Elisapie, une déesse du Grand Nord

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Elisapie était à Toronto vendredi pour la première torontoise de La légende de Sarila, un dessin animé présenté au TIFF Kids dont elle a composé la musique, en anglais et en français, et où elle prête sa voix au personnage de la déesse Sedna. Dans les locaux du Tiff Bell LightBox, Elisapie nous a parlé un peu plus de son implication dans ce projet qui retrace les aventures de jeunes Inuits dans le Grand Nord.

Avant de composer la musique de La légende de Sarila, Elisapie avait eu l’occasion de voir quelques images des personnages et des scènes du dessin animé.

Une grande pression

«J’avais le goût que ce soit très positif parce que c’est pour des enfants. Je me suis mise dans la tête de ces jeunes dans le film, qui doivent vivre des défis et même si c’est dur ce qui leur arrive, c’est aussi nos valeurs», dit-elle.

À partir des dessins, de son imagination et de quelques accords de guitare, Elisapie est parvenue à livrer la marchandise et reconnait qu’elle n’avait jamais été autant sous pression.

«Je me vois comme un artiste qui fait des trucs très personnels et la plupart du temps je ne suis pas opportuniste, sinon je virerai folle. Je me tanne très vite! Mais pour ce projet c’était un oui direct!», explique-t-elle.

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Le récit, qui nous embarque dans l’aventure que vivent de jeunes Inuits, dévoile au public des valeurs et des aspects de la culture du Grand Nord que la plupart des urbains ne connaissent pas. Ce côté du projet a également séduit la chanteuse, qui a sorti Travelling Love, en novembre dernier.

Du respect

«J’ai tout de suite eu un très bon feeling avec les producteurs et la réalisatrice. C’était un film respectueux, sincère, trippant et en plus c’était pour les enfants. Quand j’ai vu le film, j’ai adoré ça. J’aime vraiment ce film, j’embarque», indique-t-elle tout sourire. «Il faut comprendre que les Inuits rêvent beaucoup, ils aiment les choses nouvelles, même si c’est exagéré. On est vraiment un bon public, surtout si c’est fait avec du recul. Ça nous fait sortir de nos traditions. Le film aurait été vraiment différent s’il avait été réalisé par un Inuit.»

Une anecdote reste assez surprenante dans la genèse du film. Elisapie n’a pas eu à jouer la conseillère pour le film, parce qu’il respectait bien la culture inuit et qu’elle ne pensait pas devoir corriger quoi que ce soit. Mais alors que le projet avançait, on lui a rappelé qu’il y a de ça huit ans, au tout début de la réflexion, les producteurs l’avaient déjà rencontrée, quand elle travaillait à l’Office national du film, pour lui demander son avis sur certains points du récit!

Aucune fausse note n’est donc à souligner et les jeunes torontois pourront encore cette semaine découvrir La légende de Sarila et comprendre un peu mieux leurs camarades du Grand Nord.

Éduquer le Sud

«C’est normal qu’ils soient curieux. On veut aussi les éduquer, mais avec un beau film et des valeurs traditionnelles. On peut peut-être influencer les gens du Sud, parce que les gens ici n’ont plus ces valeurs communautaires. Dans le film on voit que les jeunes ont des valeurs différentes, qu’ils vivent près de la nature», avance Elisapie, qui ne veut pas non plus jouer le rôle de l’activiste, ni de la politicienne. «C’est important de faire les choses de manière très douce. Moi je suis plutôt là pour contrebalancer!»

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Loin de vouloir faire du prosélytisme, Elisapie ne souhaite pas avoir l’étiquette Inuit collée dans la face. «Je suis une chanteuse épanouie, ouverte, j’ai des choses à dire, mais on peut aussi parler de musique, de cinéma. Ça va peut-être venir un moment où je vais vouloir prendre la parole, mais pour l’instant je ne le fais pas», conclut-elle.

http://tiff.net/filmsandschedules/tiffkids/2013/2330009384

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