Comité français de la Ville: les six membres sont désignés mais ne se connaissent pas encore

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C’est ce vendredi qu’on devrait connaître la date, en mai, de la première réunion du nouveau Comité consultatif francophone de la Ville de Toronto et sa composition, mais L’Express sait déjà de sources sûre que Gilles Marchildon, le président de l’ACFO Toronto, le lobby politique des francophones de la ville-reine, en fera partie.

On pense aussi que la Ville, en la personne du conseiller Peter Milczyn qui préside le Comité, a invité des représentants du Centre francophone de Toronto, des Centres d’accueil Héritage, du Théâtre français de Toronto, du Club canadien et d’un autre organisme à y siéger.

On se souviendra que le Comité, qui existait depuis 30 ans, avait été aboli dans les premiers mois de l’administration du maire Rob Ford en même temps que plusieurs autres comités consultatifs.

Suite à des démarches, justement, de l’ACFO-Toronto, le Conseil municipal a voté l’automne dernier pour le reconstituer, avec le mandat d’assurer une liaison avec la francophonie torontoise et avec l’Association française des municipalités de l’Ontario.

Puisqu’il s’agit d’un sous-comité du Conseil de Ville, le Comité français n’aura le temps de se réunir que deux ou trois fois avant d’être dissous suite aux élections du 27 octobre. Les nouveaux élus devront à nouveau décider en 2015 de le reconstituer et d’y réinviter des membres.

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Pétition

Cette façon de procéder manque cependant de transparence et n’est pas très démocratique, selon CFVT.org, un groupe de francophones animé par le comédien Thomas Gallezot, qui, depuis la semaine dernière, fait circuler sur les réseaux sociaux une pétition exprimant leur insatisfaction face au Comité «sans moyen, sans idée et sans ambition qu’on nous prépare».

M. Gallezot, un Français qui a obtenu sa citoyenneté canadienne il y a cinq mois, est agent de développement du public au Théâtre français et siège aux conseils d’administration de l’ACFO-Toronto et du Centre francophone.

Lors du dernier Salon du livre de Toronto, en décembre, il avait organisé une réunion pour discuter de la composition et du mandat du Comité consultatif que la Ville voulait relancer.

Cette réunion a été suivie d’une autre, le 21 février, dans une salle de l’Hôtel de Ville, et à la diffusion de la pétition: www.change.org/fr/pétitions/ville-de-toronto-toronto-city-hall-nous-voulons-une-sélection-démocratique-ouverte-et-représentative-de-la-francophonie-torontoise.

Zéro transparence

CFVT.org critique le fait que la Ville ait reconstitué son comité français «sans débat public et sans consultation de la communauté francophone», et qu’«aucun des organismes sélectionnés ne sait qui d’autres a été approché».

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Le conseil d’administration de l’ACFO a tenu un vote pour élire son représentant (Gilles Marchildon) au Comité français de la Ville. «Toutefois, l’ACFO n’a pas jugé bon de consulter la communauté, voire même de l’informer ne serait-ce que par simple mention dans les médias sociaux», lit-on dans la pétition.

Le comité de Peter Milczyn a d’ailleurs invité directement certains organismes francophones par lettre, plutôt que de procéder, comme dans le passé, par la publication d’un appel de candidatures dans les médias, dont L’Express.

Le journal a tenté de recueillir les commentaires de M. Milczyn, mais son bureau indique qu’il n’en fera qu’après la première réunion du Comité.

Selon M. Gallezot, les conseils d’administration du CFT et du TfT n’ont jamais vu cette lettre ni validé leur représentation au Comité de la Ville; ce sont les directions qui ont pris la décision. Au Club canadien, toutefois, c’est bel et bien le CA qui a désigné le président Yannick Rose en réponse à l’invitation de la Ville.

«En conclusion, zéro transparence, zéro démocratie, zéro indépendance, ce Comité nouvelle mouture semble encore plus mal parti que l’ancien!», lit-on encore dans la pétition.

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Il est vrai que le bilan des 30 ans de l’ancien Comité français de l’Hôtel de Ville de Toronto est plutôt mince. Les services de traduction qu’il avait pu obtenir ont éventuellement été éliminés, la Ville n’annonçant en français que si des annonces sont aussi effectuées dans plusieurs autres langues.

Test de participation citoyenne

En entrevue à L’Express, Thomas Gallezot assure qu’il n’a rien contre l’ACFO-Toronto, «un groupe de pression qui peut parfois être efficace», ni contre le nouveau Comité français «fantoche» de la Ville, «qui pourrait lui aussi accomplir quelques bonnes choses».

Ce que déplore M. Gallezot, qui a été actif au Parti socialiste français et qui est maintenant membre du Nouveau Parti démocratique canadien, c’est que ni l’ACFO-Toronto ni le Comité de la Ville ne peuvent prétendre représenter la communauté francophone de Toronto.

M. Gallezot considère que sa pétition est un «test de l’investissement communautaire» des francophones de Toronto.

S’il recueille moins de 100 signatures au cours des prochains mois, il considérera que les Franco-Torontois ne sont pas réceptifs à de telles idées.

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Si, au contraire, la pétition montre un réel engouement pour l’implication citoyenne et la démocratie directe, il croit que les élus municipaux n’auront pas le choix que d’écouter les doléances des francophones.

* * *
D’autres articles sur ce sujet dans L’Express ces derniers mois:
6 mai: Un questionnaire sur la francophonie pour les candidats municipaux
11 février: Le Comité francophone de la Ville prend forme
4 février: Peter Milczyn nommé président du Comité français à Toronto
17 décembre: Les élus municipaux votent pour le retour du Comité français
10 décembre: Débats sur la composition d’un nouveau comité francophone de la Ville de Toronto
3 décembre: Un rassemblement pour discuter du comité français de l’Hôtel de Ville
26 novembre: Bientôt un nouveau comité français à l’Hôtel de Ville

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