Histoires de taxi

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J’ai «flyé» un taxi récemment. Le chauffeur m’a demandé si c’est parce que celui que j’avais appelé tardait à venir. Il s’est montré très étonné quand je lui ai dit que je n’avais pas téléphoné. Apparemment, c’est de plus en plus rare.

Pourtant, au centre-ville, même aux alentours comme dans l’Est où sont les bureaux de L’Express, on ne reste pas trois minutes dehors sans voir passer un taxi libre.

J’en attendais un, une autre fois, quand un véhicule a fait un «u-turn» pour s’immobiliser à côté de moi: un Uber croyant que j’étais son client. Ce dernier était juste un peu plus loin, courant vers l’intersection qui était leur lieu de rendez-vous.

Je n’ai jamais utilisé Uber, dont je n’ai pas encore téléchargé l’application. Mais je n’ai rien contre.

Malheureusement pour les propriétaires de taxis, dont les permis perdent de la valeur, je ne pense pas qu’on pourra interdire ce service. Comme on dit en anglais: on veut fermer les portes de la grange après que les chevaux se soient échappés.

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Les chauffeurs de taxi sont victimes du progrès technologique et, comme les agences de voyages, les petits hôtels, les discaires, les libraires et les journaux face à l’Internet, ils devront s’adapter. Des entreprises de taxi offrent déjà leur propre application mobile. Les villes examinent les moyens de réglementer et de taxer cette nouvelle activité.

J’ai lu qu’une nouvelle application dans le genre d’Uber permet à des propriétaires de maison de louer leur entrée de garage comme place de stationnement pour quelques heures – moins cher, j’imagine, que les parcomètres ou les stationnements publics.

C’est un échange d’information, d’argent et de services entre adultes consentants, facilité par les moyens de communication modernes, que seuls les plus obtus décrivent comme du «capitalisme sauvage».

On a fait grand cas de courses Uber à 300$ la veille du Jour de l’An ou lors de ratés des transports en commun, mais le tarif est convenu d’avance et pallie à une pénurie temporaire. L’alternative est de marcher ou de faire du pouce.

* * *

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Entre notre nouvelle voiture depuis l’automne et la précédente, il y a eu un hiatus de deux ans, pendant lequel mon épouse et moi avons tergiversé… et découvert qu’à Toronto on peut facilement marcher ou utiliser la TTC, emprunter ou louer un véhicule pour les grandes occasions, et bien sûr prendre des taxis.

En face du Toronto Sun, rue King, je suis déjà tombé sur un chauffeur qui me disait connaître tous ses journalistes. Or, en le regardant de plus près (d’abord parce qu’il me semblait être canadien-anglais de souche, «old stock», ce qui est rare de nos jours dans l’industrie du taxi), j’ai remarqué qu’il ressemblait en tous points à la caricature du Canadien moyen que réalisait le dessinateur du Sun à l’époque, Andy Donato. Ce dernier avait sûrement pris ce chauffeur pour modèle.

Une légende urbaine veut d’ailleurs que les meilleurs commentateurs de l’actualité consultent régulièrement leurs chauffeurs de taxi, qui saisiraient mieux que quiconque l’état de l’opinion publique et les vrais enjeux de l’heure.

Il y en a qui ont plus de conversation que d’autres (et certains restent en conversation téléphonique avec leurs proches pendant toute la course).

Tout de suite après les dernières élections fédérales, alors qu’on parlait beaucoup des 10 000 réfugiés syriens qu’on allait recevoir d’ici la fin de 2015, un chauffeur d’origine libanaise, comprenant que je parlais français et que j’étais journaliste, m’a exposé avec véhémence les raisons pour lesquelles l’accueil de ces réfugiés était une très mauvaise idée. Sur son tableau de bord et autour de son miroir, des chapelets, médailles et images chrétiennes étaient bien en vue.

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Il m’a prié instamment de relayer dans ma chronique son opinion fondée sur son expérience et celle de sa famille au Liban et en Syrie aux mains des islamistes. Voilà qui est fait…

* * *

Mon père a été chauffeur-propriétaire de son taxi à Montréal pendant de nombreuses années. Il ne payait à Diamond que le droit d’utiliser ses stationnements pour attendre les clients au sortir des magasins, pas la radio et son «dispatcher» puisqu’il préférait rouler et prendre les gens qui lui faisaient signe.

Si le client le permettait, mon père laissait jouer la radio, généralement syntonisée à un poste de musique classique. «Il n’y a pas de belle musique comme ça dans notre radio, maman!», s’est déjà exclamé un petit garçon.

Quand j’étais au collège et même jusqu’au cégep, mon père m’y conduisait tous les matins: plus d’un millier de demi-heures de conversation sur sept ans, qui m’ont certainement marqué.

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J’ai appris plus tard que plusieurs de mes camarades croyaient que ma famille était très riche pour m’envoyer à l’école tous les jours en taxi!

Mon père a éventuellement vendu son permis – dont le nombre est fixé par la ville – pour prendre sa retraite. «Il était temps», avait-il dit.

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