André Poulin a recruté cinq Torontois pour l’État islamique

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André Poulin, un homme originaire de Timmins, dans le nord de l’Ontario, a convaincu cinq Torontois de le suivre en Syrie, puis de se mêler au groupe armé État Islamique (EI), selon une enquête exclusive de Radio-Canada.

Le jeune homme dans la vingtaine, qui s’était converti à l’islam, est mort après avoir participé à une attaque contre un aéroport contrôlé par le régime syrien en août 2013.

André Poulin, aussi connu sous le nom de Abu Muslim, avait notamment recruté Mohammed Ali, originaire de Mississauga en Ontario, qui serait présentement en Syrie.

Des experts qui surveillent attentivement ce type de groupe croient qu’il s’agit du deuxième voyage de Mohammed Ali en Syrie, qui se fait aussi appeler Abu Turaab.

Ils croient qu’il aurait été blessé lors de combats et serait revenu au Canada pour profiter des soins de santé avant de repartir.

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Selon une enquête de la CBC, le père de Mohammed Ali avait demandé à un imam de parler à son fils, mais celui-ci était déterminé à rejoindre les rangs du groupe armé État Islamique.

Amis sur les réseaux sociaux

Abu Turaab et André Poulin étaient amis depuis 2009 sur un forum en ligne appelé Ummah.com. André Poulin a même conseillé à son nouvel ami d’économiser avant de se rendre en Syrie et même de demander un prêt de 100 000 $ à la banque.

En apprenant la mort d’André Poulin, Turaab a écrit sur Twitter: «Abu Muslim Al-Kanadi [le Canadien]. Je ne serai pas ici aujourd’hui sans lui. Qu’Allah l’accueille. Amen.»

Les tweets d’Abu Turaab sont si extrêmes que Twitter a fermé son compte à plusieurs reprises. Il a émis des menaces à l’endroit du Canada, louangé les attaques perpétrées cet automne à Ottawa et à Saint-Jean-sur-Richelieu, au Québec, et fait la promotion de la décapitation d’otages étrangers par l’EI.

Nouvelles recrues à Toronto

Puis en juillet 2014, le message suivant a été partagé: «Nous sommes les amis d’Omar Abu Muslim [André Poulin] au Canada. Nous sommes présentement en Turquie et nous voulons savoir comment nous rendre en Syrie pour joindre l’EI.»

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Dans ce message, Abu Turaab mentionne les noms de quatre nouveaux amis. CBC a appris qu’ils sont tous dans la vingtaine et viennent du même quartier de l’est de Toronto.

Nés au Canada, leurs parents ont émigré du Bangladesh pour leur offrir une meilleure vie. Les quatre jeunes hommes ont passé leur enfance à participer aux activités communautaires d’une des nombreuses mosquées du quartier.

Leurs vies ont changé après la venue d’André Poulin en 2011, qui est rapidement devenue leur imam et leur confident. Selon des sources de la CBC, le groupe se rencontrait une à deux fois par semaine pendant un temps.

À la fin 2012, les quatres jeunes hommes ont disparus sans laisser de traces après avoir acheté des billets d’avion pour le Moyen-Orient.

Des parents paniqués

Leurs familles, inquiètes, ont signalé leur disparition à la police de Toronto. Ils ont rapidement été interrogés par une équipe de la Gendarmerie royale du Canada chargée de la sécurité nationale.

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Le père d’un des jeunes, Abdul Malik, affirme que son fils a appelé à la maison quelques fois, pour dire «qu’il était en sécurité et au Liban, pas encore en Syrie».

En février 2013, voyant l’urgence de la situation, les pères de deux des jeunes Torontois se rendent au Liban pour convaincre le groupe de rentrer à la maison.

Ils sont rentrés, mais André Poulin a décidé de rester au Moyen-Orient.

Il allait rapidement entrer en Syrie et joindre les rangs islamistes pour faire tomber le régime de Bachar Al-Assad.

«Agités et isolés»

À leur retour au Canada, les Torontois d’origine ont été interrogés à plusieurs reprises par des agents de la GRC et du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

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Selon leur famille, ils étaient «agités et isolés» au cours des mois suivant leur retour. Un an plus tard, trois des quatre amis sont disparus de nouveau, sans avertissement.

Cette fois-ci, il n’y a pas eu d’appels à la famille et il n’est pas clair s’ils sont encore en vie.

Les familles d’Abdul Malik et de Tabirul Hasib croient qu’ils ont subi un «lavage de cerveau» et ne savent pas à quel point André Poulin les a influencé.

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