À Queen’s Park, Philippe Couillard plaide pour un fédéralisme coopératif

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Dans un discours prononcé lundi à Queen’s Park, le premier ministre québécois Philippe Couillard a plaidé en faveur d’un fédéralisme coopératif, dans lequel l’Ontario et le Québec joueraient un rôle de leaders qui serait bénéfique pour l’ensemble du Canada. Il a aussi salué les efforts de l’Ontario pour mitiger les changements climatiques, et a rappelé le caractère spécifique du Québec, qui, dit-il, «appelle un acte de reconnaissance à la fois fort et enthousiaste».

S’appuyant sur les dires de Jean Lesage et de John Robarts, qui ont dirigé respectivement le Québec et l’Ontario dans les années 60, M. Couillard a soutenu que «le gouvernement fédéral a non seulement la responsabilité, mais également l’obligation de tenir compte de nos caractéristiques communes et spécifiques dans l’élaboration de ses politiques».

À l’aube d’une élection fédérale, il est «essentiel», a-t-il dit, que les partis fédéraux annoncent leurs couleurs. «Nous devons tous travailler à l’établissement d’un fédéralisme dans lequel la coopération est une valeur partagée et réelle. Nous devons réaffirmer, comme l’ont fait Robarts et Lesage dans les années 60, que notre pays n’est pas un État unitaire, mais une fédération où les différences doivent être respectées.»

Affirmant que le Québec est une «société distincte qui a quitté les estrades pour reprendre sa place […] de leader au sein de la fédération canadienne», M. Couillard a ainsi demandé au Parti conservateur, au Parti libéral et au Nouveau Parti démocratique de se prononcer sur des enjeux comme le transfert canadien en matière de santé, le financement des infrastructures publiques et la péréquation. 

M. Couillard a aussi souligné dans son discours que les prochaines élections fédérales, prévues en octobre prochain, seront l’occasion pour le Québec de rappeler «que le caractère spécifique du Québec doit nécessairement être formellement reconnu», puisque cette reconnaissance «est le reflet d’une réalité évidente qui participe à la définition même du pays».

Mais en conférence de presse, il a précisé qu’il n’entend initier aucune démarche visant cette reconnaissance. Le Québec, dit-il, s’assurera toutefois que cette question soit sur la table, advenant que d’autres acteurs politiques veuillent rouvrir la Constitution, que ce soit pour aborder la réforme du Sénat ou des dossiers concernant les Premières nations.

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Dans son discours, Philippe Couillard a aussi abordé le thème de la francophonie canadienne. Les 600 000 francophones de l’Ontario célèbrent cette année 400 ans de présence française dans la province.

«Pour les francophones de l’Île-du-Prince-Édouard à la Colombie-Britannique, en passant par l’Ontario et naturellement le Québec, le français est plus qu’une langue. C’est aussi l’expression d’une culture qui nous définit ici et partout dans le monde», a-t-il affirmé.

Le premier ministre a aussi salué la multiplication des classes et des écoles d’immersion française au pays: 342 000 élèves suivent aujourd’hui de tels programmes, contre 23 000 en 1976, année où le Parti québécois a pris le pouvoir pour une première fois.

Selon M. Couillard, les autres gouvernements du Canada doivent cependant faire encore davantage en la matière, puisque «le rayonnement de la langue française, partout au Canada, est un élément essentiel à la prospérité économique, sociale, culturelle et politique du pays».

Bien qu’il se soit adressé à des députés essentiellement anglophones, le premier ministre du Québec a prononcé l’essentiel de son allocution en français.

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