Crise financière: les gouvernements n’ont plus de munitions

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Nos gouvernements sont à court de munitions pour garantir une certaine stabilité des marchés financiers et relancer nos économies.


En fait, la plupart des prévisions officielles sont trop optimistes, notamment en Europe où l’on mise toujours sur une croissance de 1 % malgré l’avalanche de mauvaises nouvelles venant de la zone euro.


Plusieurs pays sont donc en «déni total», avertit Marc St-Pierre, vice-président chez Fonds Dynamiques, ex-économiste de grandes banques canadiennes, qui était mercredi dernier le conférencier du premier déjeuner du Club canadien de Toronto à se tenir à l’extérieur de la Ville Reine.


L’événement, qui a rassemblé une soixantaine de personnes à l’hôtel Delta de Markham, était organisé conjointement par le Club et l’AFRY, l’Association des francophones de la région de York, qui a le vent dans les voiles en raison de la croissance démographique importante des villes se trouvant immédiatement au nord de Toronto.


Investir par secteur


M. St-Pierre s’intéressait principalement à la performance des marchés boursiers en ces temps difficiles.


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La mondialisation, dit-il, fait qu’on ne doit plus chercher à investir par pays ou par région, mais plutôt par secteur industriel ou commercial.


Il fait remarquer que c’est précisément quand les bourses sont en baisse (comme en 2008-2009) que les investisseurs achètent, pas quand elles atteignent un plateau (comme aujourd’hui?).


La majorité des épargnants ont toutefois le réflexe inverse: une baisse des marchés boursiers les incite à la prudence – ou même à se retirer du marché – tandis qu’une période de relative stabilité leur donne (indument?) confiance.


Nouveau plateau


Historiquement, les périodes où la croissance est presque nulle sont plus longues que les périodes de progrès ou de récession rapides.


Après la chute de 2009-2008 et la remontée de 2010-2011 (mais pas jusqu’au niveau de 2007), l’économie semble avoir atteint un nouveau plateau, malheureusement marqué par un chômage persistant.


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Les emplois perdus chez nous dans le secteur manufacturier, récupérés par la Chine et d’autres pays où la main d’oeuvre est beaucoup moins dispendieuse, ne reviendront pas. «Si votre travail peut être effectué ailleurs à des coûts beaucoup moindres, il le sera éventuellement», affirme M. St-Pierre. «C’est irréversible; il faut s’adapter.»


À cause de ce chômage et du plafonnement des salaires de ceux qui travaillent, la consommation (70 % de l’économie américaine,
 30 % de celle de la Chine) «ne peut plus servir de locomotive à la croissance».


Démocratie dysfonctionnelle


Malgré tout, les États-Unis seraient, sur papier, en meilleure position que l’Europe pour s’en sortir financièrement.


Le principal problème auquel les États-Unis font face, selon M. St-Pierre, en est un de dysfonctionnalité du système politique: les politiciens refusent de taxer davantage (parce que les contribuables s’y opposent) et refusent de couper dans les services publics (parce que les citoyens s’y opposent aussi). «Les Américains ne vont s’en sortir que s’ils y sont obligés», croit-il.


Entretemps – et, on l’a dit, ça pourrait être long – c’est l’incertitude qui règne.

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