François Legault mérite de gagner

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C’est le 4 septembre que les Québécois vont congédier Jean Charest comme premier ministre et sans doute aussi comme député de Sherbrooke. Le grand Parti libéral de Jean Lesage et de Robert Bourassa sera relégué en troisième place, n’intéressant plus que les anglophones, les immigrants et les amnésiques.

Le Parti québécois de Pauline Marois plafonne à 33% dans les sondages. Ce serait déjà un score honorable, voire une victoire morale, après la comédie de défections et de coups bas orchestrée par les souverainistes les plus pressés et les soi-disant «progressistes», qui vont voter Option nationale, inutile, ou Québec solidaire, carrément nuisible.

Ce serait encore bon pour une première place et le privilège de former le prochain gouvernement. Mais on conçoit de plus en plus difficilement qu’il puisse être majoritaire.

La progression impressionnante – rafraîchissante, salutaire – de la nouvelle Coalition Avenir Québec de François Legault, qui s’est manifestée dès le début de la campagne et qui se poursuit dans les derniers jours, permet de rêver à l’élection d’un gouvernement caquiste (qui serait minoritaire lui aussi).

François Legault s’est tout de suite mis au diapason de la population en imposant à la campagne le thème de l’assainissement des moeurs politiques et de la lutte à la corruption dans l’obtention de contrats de travaux publics provinciaux et municipaux. Sa «Loi 1», qui promet un grand ménage, et son candidat Jacques Duchesneau, qui maniera le balai, ont gonflé les voiles de la CAQ.

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C’est malheureusement ça la priorité en 2012 au Québec: des élus honnêtes. Le gouvernement Charest a attendu trop longtemps pour enquêter sur de nombreux scandales. Le PQ promet, lui aussi, un gouvernement intègre, mais il a tellement d’autres priorités… dans lesquelles l’État joue un rôle central, ce qui est précisément là une source de la corruption en question.

Les pendules à l’heur

Pauline Marois a commis quelques impairs, nécessitant des rectifications embarrassantes, qui ont détourné sa campagne de son message principal sur la gouvernance proposée par le PQ.

Sur la souveraineté, elle a dû affirmer que ce serait le gouvernement et non une simple pétition qui déclencherait un référendum.

Sur l’éligibilité de tous les citoyens aux postes élus, elle a dû préciser que seuls les nouveaux arrivants, après l’adoption d’une citoyenneté québécoise, auraient à subir un test de français, donc pas les anglophones, allophones et autochtones actuels.

Sur l’ouverture du PQ aux nationalistes de «droite» (nombreux au Québec, mais rares ou muets au PQ), elle a prétendu ne pas avoir compris la question. Mais on sent bien que ces gens-là ne sont considérés par les bonzes du PQ que comme des «idiots utiles» le jour d’un référendum. Or, la cause souverainiste serait mieux servie par un projet de pays qui ressemble à la Suisse, plutôt que par le projet actuel qui s’inspire de la Grèce.

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Les associations étudiantes, responsables de désordres nihilistes, et les syndicats, qui sclérosent la bureaucratie et handicapent l’économie québécoise, ne rendent aucun service au PQ en appelant à boycotter le Parti libéral et la Coalition Avenir Québec. Ces interventions des syndicats et de leurs clubs-écoles confirment dans la population le sentiment que la CAQ serait en mesure de reprendre le flambeau de la réingénierie de l’État abandonné il y a longtemps par les Libéraux.

Les qualités de ses défaut

Le seul avantage du PQ, à part d’être «le diable que l’on connaît», c’est d’être mieux organisé sur le terrain que la CAQ.

Le parti de François Legault – et c’est exactement ça: une formation créée de toutes pièces et gérée comme un conseil d’administration d’entreprise par cet ex-ministre péquiste – a accompli des miracles depuis sa fondation il y a un peu plus d’un an. Mais ça reste encore une curiosité en tant qu’alternative gouvernementale et une inconnue en tant que machine électorale.

Cela comptera le jour du vote. Mais la volonté de changement des Québécois, si elle est bien réelle, se traduira par un vote pour la CAQ, qui a les qualités (jeunesse, enthousiasme, activisme) de ses défauts (inexpérience, contradictions, hâte).

Le PQ propose le changement le plus radical: la souveraineté du Québec. Mais cela reste un changement de structures, de bureaucraties, venant justement – c’est là que le bât blesse – de gens qui aiment les structures et les bureaucraties.

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Pour la société, l’économie, c’est-à-dire la vie de tous les jours, le pain et le beurre des citoyens, bref leur «souveraineté» personnelle, le parti de Pauline Marois n’offre que des changements indésirables, de faux changements qui enfonceraient le Québec dans un socialisme débilitant déjà dominant.

Pauline Marois est «la reine du statu quo», a lancé François Legault dans un débat télévisé, en contrastant le programme du PQ d’avec le sien, qui veut réduire la taille de l’État et assainir les finances publiques.

La relance avant l’indépendanc

Évidemment, pour les souverainistes, c’est François Legault qui abdique ses responsabilités en voulant mettre tout débat constitutionnel en veilleuse pendant au moins 10 ans, afin de «relancer» le Québec sur des bases économiques et sociales plus solides.

Jean Charest, au moins, ne cache pas ses convictions fédéralistes, même s’il se reconnaît impuissant à réformer le système.

Le chef de la CAQ a toutefois raison d’affirmer que tous les Québécois sortiraient perdants d’une nouvelle victoire du non lors d’un troisième référendum. Le Canada anglais en profiterait pour marginaliser encore davantage la province francophone et le bilinguisme officiel. Mieux vaut attendre que soient réunies les fameuses «conditions gagnantes».

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D’autres réformes, sur d’autres fronts, sont prioritaires. C’est cet activisme de François Legault et de la CAQ que les Québécois pourraient valider le 4 septembre. En tout cas, il le mérite.

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