Encore et toujours Mozart

Orchestre symphonique de Toronto

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Publié 13/01/2015 par Janine Messadié

Au cours des prochains jours, nous aurons la chance de vivre la magie de Mozart avec l’Orchestre symphonique de Toronto, qui nous offre son festival annuel Mozart@259Festival.

Pour la 11e année de l’évènement, c’est Bernard Labadie, chef fondateur des Violons du Roy, directeur artistique de La Chapelle de Québec et chef invité par de nombreux orchestres de la scène nationale et internationale, qui a concocté le programme de ces concerts sublimes qui feront la lumière sur les différentes facettes du plus universel des compositeurs du XVIIIe siècle.

Le talent de Mozart est immense et son œuvre gigantesque. Au cours de ses 35 ans et dix mois d’existence, il a composé plus de 600 œuvres. À trois ans, il jouait de petites pièces sur son clavecin. À quatre ans il composait déjà! Génie précoce qui a surpris Louis XV et la cour de Versailles à l’âge de six ans, Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) est l’enfant prodige le plus sensationnel de l’histoire de la musique.

Il s’est exprimé dans un champ de création très vaste, abordant tous les genres qui existaient à son époque: symphonies, opéras, concertos, sérénades, sonates, divertimentos et messes.

Ses œuvres sont intemporelles et emplies de joie de vivre, d’élégance simple, de fluidité, de rythmes et de sourires, avec parfois des moments tendrement sombres, évoquant la tristesse, la mélancolie ou la nostalgie. Ce sont de véritables chefs-d’œuvre qui ne cessent d’être joués à travers le monde, plus de deux siècles après sa mort.

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Mozart Interprète

Les deux premiers concerts des 14 et 15 janvier, sous la direction de Matthew Halls, chef d’orchestre britannique, qui a récemment succédé à Helmuth Rilling, au poste de directeur artistique du Festival Bach de l’Oregon, révéleront Mozart l’interprète. Car ce brillant compositeur, qui vivait intensément et travaillait sans relâche, dirigeait ses propres compositions et s’illustrait comme soliste lors de ses concertos pour piano, éblouissant son auditoire.

Attendez-vous à être éblouis le soir du 14 janvier à 18h30, par le merveilleux pianiste italien de renommée internationale et grand spécialiste de Mozart, Benedetto Lupo; il jouera le Concerto pour piano No. 23, K. 488, et la Symphonie No. 31, K. 297/300a, surnommée Paris, une œuvre composée à l’âge de 22 ans par Mozart, alors qu’il séjournait dans la Ville lumière.

Le soir du 15, à 20 heures, nous aurons le plaisir d’entendre la Serenata notturna No.6 K 239, ainsi que la Sonate No. 15 en do majeur pour orgue et cordes. Aux côtés de Benedetto Lupo, on retrouvera l’organiste du TSO Patricia Krueger, ainsi que le maître de concert et violoniste de talent Jonathan Crow.

Mozart et les liens familiaux

Le samedi 17 janvier à 19h30 et le dimanche 18 janvier à 15h00, nous découvrirons cette fois, le cercle familial de Mozart à travers deux concertos splendides signés par le père de Mozart, Léopold, qui était aussi compositeur, mais surtout connu comme professeur de violon. C’est d’ailleurs Léopold qui a enseigné à Mozart (il n’est jamais allé à l’école), l’allemand, sa langue maternelle, l’anglais, le français, le latin, l’italien, la géographie, les sciences, les mathématiques, l’histoire et la musique!!

Deux des principaux musiciens du TSO, Andrew McCandless (trompette) et Gordon Wolfe (trombone), seront les solistes du concerto pour trombone alto, et du concerto pour trompette en ré majeur. D’autres surprises mozartiennes nous attendent lors de ces concerts du weekend.

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Grande Messe de Mozart

Mozart@259Festival se terminera en beauté, les 22, 24 et 25 janvier, avec la Grande Messe en do mineur, composée avec ferveur par Mozart en 1782. Bien qu’inachevée (il y manque l’Agnus Dei et certaines sections du Sanctus et du Credo), cette œuvre lyrique et spirituelle se place au sommet de l’œuvre de musique sacrée du compositeur. (Il existe aujourd’hui des reconstitutions modernes achevées.)

Des extraits d’opéras comiques, peu connus et également inachevés de Mozart, Zaïde (1780) et Lo sposo deluso (1783) ont été ajoutés au programme du concert de la Grande Messe.

De brillants solistes canadiens et québécois et deux chœurs magnifiques se joindront aux musiciens de l’Orchestre symphonique de Toronto, dirigé pour l’occasion par Paul Goodwin.

Hélène Guilmette

On retrouvera la soprano au timbre lumineux Hélène Guilmette, la mezzo-soprano à la voix veloutée Julie Boulianne, les jeunes ténors aux voix solaires et aux carrières montantes, Jean-Phillipe Fortier-Lazure et John Tessier, le magnifique baryton-basse Gordon Bintner, ainsi que les Elmer Iseler Singers et l’Amadeus Choir.

«Nous allons vivre des instants de bonheur», confie la soprano québécoise Hélène Guilmette qui, après avoir chanté Les Dialogues Des Carmélites de Poulenc avec la Canadian Opera Company de Toronto en 2013, se produit pour la première fois avec le TSO.

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«Poulenc et Mozart sont mes compositeurs favoris. Ils se rejoignent par la bonté, la générosité, la grande humanité qui se dégage de leur musique. J’ai très souvent chanté la Grande Messe de Mozart en Europe et en Amérique du Sud, et même une version achevée, celle du musicologue et pianiste américain Robert D. Levin. Lorsque je chante ma partition solo Et Incarnatus Est, je la chante différemment à chaque fois, parce que je grandis, je mûris et j’y ajoute mon vécu de femme, mon expérience.»

«On ne s’ennuie jamais à chanter du Mozart», poursuit-elle. «Il y a de la force, de la fraîcheur, du drame, de l’humour, un peu de folie, c’est savoureux et c’est bon pour la santé vocale. J’éprouve un réel bonheur et du bien-être lorsque je le chante! Et puis, sa messe déborde de musicalité, et il y a ce jeu de voix fabuleux entre les solistes, c’est une pure merveille!»

Jean-Philippe Fortier-Lazure

Quant au ténor Jean-Philippe Fortier-Lazure, originaire de Kitchener-Waterloo, qui vient d’être accepté au sein de l’Ensemble Studio de la Canadian Opera Company, ce sera aussi une grande première avec les musiciens du TSO.

Il avoue que chanter Mozart demeure une expérience sublime. «C’est de la très belle musique. Elle est magique et pleine de couleurs. C’est frais, c’est beau, c’est d’une clarté et d’une pureté inimaginable. Le génie de Mozart réside dans la structure de ces œuvres. Elles paraissent d’une grande simplicité, et c’est ce qui séduit l’auditoire, mais lorsqu’on chante ces opéras, on reconnaît la difficulté du phrasé et la façon de déclamer devient très importante, parce que ce qui sort de la bouche de ses personnages, ce qu’ils ressentent ou ce qu’ils désirent, passent par la musique.»

«Lorsque je chante du Mozart», confie-t-il, «je ressens mille émotions, parce qu’il a cette capacité à toucher le cœur, à créer une musique qui nous atteint au plus profond. Je suis ravi de chanter les extraits de Zaide et Lo Sposo Deluso, des opéras peu connus, mais qui témoigne d’une maîtrise musicale hors du commun. Ce sera formidable!»

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www.tso.ca

Auteur

  • Janine Messadié

    Communicatrice d'une grande polyvalence. 30 ans de journalisme et de présence sur les ondes de Radio-Canada et diverses stations privées de radio et de télévision du Québec et de l’Ontario français. Écrit depuis toujours...

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