Bisbille entre le CSDCCS et Viamonde à Hamilton

Nouvelle école secondaire

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Devant le refus du Conseil scolaire catholique Centre-Sud (CSDCCS) de partager une nouvelle école secondaire à Hamilton, le Conseil scolaire Viamonde propose au ministère de l’Éducation de l’Ontario de débloquer le financement pour la construction d’un nouveau bâtiment de 700 places (350 pour chaque conseil) sans attendre que le CSDCCS ait épuisé ses démarches politiques et judiciaires visant à obtenir sa propre école homogène.

Ce nouvel édifice, destiné à reloger les 200 élèves de l’actuelle école Georges-P.-Vanier de Viamonde et les 300 élèves de l’Académie catholique Mère-Teresa (ACMT), accueillerait son partenaire «lorsqu’il jugera bon d’y faire son entrée», suggérait le président de Viamonde, Jean-François L’Heureux, la semaine dernière. «Ainsi, les élèves ne seront pas pénalisés le temps que les poursuites devant les tribunaux connaissent leur dénouement.»

Le ministère de l’Éducation a déjà rejeté l’idée d’une école partagée entre Viamonde et le Hamilton-Wentworth Public District School Board, préférant une école partagée entre les deux conseils francophones.

#ActionACMT

Le CSDCCS, où on est persuadé de remplir facilement une nouvelle école autonome de 475 places, lançait la semaine dernière une campagne #ActionACMT en faveur du plein financement d’une nouvelle école secondaire catholique de langue française desservant les régions de Brantford, Brant-Haldimand, Simcoe, Norfolk et Hamilton-Wentworth.

C’est en novembre 2013 que le CSDCCS a pris la voie des tribunaux. Apparemment nullement impressionné, le ministère de l’Éducation a présenté en janvier dernier une offre de financement fondée sur un partenariat entre le CSDCCS et Viamonde.

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Viamonde s’est empressé d’accepter cette offre et fait circuler lui aussi une pétition en ligne. Jean-François L’Heureux affirme que «ce projet s’inscrira en directe ligne avec d’autres auxquels nous participons déjà avec grand succès».

Viamonde partage déjà son école secondaire Toronto-Ouest avec Saint-Frère-André du CSDCCS (un autre mariage forcé par le ministère en 2012 lorsque le Collège français de Viamonde débordait et que le CSDCCS réclamait une première école secondaire au centre-ville). À Sarnia, l’école secondaire Franco-Jeunesse de Viamonde est partagée avec Saint-François-Xavier du Conseil scolaire Providence. À Toronto, l’école élémentaire Charles-Sauriol, de Viamonde, est adjacente à une école catholique anglophone.

«Dans tous les cas», remarque M. L’Heureux, «le quotidien scolaire se vit dans l’harmonie et le respect des valeurs communes (…) le partage, la générosité, la tolérance, le respect des différences et l’inclusion. Nos écoles possèdent leurs espaces propres et partagent des zones communes sans jamais sentir qu’elles y perdent de leur culture et de leur autonomie.»

Un seul système?

Ce n’est pas l’avis de la présidente du CSDCCS, Mélinda Chartrand, qui souligne que le Conseil scolaire Viamonde et son association provinciale, l’ACÉPO, ont comme position officielle «d’éliminer le système scolaire catholique de langue française pour n’en faire qu’un seul conseil scolaire public». Leurs intérêts ne sont pas compatibles avec la mission des conseils scolaires catholiques, dit-elle.

«Est-il possible que la seule façon pour le Conseil scolaire Viamonde d’obtenir une école dans la région de Hamilton passe par l’établissement de partenariats avec d’autres conseils scolaires, car ils n’ont pas les effectifs requis pour construire une école ayant tous les locaux spécialisés?», demande Mme Chartrand.

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C’est devant les élèves de l’ACMT, les membres de leur communauté scolaire et de leur association provinciale, l’AFOCSC, que les porte-parole du mouvement #ActionACMT ont fait valoir que l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés et l’article 93 de la Loi constitutionnelle de 1867 exigent que les établissements physiques d’une école de la communauté catholique de langue française en Ontario soient véritablement équivalents aux établissements actuels et futurs de la majorité.

«Seule une école distincte et autonome saura satisfaire tant la population francophone catholique de la région que la Constitution», résume l’avocat du CSDCCS, Mark Power, un ancien élève de l’école Monseigneur-de-Charbonnel à Toronto qui était membre de la firme Heenan Blaikie avant de fonder son cabinet Juristes Power à Ottawa.

«Les conseillers scolaires du CSDCCS aimeraient bien comprendre pourquoi le ministère vient s’ingérer dans les plans quinquennaux du Conseil quand ceux-ci ne mentionnent aucunement la construction d’écoles en partenariat avec qui que ce soit», indique Mme Chartrand. Selon elle, le ministère «encourage» mais «ne force pas» le partenariat en vue de la construction de nouvelles écoles.

Besoins grandissants

«Pourquoi accepter une école de 350 élèves alors que les chiffres démontrent clairement que le CSDCCS devra ajouter des portatives pour satisfaire aux besoins des effectifs toujours grandissants?», mentionne Nancy Baverstock, présidente du Conseil d’école de l’ACMT.

Pour une autre membre du Conseil d’école, Joanne Bouchard, «plusieurs générations d’élèves ont fréquenté l’ACMT sans avoir accès à des installations adéquates. Il faut que cela cesse.»

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«Nous voulons des écoles équivalentes à celles de la majorité sans avoir besoin de partager nos établissements avec d’autres partenaires scolaires. Nous avons les nombres, donnez-nous notre école», résume Mélanie Morissette, présidente du Conseil de l’école élémentaire catholique Sainte-Marguerite-Bourgeoys à Brantford.

Le président de Viamonde se dit déçu du rejet, de la part du CSDCCS, de l’offre du ministère. «Il s’agit de la troisième fois en 20 ans que le CSDCCS fait avorter un projet d’école secondaire partagée à Hamilton», rappelle Jean-François L’Heureux.

Selon lui, si on avait donné suite au dernier projet, «les élèves des deux conseils scolaires évolueraient dans des locaux tout neufs depuis au moins trois ans».

«Nous estimons que le partage d’une école secondaire, qui pourrait accueillir un effectif de 700 élèves, constitue une excellente solution, bénéfique tant pour la population étudiante que pour la communauté.»

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