Comment maintenir notre niveau de vie

Laurent Joly, chef de l’exploitation pour Deloitte Canada

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Publié 22/05/2012 par Annik Chalifour

Selon Laurent Joly, C.A., chef de l’exploitation pour Deloitte Canada, une série de huit mesures s’impose afin de faire face au défi financier incontournable du vieillissement constant de notre population, dont l’investissement dans l’éducation à l’entreprenariat et à la gestion du risque, la recherche et la technologie, l’immigration à potentiel économique, le lancement de nouveaux accords de libre-échange.

«Il faut absolument augmenter notre productivité, si on veut maintenir le niveau de vie canadien» a déclaré Laurent Joly à la tribune du Club canadien de Toronto, mardi 15 mai.

Alors que le Canada jouit d’une stabilité relative de l’économie depuis la récession de 2008, «nous continuons à tirer de l’arrière par rapport à beaucoup d’autres pays sur le plan de la productivité, l’un des moteurs les plus importants de la prospérité», a soutenu M. Joly.

La solidité financière du pays dépend de notre capacité à pouvoir résoudre le problème de productivité du Canada qui se trouve directement lié au vieillissement croissant de la population de réitérer le conférencier.

23% de la population canadienne actuelle est âgée de 65 ans et plus; dans 10 ans, un Canadien sur trois sera sexagénaire; dans 25 ans, 47% des Canadiens feront partie des aînés, a-t-il cité.

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Investir en R&D

Plusieurs facteurs expliquent notre faible niveau de productivité selon M. Joly. Par exemple, «l’aversion pour le risque est particulièrement marquée dans certaines entreprises canadiennes qui sont beaucoup moins susceptibles de prendre des risques que les entreprises américaines», d’indiquer M. Joly.

Bien que le Canada investisse massivement dans des mesures incitatives visant à favoriser la recherche et le développement (R&D), «les dépenses du secteur privé en R&D demeurent très faibles.»

«Plus de 90% de ces mesures prennent la forme de crédits d’impôt ou de subventions, auxquels certaines entreprises ont du mal à accéder. De plus, le nombre de demandes de brevets et les efforts de commercialisation restent aussi très faibles», d’ajouter le conférencier.

Ainsi faudrait-il, selon M. Joly, «encourager une meilleure collaboration entre les entreprises et les instituts de recherche, harmoniser les mesures incitatives avec les besoins des entreprises de tailles différentes au cours des diverses phases de leur cycle d’innovation.»

«En plus de faciliter l’accès aux fonds et aux services gouvernementaux pour permettre aux gestionnaires de consacrer leurs ressources et leur temps précieux à la gestion de leur entreprise.»

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Faciliter l’accès aux capitaux

Alors que nos jeunes entreprises novatrices pourraient stimuler la productivité, «l’accès à des capitaux de lancements suffisants demeure un défi fondamental pour nombre d’entre elles», a souligné M. Joly.

«Le secteur canadien du capital accuse du retard par rapport à celui des États-Unis et limite la capacité des jeunes entreprises canadiennes à atteindre leur plein potentiel.»

Par ailleurs, les stocks liés au matériel de communication sont particulièrement bas au Canada, a rappelé M. Joly, «n’atteignant que 34% du niveau américain.»

Un dollar canadien fort et des modifications fiscales ont réduit le coût réel du matériel et de l’outillage, «mais les entreprises n’ont pas encore augmenté leurs investissements dans ces secteurs.»

«Sans oublier d’explorer des nouveaux mécanismes pour soutenir la croissance dans le bassin de capital à risque et se doter de gens compétents en matière de financement des jeunes entreprises.»

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Prendre place sur les marchés émergents

Selon Laurent Joly, la capacité du Canada à conclure des accords de libre-échange reste limitée à notre détriment, entre autres par les politiques protectionnistes et les restrictions provinciales imposées au commerce.

«Le niveau élevé du fardeau réglementaire du Canada par rapport à d’autres pays de l’OCDE et l’échec d’une récente tentative d’acquisition donnent l’impression que notre pays est fermé aux investissements directs à l’étranger.»

La croissance de nos investissements à l’international de 1994 à 2009 se trouve dans le quartile inférieur de l’OCDE, a rappelé le conférencier.

«Il faut étudier ce qui se passe au-delà du marché canadien dans le but d’établir une présence importante auprès des marchés émergents, sans oublier de réexaminer nos politiques actuelles de commerce interprovinciales souvent nuisibles à notre avancée.»

Miser sur les immigrants spécialisés

«Nous avons besoin de beaucoup plus d’ingénieurs, de scientifiques et de gens d’affaires», a fait remarquer M. Joly. «Nos universités canadiennes doivent être incitées à former davantage d’étudiants dans ces domaines essentiels à notre rayonnement économique de même qu’à offrir des cours d’introduction à l’entreprenariat dans tous les programmes.»

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Par ailleurs les titres de compétence des nouveaux immigrants ne sont souvent pas reconnus, bien que ceux-ci aient été acceptés sur la base de ces compétences. «Par conséquent les immigrants instruits occupent des postes médiocres et gagnent des revenus moyens inférieurs à ceux de leurs homologues», d’expliquer M. Joly.

À cet effet le conférencier a suggéré de simplifier le processus d’acceptation des immigrants de la catégorie économique ayant des compétences très recherchées.

Auteur

  • Annik Chalifour

    Chroniqueuse et journaliste à l-express.ca depuis 2008. Plusieurs reportages réalisés en Haïti sur le tourisme solidaire en appui à l’économie locale durable. Plus de 20 ans d'œuvre humanitaire. Formation de juriste.

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