Enjeux francophones: les conservateurs entretiennent le suspense

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Le Parti progressiste-conservateur de Tim Hudak n’a pas répondu au questionnaire de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario sur les enjeux francophones, se contentant d’envoyer une lettre générique d’une page sur sa promesse de créer des emplois.

«Notre Plan Pour Un Million d’Emplois sera en mesure d’encourager une économie plus forte et celle-ci pourra se solder en une francophonie plus vibrante ce qui, en retour, assurera la viabilité des services francophones pour tous les Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes, ainsi que pour toutes nos collectivités», explique le chef PC.

Le parti entretient donc le suspense jusqu’au débat de mardi soir à TFO et Radio-Canada, auquel participera le candidat conservateur dans Ottawa-Vanier, Martin Forget. Il fera face à la ministre libérale Madeleine Meilleur (la députée d’Ottawa-Vanier) et au député néo-démocrate de Timmins–Baie James, Gilles Bisson.

La présence de Martin Forget à cette tribune est une surprise. Tout le monde attendait Roxane Villeneuve-Robertson, la candidate PC dans Glengarry-Prescott-Russell et fille de l’ancien ministre Noble Villeneuve.

Un débat des chefs est prévu le mardi suivant 3 juin, sur presque toutes les chaînes de télévision.

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Le président de l’AFO, Denis Vaillancourt, s’est dit «déçu, mais pas surpris» par la réponse de Tim Hudak au questionnaire, les conservateurs participant rarement à ce genre d’exercices pour ne pas dévier du message principal de leur campagne.

«On ne s’attendait pas à des annonces majeures d’aucun des trois partis», indique le président de l’AFO en entrevue à L’Express vendredi. De plus, le questionnaire visait autant à «sensibiliser les partis aux dossiers francophones», ce qui a été fait, croit-il, même si «on sait qu’il n’y a toujours du travail à faire».

Ce sont les libéraux de Kathleen Wynne qui ont produit les réponses les plus détaillées à chacune des 20 questions de l’AFO, énumérant leurs nombreuses réalisations, de l’adoption de la Loi sur les services en français en 1986 jusqu’au récent Plan d’action pour l’accès au postsecondaire en français, en passant par le nouveau portail Web s’adressant aux immigrants francophones.

Le Parti libéral rappelle qu’il se base sur «une riche tradition d’investissements dans la communauté franco-ontarienne», et égratigne le Parti progressiste-conservateur qui, lui, «repose sur une tradition qui inclut le règlement 17, la crise de Montfort»…

Le NPD d’Andrea Horwath n’a pas répondu à toutes les questions, choisissant plutôt d’envoyer un long texte reprenant certains thèmes du document, de même que leurs propres enjeux.

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«J’élaborerai une stratégie visant à promouvoir une offre active de services en français», promet notamment Mme Horwath, qui rappelle aussi que le NPD proposait depuis quelques années de faire relever le Commissaire aux services en français de l’Assemblée législative, comme l’Ombudsman ou la Vérificatrice générale, ce que les libéraux ont fait l’automne dernier.

«Le français fait partie de l’histoire de l’Ontario», écrit Mme Horwath. «Préserver et soutenir la culture francophone en Ontario est primordial pour préserver notre identité.» Tout comme le Parti libéral, le NPD salue le 400e anniversaire de la présence francophone en Ontario qu’on célébrera en 2015, ce dont se réjouit M. Vaillancourt.

Comme les libéraux, les néo-démocrates promettent de favoriser l’immigration francophone en Ontario.

En éducation, le parti de Mme Horwath se montre prudent, s’engageant à «examiner la possibilité» de développer des programmes collégiaux et universitaires en français.

Sur la question, brûlante à Toronto, du manque d’installations des écoles de langue française, alors que des conseils scolaires de langue anglaise ont des propriétés excédentaires, le NPD assure qu’il va «se pencher sur cette situation». Mais il annonce aussi «un Fonds Écoles ouvertes pour que les écoles demeurent au coeur de leur communauté», ce qui est souvent l’argument des conseils scolaires anglophones pour conserver des écoles à moitié vides.

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Les réponses fournies par les partis politiques sont affichées dans le site MonVoteFranco.ca

«Nous invitons la communauté franco-ontarienne à prendre connaissance de ces réponses afin de juger quel parti représentera le mieux leurs convictions et sera capable de donner suite aux aspirations de la communauté franco-ontarienne le 12 juin», a déclaré le président de l’AFO.

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