Des élèves de TSF découvrent les cicatrices des écoles résidentielles autochtones

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Ce vendredi 7 novembre, les classes ont été déplacées, pour quelques heures, au Centre culturel Woodland situé à Branford, à 90 minutes de voiture de Toronto.
Les élèves de 6e année de la Toronto French School y entamaient l’introduction à la littérature des Premières Nations, marquant le début d’un projet s’étalant sur six semaines.

Julia Mensink, coordinatrice du département d’anglais et responsable du curriculum des 6e et 7e années, voulait amener les élèves à mettre en contexte la culture des Premières Nations et leur expérience au Canada, à examiner comment se créent les structures sociales ainsi que leur évolution et enfin, leur repercution sur la vie des gens.

La discussion portait aussi sur le rascime et ses effets sur la société canadienne. Cette approche s’inscrit dans le cadre du «Programme d’éducation intermédiaire» mis en oeuvre à TFS.

L’étude du roman My Name is Seepeetza, de Shirley Sterling, sert de ligne directrice. C’est l’histoire personnelle d’une jeune pensionnaire des années 50 à Kalamak, en Colombie-Britannique, l’histoire personnelle de Mme Sterling.

Un roman qui permet aux élèves de découvrir les pensionnats autochtones ou écoles résidentielles, ces institutions de scolarisation, d’évangélisation et d’assimilation des enfants autochtones.

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Quelles interrogations viendraient des élèves? Vaste réflexion pour des adolescents nés ici ou venus d’ailleurs! Début de réponse ou de questionnement à Branford.
Écoles résidentielles, désorganisation sociale.

La visite a commencé par la projection d’un documentaire dans lequel des survivants des pensionnats témoignaient, racontant les conditions draconiennes de vie, les sévices, la solitude qui leur ont laissé des cicatrices et des traumatismes importants.

La séparation des parents a été le premier traumatisme puisque l’un des survivants y voit, comme conséquence, l’incapacité chez de nombreux anciens pensionnaires d’avoir une vie de famille.

La visite au musée a permis aux élèves de découvrir le commerce de fourrures, le conflit entre Anglais et Français par alliés amérindiens interposés.

L’école, bâtie en 1904, aura fait l’objet d’une attention soutenue, car on y découvre le réfectoire et la cuisine, la buanderie avec leurs équipements d’époque.

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Si la chambre à coucher des filles a été transformée en bibliothèque, celle des garçons est restée en l’état. On pouvait y voir les endroits où l’on infligeait des châtiments dissuasifs à ceux qui étaient tentés par l’aventure de la fuite ou ceux l’on surprenait parlant la langue amérindienne.

L’atelier répondait aux exigences d’une économie industrielle en croissance. En fait d’éducation, il y avait plus de travail manuel que de l’académique.

Ces pensionnats ont existé des années 1820 jusqu’en 1996 et laissé chez les Amérindiens des cicatrices indélébiles suite aux sévices physiques, sexuels et psychologiques.

Le Centre Culturel Woodland a été créé en 1972 sous la direction de l’Association des Iroquois et des Indiens alliés, après la fermeture de la «Mohawk Institute Residential School». Il a commencé par la collection et la recherche des objets d’art, puis à commencer à répondre aux besoins de bibliothèques et de musées et finalement, appuie, aujourd’hui, la diversité des artistes des Premières Nations.

Excuses et action

L’excursion à Branford s’est terminée par un atelier très interactif sur les «stéréotypes et le racisme».

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Les Amérindiens sont, à travers les films, les émissions télévisuelles, les romans ou les bandes dessinées et dans la production littéraire, dépeints tantôt comme primitifs, violents et sournois, tantôt comme passifs et soumis.  Les Amérindiens ont les mêmes aspirations que les peuples de la Terre et veulent préserver leur culture, a-t-elle conclu.

Durant les différentes étapes, les élèves ont posé des questions, se mettant sans doute à la place de «l’autre». L’exercice, à n’en point douter, crééra un débat dans les têtes!

C’est pourquoi il est sans doute temps de passer de la mentalité du «Civiliser l’Indien» (Lois sur les Indiens, 1820-1927) à «une relation basée sur la connaissance de notre histoire commune, sur un respect mutuel et sur le désir de progresser ensemble, avec la conviction renouvelée que des familles fortes, des communautés solides et des cultures et des traditions bien vivantes contribueront à bâtir un Canada fort pour chacun et chacune d’entre nous» comme l’a dit le premier ministre Stephen Harper le 11 juin 2008.

L’action permettra aux jeunes de se réconcilier avec l’histoire et de bâtir un avenir commun. Sinon, il y aura toujours des citoyens à part entière et des citoyens entièrement à part, ce qui confirmerait les propos du chef indien Sitting Bull selon lesquels: «les paroles des Blancs sont écrites sur l’eau».

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