Élections: quatre semaines intenses en perspective

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Publié 13/09/2011 par François Bergeron

Les Progressistes-Conservateurs de Tim Hudak sont légèrement en avance dans les sondages et sont encouragés par la victoire de Stephen Harper aux dernières élections fédérales. Les Libéraux du premier ministre Dalton McGuinty sont en campagne depuis plusieurs mois et accumulent les appuis importants comme celui de l’environnementaliste David Suzuki. Les Néo-Démocrates d’Andrea Horwath profitent du courant de sympathie qui a suivi le décès de Jack Layton. Chacune des trois organisations a donc des raisons de croire pouvoir former le prochain gouvernement de l’Ontario au lendemain du scrutin du 6 octobre.


Les trois partis ont dévoilé leur programme au cours des derniers mois (les Libéraux la semaine dernière). Le «Changebook» des Conservateurs promet des baisses de taxes et d’impôts, mais très peu de réduction de dépenses (2 % dans tous les secteurs sauf la santé et l’éducation). En fait, Tim Hudak promet une importante augmentation des dépenses en santé – clin d’oeil à une clientèle vieillissante – et ne propose pas d’équilibrer le budget provincial avant 2017, le même échéancier que celui du gouvernement libéral.


Les Libéraux dénoncent ce programme qui comporte selon eux «un trou de 14 milliards $ qui se traduira par des coupures profondes qui menaceront notre économie, notre éducation et nos soins de santé». Selon les Conservateurs, c’est le programme libéral, au contraire, qui cache de futures hausses de taxes et d’impôts.


Dalton McGuinty reprend cet argument contre le programme du NPD qui, selon lui, comporte une «énorme hausse de la fiscalité de 9 milliards $ qui aurait des effets désastreux sur l’emploi».


Énergie propre


Bien que la santé et l’éducation représentent les deux principales activités du gouvernement provincial (75 % du budget), cette campagne électorale porte aussi sur l’énergie et l’environnement, en raison des investissements du gouvernement libéral dans les «énergies propres»: éoliennes, panneaux solaires et voitures électriques.


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PC et Néo-Démocrates font valoir que la facture d’électricité des consommateurs a explosé, en raison notamment des tarifs artificiels élevés garantis aux producteurs d’énergie propre. Dans ce débat, le mouvement environnementaliste s’est rangé en bloc derrière les Libéraux, malgré les dénégations d’Andrea Horwath, scandalisée d’être considérée aussi «polluante» que Tim Hudak.


Le premier ministre Dalton McGuinty fait campagne sur son bilan. «Notre système de santé est sur la bonne voie. Nous avons les temps d’attente en chirurgie les plus courts au Canada. Nos écoles sont les meilleures des pays anglophones, et, cette année, nous avons créé davantage d’emplois que le reste du Canada», résume-t-il.


Les Libéraux créeraient une nouvelle bourse d’études qui réduirait de 30 % le montant moyen des frais de scolarité des étudiants du premier cycle postsecondaire.


Ils veulent permettre aux personnes âgées de continuer à vivre dans leur domicile, grâce à un nouveau crédit d’impôt pour la santé à domicile et à la réintroduction des visites à domicile pour les aînés et les personnes fragiles.


Ils prétendent même être en mesure de réduire l’obésité chez les jeunes…


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Embauche d’immigrants


Commentateurs et politiciens conservateurs ont passé les premiers jours de la campagne à dénoncer la promesse libérale d’accorder un crédit d’impôt de 10 000 $ aux entreprises qui embaucheraient un professionnel immigrant, y voyant une forme de racisme à l’envers.


De son côté, Andrea Horwath promet de supprimer la TVH sur le chauffage domestique et l’électricité, et de la réduire sur l’essence. Le NPD propose aussi de contrôler les prix de l’essence et de l’électricité.


Les Néo-Démocrates souhaitent aussi «protéger les emplois par la réduction des impôts des petites entreprises et des entreprises qui investissent dans nos communautés». Cette idée a été attaquée dans le nord de la province par les Libéraux et les Conservateurs, qui estiment que de telles restrictions feraient fuir les compagnies minières et aggraveraient le chômage.


Par ailleurs, les Conservateurs accusent aussi les Libéraux de vouloir transformer le nord en «musée» en protégeant du développement un trop vaste territoire.


Face aux Libéraux au pouvoir depuis huit ans, Conservateurs et Néo-Démocrates se présentent comme les agents du «changement». Les Libéraux décrivent le changement proposé par leurs adversaires comme un «recul», principalement sur le front de l’énergie et de l’environnement, mais aussi face à une situation économique mondiale encore précaire.

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La Commission Drummond aura de l’influence

Malgré les promesses libérales de préserver la plupart des services publics et même de dépenser davantage ici et là, le budget 2012 d’un gouvernement McGuinty qui aurait été réélu le 6 octobre 2011 pourrait être passablement différent du dernier budget.


C’est que la Commission chargée d’examiner la réforme du secteur parapublic, créée par le gouvernement et présidée par le banquier Don Drummond, aura alors déposé son rapport au ministre des Finances, «à temps pour que ses conclusions puissent guider la préparation du budget de 2012», indiquait-on dans un communiqué en juin dernier.


La Commission a toutefois spécifiquement le mandat de ne formuler «aucune recommandation qui entraînerait une hausse des impôts ou la privatisation dans les secteurs de la santé ou de l’éducation».


La plateforme électorale libérale rejette l’approche de «coupures générales arbitraires»: le fameux 2% des Conservateurs.


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On y indique toutefois que, «dans le but de proposer des réformes qui permettraient à l’Ontario de revenir à un budget équilibré» (…) «la Commission Drummond proposera des solutions visant à apporter des changements fondamentaux à la façon de faire du gouvernement», toujours «sans sacrifier les soins de santé ou l’éducation, et sans augmenter les impôts».


«Nous tenterons de conclure des partenariats avec des groupes du secteur public, des organisations à but non lucratif et le secteur privé pour trouver de nouvelles idées», mentionne encore le programme libéral.

* * *

Le programme du Parti libéral (Dalton McGuinty)
Le programme du Parti progressiste-conservateur (Tim Hudak)
Le programme du Nouveau Parti démocratique (Andrea Horwath)

Auteur

  • François Bergeron

    Rédacteur en chef de l-express.ca. Plus de 40 ans d'expérience en journalisme et en édition de médias papier et web, en français et en anglais. Formation en sciences-politiques. Intéressé à toute l'actualité et aux grands enjeux modernes.

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