Bernard Dionne: LE monsieur contrebasse de Toronto

Quatre cordes et dix doigts en parfaite harmonie


29 mars 2011 à 14h31

Depuis 25 ans en Ontario, l’autodidacte de la basse et aujourd’hui enseignant a eu le temps de découvrir la culture franco-ontarienne et ses artistes. Il y a peu, il était encore le directeur de Rencontres en chansons, concept qui mettait à l’honneur les talents franco-ontariens d’hier à demain. Aujourd’hui, il a arrêté. Il reste professeur et s’occupe désormais de sa carrière, de sa musique et de son duo avec Samantha Clayton, sa nouvelle partenaire sur scène. L’Express a rencontré Bernard Dionne, en chansons, naturellement.

À 12 ans, quand il découvre la basse électrique, le jeune Bernard Dionne ne veut rien savoir de la guitare. Lui, ce sera la basse, un point c’est tout. Pour quelques dollars, il achète une basse et la cache sous son lit, pour ne pas que son père la voit. Il apprend tout seul, en écoutant du rock progressif, et les Beatles. «Paul McCartney est un très bon musicien», précise Bernard Dionne.

À ce moment, il est toujours à Québec. Il rentre au Cégep de musique à 18 ans et on lui présente une contrebasse. «La basse électrique ce n’était pas un instrument à l’époque!»

Là, il a appris l’archet, le classique et rencontre l’amour de sa vie. Elle s’appelle Jazz.

Prof de musique

La vie d’artiste, ça reste la vie d’artiste, Bernard choisit de suivre un cours en enseignement de la musique. Son premier poste l’emmènera à Ottawa. Il enseigne la musique, trouve cela dur, la jeunesse n’a que peu d’attention pour le classique on dirait… Puis ce sera Penetanguishene. Et enfin Toronto.

Sa contrebasse l’accompagne partout. Il découvre la culture franco-ontarienne, ses artistes et commence à jouer avec eux. Il avait déjà participé à La nuit sur l’étang, à Sudbury, rencontré les Chuck Labelle, Paul Demers et Robert Paquette. Il avait même enregistré pour la première fois sur CD.

À Toronto, il joue pour le Théâtre français de Toronto et le chroniqueur musical Dominique Denis lui présente Philippe Flahaut, guitariste blues, qu’il accompagne depuis 2003. En 2005, Bernard Dionne décide d’apporter sa pierre à l’édifice qu’est la communauté francophone et lance Rencontres en Chanson.

L’organisme doit promouvoir et faire connaître les artistes franco-ontariens, répondre à un manque, et proposer de la musique en français à Toronto. Les subventions arrivent et il fait jouer son ami Philippe Flahaut, Tricia Foster, Amélie Lefebvre, Damien Robitaille ou encore Joanna Moon. Pour plusieurs, il est l’un des tout premiers à leur donner leur chance.

On a vite fait le tour

Mais tout cela demande un travail monstre, de recherche, d’organisation, de publicité. Et le temps, il le prend sur son temps libre, son temps de musicien. Pendant presque cinq ans, il ne joue plus et fait jouer les autres. Son histoire marche bien, mais ne décolle jamais vraiment malgré tout ses efforts.

«La force de Rencontres en chanson, c’était aussi son talon d’Achille. Ça a fonctionné au niveau de la musique, mais je me suis découragé de voir que ça ne grandissait pas», explique Bernard Dionne.

Son talon d’Achille, il en parle sans amertume, et il s’agit du manque d’artistes franco-ontariens et du manque d’intérêt que portent les Torontois pour la musique en français. Tout simplement, après cinq ans, il avait fait le tour de tous les artistes franco-ontariens qui peuvent donner un spectacle professionnel.

«J’étais amer. Je ne comprenais pas pourquoi les gens n’étaient pas intéressés. Le marché francophone est limité.» Alors, après cinq ans de labeur, Bernard Dionne choisit de raccrocher le tablier et de se concentrer sur sa musique, également poussé par sa rencontre avec Samantha Clayton, une chanteuse anglophone à la voix magnifique.

«C’est un encouragement mutuel, réciproque. Elle n’a pas peur d’essayer de nouvelles choses. C’est un retour aux sources pour moi, une redécouverte de ce que je suis, j’aime. J’ai recommencé à pratiquer. Je m’améliore encore, je deviens meilleur, et plus tu es bon plus tu aimes.» Un cercle vertueux en quelque sorte.

Aujourd’hui, Bernard joue deux à trois fois par semaine avec des amis et parvient à faire l’équilibre entre ses cours et sa passion. Il a relancé son trio jazz torontois avec Paul Lamoureux et Marc Auguste et joue avec Samantha Clayton. Il a participé en juillet dernier à la fête de la musique à l’Alliance française et cette expérience reste gravée dans son esprit comme l’une de ses meilleures sur scène.

Découvertes pour le public

La scène le motive, le côté pédagogique aussi: faire découvrir au public de nouvelles voies musicales. Son duo avec Samantha a de beaux jours devant lui. En voix et contrebasse, ils revisitent à deux plusieurs grands classiques jazz mais aussi d’autres chansons plus populaires, comme du Michael Jackson ou encore la chanson Stand By Me, avec sa ligne de basse si caractéristique. Bernard Dionne profite de la vie aujourd’hui. Il joue le plus qu’il peut et avec le plus de gens possible. Il peut jouer tous les jours et ne s’en prive pas, et lorsqu’il ne joue pas, vous pouvez le trouver monter sur son vélo, ou devant un bon DVD de musique.

En effet, à part la musique en vrai, Bernard Dionne aime la musique sur écran. Un peu par défaut il faut bien l’avouer. «En concert, les grands groupes, ça coûte des 300 dollars. Alors que pour 30 dollars, je peux les avoir en gros plan, en stéréo dans mon canapé!»

Dans sa collection, des classiques, comme les Quatre saisons de Vivaldi, du jazz, du Steely Dan ou encore du Jimi Hendrix. De quoi passer de belles soirées au retour d’une ballade à vélo. Et ça tient toujours moins de place dans le salon qu’une contrebasse.

En concert le 3 avril, de 13 à 15 heures au Merchants of Green Coffee, 2 rue Matilda. Quartier Broadview et Queen Est.

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