Des voitures françaises de retour sur nos routes?

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Yves Bonnefont, le président de DS, nouvelle marque premium de Citroën née il y a à peine 100 jours, est affirmatif: l’Amérique du Nord fait partie de son plan stratégique. Il veut faire rouler la Divine, son nouveau concept, dans les 200 plus grandes villes du monde.

Pendant ce temps à Boucherville, sur la rive sud de Montréal, Jean Luc Monfort, président de Bathium, un fabricant de batteries pour véhicules électriques qui est une filiale du groupe français Bolloré, compte bien implanter en Amérique du Nord la «Bluecar» électrique dans les systèmes de partage tels Auto Share ou Car To Go.

Bolloré cible Toronto, puisque leur stratégie d’implantation s’inscrit au travers deux principaux critères: les villes de plus d’un million d’habitants et une volonté politique locale d’aménager une flotte de véhicules auto-partagés. En effet, ces services privés dépendent de partenariats avec les pouvoirs publics pour l’installation des infrastructures se stationnement et les bornes de chargement électrique.

En 2015, Indianapolis sera la première municipalité nord-américaine à choisir la voiture française.

Deux signaux

Ces deux signaux forts sonnent le retour des automobiles françaises au Canada après 30 longues années d’absence. 

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Ces véhicules avaient bel et bien des adeptes, mais les spécifications techniques nord-américaines, couplées aux faibles ventes, due à une stratégie marketing inadéquate, semblent avoir été les déclencheurs d’un retrait de ce marché dans les années 1970 et 80.

Pourtant, Renault, Peugeot et Citroën connaissent des succès dans le reste du monde…
À ce jour, en 2014, au Canada, 1 250 000 véhicules ont été vendus.

Le mois d’août a enregistré une augmentation record de 7,9% (source: Desrosiers). Les plus grandes marques américaines, japonaises et allemandes ont une croissance à deux chiffres au Canada. Et dans ce marché automobile en pleine forme et important, aucune marque française est dans la course… ni produite, ni importée.

Lorsqu’on observe l’ascension de marques asiatiques ces dernières années telle que la Coréenne Kia, qui avait relevé le défi de lancer ses modèles dans un marché mature en Amérique du Nord, on est en droit de se poser quelques questions.

Voitures française… japonaises

Dans le tableau des constructeurs français présents au Canada, on pourrait intégrer l’importation de la Toyota Yaris. La citadine nipponne, construite à Valenciennes dans le Nord de la France, est destinée à l’Europe mais aussi aux consommateurs canadiens.

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Si on analyse le capital de l’alliance Renault-Nissan, l’automobile Nissan serait quelque peu une voiture «tricolore» (Renault détient 43,4 % de Nissan). L’absence de Renault au Canada semblerait s’expliquer au travers de la stratégie internationale du groupe: l’Amérique du Nord à Nissan pour ces nouvelles voitures citadines, et Renault pour les marchés émergents.

Cette décision s’interpréterait par la volonté de Renault de ne pas «cannibaliser» les ventes de Nissan au Canada.
Sauf pour les véhicules électriques. Car Renault cherche à développer sa stratégie commerciale de véhicules auto-partage. Le groupe franco-japonais va investir dans la construction de la «Bluecar» de Bolloré, mais ça prendra une volonté locale à Toronto pour importer le modèle français, si et seulement si, toutes les conditions sont réunies.

Véhicules particuliers

Xavier Pietri, président de la Chambre de commerce française au Canada, estime que le «coût de redéploiement d’un réseau de distribution pour les constructeurs automobiles est important au Canada». Cette barrière financière est d’autant plus compliquée dans «un marché arrivé à maturité et extrêmement bien organisé».

Au Canada, le «leasing» fait partie de la culture du consommateur et la valeur de revente, par cette facilité d’achat, est étroitement lié au «branding» de la marque. Sans une notoriété affirmée, un modèle souffrirait sur ce marché compétitif.

Des avis sur cette reconquête…

Kamel Boukadjadja, concessionnaire d’automobiles Volkswagen et Chrysler pendant 35 ans et distributeur de motocycles, dont Peugeot, est formel: «les marques françaises ont toutes leurs chances dans un marché où la clientèle apprécie l’innovation».

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Le renouvellement de véhicules tous les 3 à 4 ans par les Canadiens seraient une opportunité que les constructeurs français devraient saisir pour offrir à nouveau leurs modèles.

Georges Dyke, président de Citroënvie, association regroupant, depuis plus de 30 ans, des passionnés de la marque, en a connu des annonces de retour au Canada. Il reste quelque peu sceptique sur le succès de la DS. Toutefois, il estime qu’à son arrivée, la Divine devrait séduire une clientèle recherchant à se différencier.

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