Changer les perceptions de Sudbury

Le festival de murales et de musique Up Here du 16 au 18 août

À Up Here, tout passe par une application pour téléphone intelligent. Des lieux de spectacles hors du commun sont parfois annoncés quelques heures seulement avant la représentation. (Photo: Vanessa Tignanelli, Up Here)
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Le centre-ville de Sudbury, en Ontario, est de plus en plus reconnu pour ses murales. Depuis 2013, plus de 30 nouvelles œuvres d’art visuel sont apparues sur les murs des édifices grâce au festival Up Here, un festival d’art urbain et de musique émergente qui veut changer la perception que les gens ont de la ville minière.

Le festival Up Here 5 se déroulera du 16 au 18 août 2019 au centre-ville de Sudbury. Fondée en 2015, la célébration rassemble plusieurs muralistes, musiciens et artistes qui tentent de transformer le centre-ville de Sudbury en une galerie d’art et salle de concert.

Un dôme

Le public aura la chance de voir la création de nouvelles murales au centre-ville. Une douzaine de lieux sont prévus pour des prestations musicales, dont un dôme géodésique installé sur la rue Durham.

Une douzaine de groupes musicaux ont déjà été annoncés. Des formations telles qu’ESG de New York, Snotty Nose Rez Kids de la Colombie-Britannique, Milk & Bone de Montréal, Naya Ali, Pale Lips et bien d’autres artistes émergents. Parmi les artistes francophones: Police des mœurs, Xarah Dion, Charlotte Cardin et Hubert Lenoir.

Le cofondateur du festival et de l’organisme We Live Up Here, Christian Pelletier, assure qu’il y a des genres musicaux pour tout le monde, des activités et des lieux pour les spectacles qui sortent de l’ordinaire: «C’est très éclectique comme programmation. On veut que quand les gens vont d’une salle à une autre, qu’ils vivent toujours des moments incroyables, qu’ils ne s’en s’attendent pas. On sait, en connaissant les artistes, que ce sont ces expériences inoubliables qu’on va créer.»

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Patrick Watson à Up Here 2018. (Photo : Vanessa Tignanelli, Up Here)

Passer du gris aux couleurs

Une des motivations derrière le volet des murales du festival est de changer la perception que les gens de l’extérieur ont de Sudbury. Pour Christian Pelletier, elle n’était pas toujours plaisante à entendre.

«L’évènement apporte un œil de l’extérieur sur notre ville. Si on s’appelle Up Here, c’est parce que c’est pour les gens d’ici, pour que ça résonne dans notre communauté. Pendant longtemps, Sudbury a été stigmatisé comme étant la ville qui ressemble à la Lune, c’est mort, il n’y a rien qui se passe. Nous, on prouve le contraire en lançant le festival. On est cool nous aussi.»

La perception devait changer. Il a eu l’idée d’embellir le centre-ville afin de créer une atmosphère positive, vibrante et invitante pour le public. C’était son but de faire de Sudbury une capitale de l’art public au pays. C’est pourquoi, aujourd’hui, on voit une œuvre près de chaque coin dans le centre-ville.

Les rythmes entraînants sont contagieux à Up Here. Photo : Vanessa Tignanelli, Up Here)

Au-delà du centre-ville

Près de six ans plus tard, le public commence déjà à vivre la différence. «Les gens riaient de nous un petit peu, ils pensaient que notre idée était folle. Mais nous voici, au-delà de cinq ans plus tard, et on est rendu proche de notre but», affirme M. Pelletier.

Le projet continuera à grandir cet été: «On continue à créer des murales au centre-ville, mais on aimerait commencer à s’élargir pour vraiment entrer au cœur de certaines communautés autour du centre-ville», dévoile-t-il.

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«Quand tu fais une murale dans une plus petite communauté, comme le Moulin à Fleur, on voit un impact direct sur le monde. Ils sortent de chez eux, ils emmènent la limonade aux muralistes, ils les rencontrent et ils jasent avec eux. Donc, pour nous, c’est important d’avoir de l’art qui reflète nos histoires, notre vécu. C’est une idée à laquelle on songe.»

Ben Johnston, de Toronto, achève la création de sa murale Heart of Gold en 2018. (Photo: Wade Montpellier, Up Here)

Un festival qui grandit et fait grandir

Le festival a commencé avec des artistes provenant en majorité de la région, mais la variété des invités augmente chaque année. M. Pelletier constate que les publics extérieurs commencent d’ailleurs aussi à s’intéresser au contenu.

«Quand on analyse nos chiffres, en tourisme, on constate que la participation extérieure grandit chaque année. On a plus de gens de l’Abitibi qui viennent, des gens de Toronto, d’Ottawa, de Montréal et de partout dans le nord-est de l’Ontario. C’est devenu un rendez-vous culturel de plein de gens qui débarquent à Sudbury. C’est beau de voir ça grandir à ce niveau.»

Environ 25% des festivaliers viennent maintenant de l’extérieur de la ville. Le bouche-à-oreille est un des grands facteurs de l’augmentation. «Il y a plusieurs gens qui sont venus au festival une fois, soit comme artiste ou comme spectateur, mais qui partagent leur expérience avec leurs amis. Ils reviennent d’année en année avec plus d’amis qu’auparavant. L’art public voyage beaucoup, donc, à chaque fois qu’on affiche une murale en ligne, notre cercle s’agrandit rapidement.»

L’impact des touristes est majeur, non seulement pour le festival comme tel, mais pour la ville en général, selon M. Pelletier. Les hôtels, les restaurants, les transports locaux et les petites entreprises au centre-ville en bénéficient grandement tout au long de l’évènement. «On voyait un impact immédiat pour la ville entière. C’est plus que juste le festival qui en profite.»

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