Débats civilisés?

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Les partisans de Barack Obama disent s’inquiéter de la tournure qu’a pris le débat national américain sur la réforme de l’assurance-santé. Les Démocrates, malheureusement, foncent dans cette entreprise sans en considérer tous les tenants et les aboutissants, ce qui n’est pas très respectueux envers ceux qui proposent d’autres alternatives au système actuel.

À la tribune du Congrès, le président a été traité de «menteur» par un représentant républicain (quand il a dit que les immigrants illégaux ne profiteraient pas du futur système). C’est sans doute là l’accusation la plus commune en politique, dans tous les pays et à toutes les époques, et elle est souvent justifiée: Clinton au sujet de Lewinsky, Bush sur l’Irak, etc. Mais cela reste chez nous du langage «non-parlementaire». L’élu républicain s’est excusé, puis a nuancé ses excuses…

S’agissant de la réforme de la santé, Obama minimise, délibérément sans doute, l’impact des changements proposés et surtout les coûts qui y seront associés, mais on ne peut pas sérieusement parler de mensonges.

L’opposition, elle, se défend d’être à la solde des milieux de l’assurance et des secteurs de l’industrie de la santé qui se sentent menacés par le projet. Ce n’est pas nécessairement un mensonge: il y a parfois convergence entre des idées et des intérêts, sans que cela invalide les idées ou criminalise les intérêts.

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Des assemblées locales d’information ont viré à la foire d’insultes. Des protestataires brandissent des drapeaux soviétiques et des images d’Obama affublé d’une petite moustache hitlérienne. Les caricatures les plus charitables lui donnent les traits du Joker, l’ennemi de Batman.

Aussi scandaleux que cela puisse paraître, tout cela se compare encore favorablement au traitement qui a été réservé à George W. Bush. La différence ici est que Bush a mérité les souliers qu’on lui a lancés, les intentions sataniques qu’on lui a prêtées et le sang qu’on lui a colorié sur les mains.

Obama n’est même pas au pouvoir depuis un an. Le principal reproche qu’on peut lui adresser est de ne pas rompre assez rapidement avec les politiques de son prédécesseur, notamment sur l’Afghanistan. Même l’endettement effarant du gouvernement, qui passe pour la politique économique de cette administration, reste dans le sillage de l’endettement encouru sous l’administration précédente.

À quelques occasions, des gens sont venus armés à des événements publics auxquels participait le président. Sous George W. Bush, et en fait sous n’importe quel prédécesseur récent de Barack Obama, ces types menaçants auraient immédiatement été cernés et arrêtés, sinon abattus, par les services de sécurité, nonobstant le Deuxième Amendement!

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