Allégations d’abus de confiance contre l’ex-bras droit de Dalton McGuinty

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Une nouvelle tuile pour la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, qui tente de se détacher du scandale des centrales au gaz légué par son prédécesseur libéral, Dalton McGuinty: alors qu’il était en poste, l’ancien chef de cabinet de M. McGuinty, David Livingston, aurait selon la Police provinciale (PPO) donné à une tierce partie l’accès à 24 ordinateurs du bureau du premier ministre.

Cette tierce partie pourrait avoir effacé des disques durs des renseignements délicats sur l’annulation de deux projets de centrales électriques à Oakville et à Mississauga. Ces annulations, faites respectivement avant et durant la dernière campagne électorale en 2011, ont coûté plus de 1 milliard $ aux contribuables, selon la vérificatrice provinciale.

Les nouvelles allégations sont contenues dans une demande de perquisition déposée par la PPO plus tôt cette année. Cette demanda visait un entrepôt de Mississauga où les disques durs gouvernementaux avaient été placés. 

Dans un rapport accablant publié en juin dernier, la Commissaire à l’information de l’Ontario, Ann Cavoukian, avait qualifié l’effacement de courriels gouvernementaux de geste délibéré «pour ne rien laisser derrière eux» et de «pire violation du droit à l’information de l’histoire de la province».

L’ancien premier ministre a blâmé l’erreur humaine. «À aucun moment, je n’ai cautionné ou demandé la destruction de courriels ou de documents qui auraient dû être conservés», avait écrit l’été dernier M. McGuinty en réponse au rapport de Mme Cavoukian.

M. Livingston avait témoigné l’an dernier devant un comité à l’Assemblée législative qu’il n’était pas au courant des sommes en jeu dans l’annulation des deux projets de centrales au gaz. Aucun chef d’accusation n’a été déposé pour l’instant contre lui.

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Pour sa part, la première ministre Wynne a promis, jeudi, de «collaborer pleinement» avec la police dans son enquête. «Si ces allégations sont véritables, elles sont très inquiétantes. Ce n’est pas la façon dont le bureau du gouvernement devrait se conduire», a commenté la première ministre.

Mme Wynne, qui a succédé à Dalton McGuinty en janvier 2013, a ajouté que M. Livingston n’avait jamais travaillé pour elle. Elle a refusé de répondre aux questions des journalistes après sa brève allocution à Queen’s Park.

Ce nouveau développement survient alors que nombre d’observateurs s’attendent à ce que les libéraux minoritaires déclenchent des élections après le dépôt du budget ce printemps ou soient renversés alors par les partis d’opposition.

Le Nouveau Parti démocratique et le Parti progressiste-conservateur ont accusé les libéraux dans le passé d’avoir annulé les deux projets impopulaires de centrales pour sauver des sièges et d’avoir tenté de cacher le véritable coût de leur décision par la suite.

La porte-parole en matière d’énergie des conservateurs, Lisa McLeod, a qualifié la nouvelle de «grave» à l’Assemblée législative. La chef du NPD, Andrea Horwath, a dit trouver invraisemblable que Kathleen Wynne ignorait ce qui se passait dans le bureau du premier ministre. Elle n’a cependant pas écarté la possibilité de soutenir le prochain budget des libéraux malgré les allégations.

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