Commentaires sur la crise grecque

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C’est Margaret Thatcher qui disait que «le problème avec le socialisme, c’est que l’argent des autres vient éventuellement à manquer». Le problème actuel de la Grèce et d’une partie de l’Europe vient de ce qu’ils en sont rendus à manquer d’«autres» tout court. La Grèce affiche l’un des taux de fertilité les plus bas au monde. En pratique, 100 grands-parents y ont 42 grands-enfants: l’arbre généalogique est inversé.
– Mark Steyn, Big Fat Greeks, and Weddings

Avec cette victoire, Tsipras rebrasse les cartes. Désormais, la discussion se fera à son rythme et à propos de ses thèmes, principalement celui d’un allègement de la dette de son pays. La pression est désormais sur la troïka. (…) Alexis Tsipras vient d’infliger à la chancelière allemande la plus grande défaite de son règne en matière de politique internationale. Qui a dit que la gauche ne pouvait pas gouverner?
– Gabriel Nadeau-Dubois, Alexis Tsipras est-il le meilleur politicien d’Europe?

À court terme, le monde carbure aux mots; à long terme, il carbure aux nombres. À Athènes, San Juan, Detroit, Sacramento, Springfield et, bien assez tôt, à Washington, les mathématiques sortent de leur torpeur et sont de mauvaise humeur. Le long terme est arrivé.
– Kevin D. Williamson, The Greeks Invented Mathematics, and Now It’s Bankrupting Them

La Grèce aurait dû être autorisée à faire faillite en 2010. La faillite est un élément normal de l’endettement, pas un événement catastrophique. «Pourquoi les contribuables des autres pays d’Europe devraient-ils payer pour votre extravagance?» Il y avait du vrai là-dedans en 2010. Plus maintenant. Nous avons été forcés d’emprunter. On nous a dit: «Faites-le pour nous tous», pour éviter la contagion.
– Alex Andreou, How Europe Played Greece

Je suppose qu’il y a quelque chose d’héroïque à «dire non à l’austérité». Il y a aussi quelque chose de ridicule. L’austérité n’est pas un choix, mais bien une condition. Soit on a l’argent pour se payer des choses, soit on ne l’a pas.
– Andrew Coyne, Greece at forefront of Europe’s game of chicken over debt

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Je ne peux pas penser à une dépression, nulle part, qui a été aussi délibérée et qui a eu des conséquences aussi catastrophiques. (…)  Presque toutes les sommes d’argent énormes qui ont été prêtées à la Grèce ne sont pas allées là. Elles ont remboursé les créditeurs privés, incluant des banques allemandes et françaises.
– Joseph Stiglitz, How I would vote in the Greek referendum

Les technocrates européens sont comme les médecins du Moyen-Âge qui insistaient pour saigner leurs patients – et quand le traitement rendait ces patients encore plus faibles, prescrivaient encore plus de saignées. (…) Le problème de dette de la Grèce reflète des emprunts irresponsables et des prêts irresponsables. Les Grecs ont déjà trop payé pour les péchés de leur gouvernement.
– Paul Krugman, Ending Greece’s Bleeding

Pourquoi la Grèce a-t-elle encore le septième budget militaire de la zone euro en proportion du nombre d’habitants? Pourquoi n’amende-t-on pas la Constitution pour en finir avec l’immunité fiscale totale accordée aux armateurs? Pourquoi un nouveau retraité sur deux avait moins de 61 ans en 2015? Et que les retraites grecques sont plus généreuses que les retraites allemandes?
– Pierre Duhamel, Grèce: une victoire à la Pyrrhus pour les opposants à l’austérité?

Au coeur du problème grec se trouve un gouvernement devenu trop gros, intrusif, dispendieux. Le gouvernement grec a dépensé près de la moitié du PIB l’an dernier, et cela représentait une diminution par rapport à sa moyenne depuis 2006. Les Grecs se plaignent de l’austérité, mais ils ne l’ont jamais pratiquée.
– Michael D. Tanner, Think Greece Can’t Happen Here? You’re Wrong

Le sondeur grec Public Issue a trouvé que 85% des 18 à 24 ans rejetaient le plan d’aide européen. Les Canadiens en ont eu un aperçu en 2012 quand les étudiants québécois ont protesté contre de modestes hausses des frais de scolarité, alors que le Québec profite de la péréquation canadienne. C’est le summum d’une culture du tout-m’est-dû.
– Anthony Furey, Canada must avoid Greek entitlement

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L’euro, tel qu’il existe actuellement, est un désastre économique. Et des millions de personnes en Grèce, Espagne et ailleurs en Europe en paient le prix.
– Timothy B. Lee, The euro was a big mistake, and Greece is paying the price

Accéder aux demandes de Syriza pourrait provoquer une contagion à l’Espagne, au Portugal et à d’autres pays qui pourraient croire qu’eux aussi peuvent éviter de faire des réformes et être secourus.
– The Wall Street Journal, Greek Suicide Watch

Le spectre inacceptable qui rôde derrière les négociations européennes est que, si la Grèce est évincée, la Russie ou même la Chine pourrait aider la Grèce en échange d’une tête de pont stratégique en Méditerrannée.
– John Browne, Geopolitics Will Trump Economics in Greece

Je ne suis plus certain que tous les créanciers – surtout en Allemagne – veulent encore un accord. Je vois des gens qui prônent sincèrement un Grexit, oubliant que ça occasionnerait des pertes de 87 milliards d’euros rien que pour l’Allemagne. Le consensus à Berlin serait que les Grecs ont décidé de se suicider économiquement.
– Wolfgang Münchau, A stealthy route to Grexit

Une dette n’est pas une garantie d’un plein remboursement futur. C’est un risque que les créanciers prennent, dans l’espoir d’être payés avec intérêts. Le mot clé ici est «risque». C’est comme ça que le capitalisme fonctionne. Qu’il ait fallu un gouvernement dont les bureaux sont ornés de portraits de Lénine, Engels et Guevara pour enseigner cette leçon à l’Allemagne est stupéfiant.
– Jim Edwards, Greece just taught a lesson about what capitalism really means

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La Grèce n’a pas échoué seule. Elle a été amenée à échouer. Les banques ont détruit le gouvernement grec et l’ont délibément poussé à un endettement excessif pour que les oligarchs et les multinationales profitent du chaos et de la misère.
– Chris Kanthan, Greece – What You Are Not Being Told by the Media

La plupart des réformes grecques ont été stoppées et certaines ont été renversées. Pour un parti censé représenter une rupture avec le passé, Syriza n’a même pas essayé de mettre fin à la corruption, l’évasion fiscale et le traitement de faveur des proches du pouvoir. C’est cette inaction, de même que l’incertitude créée par les ratés des négociations, qui a replongé la Grèce dans la récession et aggravé le chômage.
– Patrick Leblond, For Greece, voting no to euro would mean five years of austerity wasted

Les mauvais sentiments entre Athènes et la troïka (FMI, BCE et Commission européenne) ont fini par faire complètement déraper toute logique de compromis. (…) Espérons avant tout que de cette crise puisse sortir une Europe plus juste, moins comptable et moins néolibérale.
– Guy Taillefer, Un courageux pied de nez

Oui, la crise aurait pu, et dû, être réglée beaucoup plus tôt. (…) Mais tout ceci n’excuse en rien l’attitude du gouvernement Tsipras qui, héritier d’une situation difficile mais pas désespérée, l’a promptement transformée en impasse.
– Jean-Marie Colombani, Le Grec Tsipras et ses mythes

La Grèce a certainement trop emprunté, mais il est raisonnable de se demander pourquoi on leur a avancé ces fonds. La réponse est que les banquiers savaient qu’ils allaient être secourus. Le plus grand scandale, c’est que ces dettes ont été refilées aux gouvernements et aux institutions internationales, c’est-à-dire aux contribuables.
– Peter Foster, Why Greece’s soap opera is about to turn tragic

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Parce que la Grèce produit peu et exporte encore moins, sa population vit d’argent emprunté sans payer de taxes. Les banquiers et dirigeants qui ont prêté tant de milliards à la Grèce devraient être congédiés. (…) Se proclamant inventeurs de la démocratie, les Grecs ont été très mal servis par leurs politiciens incompétents et corrompus de droite et de gauche. La Grèce a besoin d’une révolution financière et sociale.
– Eric Margolis, The Grim Reaper Knocks On Greece’s Door

Les prochaines semaines seront fascinantes pour ceux d’entre nous qui n’habitent pas en Grèce et qui n’ont pas à faire face personnellement à la possibilité d’une catastrophe économique.
– Kevin Drum, Greece’s Big Fat No

On ne vit pas au-dessus de ses moyens durablement sans finir par en payer le prix. Mais l’essentiel est peut-être ailleurs. Qu’est-ce que la Grèce fait dans la zone euro? N’assistons-nous pas, en direct, à l’éclatement du mirage supranational qu’on cherche à faire avaler de force aux peuples depuis quelques décennies?
– Mathieu Bock-Côté, Référendum grec

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