politiques.

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Tout cela résulte d’une prise de conscience aiguë de la forte relation existant entre les êtres humains et leur milieu de vie. 

Un peuple de 44 000 ans

M. Young a ensuite évoqué sa rencontre avec le peuple San du Botswana, un peuple qui, selon les anthropologues, serait le plus ancien habitant de l’Afrique australe où il vit depuis au moins 44 000 ans.

Ce peuple de chasseurs-cueilleurs trouve sa subsistance dans le désert grâce à ses connaissances et  ses compétences développées grâce à cette relation prolongée avec la nature. Ce fut un grand centre d’apprentissage pour M. Young.  Chez les San, le passé et le présent ne sont pas distincts, et les humains et les animaux ne le sont pas non plus. C’est cette attitude vis-à-vis de la nature où l’on ne prend l’essentiel que pour satisfaire les besoins qui a marqué M. Young.

Il a fait observer que pour le monde développé, la nature faisait juste partie des loisirs et un objet d’exploitation mercantile sans réserve.

La vie près de la nature permet à l’humain d’en comprendre les règles de fonctionnement. C’est ainsi que l’on peut, avec patience, apprendre le langage des oiseaux et interpréter le moindre de leurs gestes, leurs piaillements qui peuvent être annonciateurs de catastrophes, de présence dangereuse dans les alentours.

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Le ravin de la TFS

À cet égard, il a étayé ces commentaires d’éléments visuels éloquents. Avec humour, M. Young a observé que la présence d’un ravin dans la propriété de TFS, la ferait passer d’une école bilingue à une école trilingue avec le langage des oiseaux, si les élèves s’y mettaient !

Mieux, ce ravin est un atout pour l’acquisition d’un savoir très utile aux jeunes d’aujourd’hui, responsables de demain. Il s’agit d’un message sans cesse répété par ceux qui comprennent le milieu naturel.

C’est avec raison que, présentant son rapport final Notre avenir à tous en 1987 devant l’Assemblée générale et définissant la notion de «développement durable», Mme Gro Harlem Bruntland a emprunté cette phrase d’un chef Sioux: «La terre ne nous appartient pas, nous l’héritons de nos ancêtres et nous l’empruntons à nos enfants ».

Face à l’engouement d’aujourd’hui et aux questions, souvent pertinentes des enfants, on peut croire qu’ils ont mieux entendu le message que transmette avec entêtement ceux qu’on appelle les autochtones!

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