20e Salon du livre de Toronto: un grand cru


11 décembre 2012 à 10h58

La 20e édition du Salon du livre de Toronto a pris fin samedi soir à la bibliothèque centrale, après quatre jours ponctués d’ateliers jeunesse et de rencontres littéraires autour de trois auteurs vedettes – Marie Laberge, Lawrence Hill, David Foenkinos. L’événement annuel était aussi un marché du livre, qu’ont fréquenté quelques milliers de visiteurs.

«En cette édition spéciale, nous voulions réitérer l’importance du Salon comme un moyen de réunir les gens – francophones et francophiles de partout – autour du livre. Le Salon du livre de Toronto se veut avant tout la fête du livre, des auteurs et des lecteurs, toutes générations et cultures confondues», a indiqué à L’Express le président Valéry Vlad.

L’ouverture, mercredi soir, s’est tenue en présence de Madeleine Meilleur, ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, des consuls de France et de Belgique à Toronto, du chef du Bureau du Québec et de plusieurs représentants d’organismes franco-torontois, dont l’Alliance française et nos deux conseils scolaires.

«La littérature est un élément essentiel à la vitalité culturelle francophone d’ici et d’ailleurs. Nous saluons le talent des auteurs francophones et l’appui des lecteurs de l’Ontario, de partout au pays et venus d’autres continents», a souligné Mme Meilleur.

Prix Christine-Dumitriu-van-Saaanen

C’est le roman L’enfant qui ne pleurait jamais, de Gilles Dubois, publié par les Éditions L’Interligne, qui a remporté le Prix Christine-Dumitriu-van-Saanen 2012 – du nom de la fondatrice du Salon du livre de Toronto, décédée en 2008 – qui récompense l’excellence littéraire en Ontario français.

Le roman raconte l’enfance tourmentée d’Antoine dans le Paris d’après-guerre. L’auteur d’origine française est arrivé au Canada à la fin des années 60 où il s’est épris du Nord. Il vit aujourd’hui à Alexandria, dans l’Est ontarien. En plus d’écrire des romans dédiés à la jeunesse, M. Dubois a aussi été enseignant.

Monia Mazigh (Miroirs et mirages) et Pierre Léon (Le mariage politiquement correct du Petit Chaperon Rouge, revu et réédité) étaient également en lice pour ce prix, qui a profondément divisé le jury, selon ce qu’on a laissé entendre.

Hommage à Guy Mignault et Marcel Arsenault

Cette année, le Salon du livre de Toronto a rendu un hommage surprise à deux personnalités de la culture franco-ontarienne: Guy Mignault, directeur du Théâtre français de Toronto – qui se trouvait à être l’animateur de la soirée d’ouverture – et feu Marcel Arsenault, gérant de la Librairie Champlain qui a dû fermer en 2009, la veille de ses 50 ans.

Guy Mignault «personnifie le lien entre l’écriture et l’art du théâtre francophone dans la Ville Reine», a dit Valéry Vlad.

Marcel Arsenault, lui, a tracé, durant 20 ans, des feux de position importants pour tous ceux qui aiment les livres dans le sud ontarien. «Son action a nourri plusieurs initiatives, dont le Salon du livre de Toronto et la Table de concertation sur le livre franco-ontarien visant une politique du livre et de la lecture dans l’Ontario français», selon Jean Malavoy, co-directeur du Salon.

Remplir nos bibliothèques scolaires

2000 élèves et leurs enseignants ont participé aux ateliers jeunesse présentés par des auteurs et des personnages de livres venus de l’Ontario et d’autres provinces. On a échangé sur les atouts des publications de nouveaux romans illustrés pour les jeunes: des ressources inestimables pour les bibliothèques des écoles de langue française et d’immersion. Les Éditions Scolastic, notamment, ont présenté les BD et romans récemment parus dans leur catalogue.

Renouer avec nos écrivains

Plusieurs soirées littéraires exceptionnelles, en compagnie de plumes francophones de partout au pays, ont permis au grand public d’échanger avec nos auteurs renommés dont Claude Guilmain, Éric Charlebois, Marc LeMyre, Herménégilde Chiasson pour n’en citer que quelques-uns.

On y a rencontré également quatre auteurs membres fondateurs du Salon du livre de Toronto: Pierre Léon, Cécile Cloutier, Marguerite Andersen, Hédi Bouraoui.

Découvrir des nouvelles ressources

Outre les échanges avec les «stars» du Salon, on pouvait aussi y faire des rencontres fortuites inusitées, comme ce qui m’est arrivé, vendredi 7 décembre. J’y ai fait la connaissance d’Aurélien Bonin au kiosque de la Fondation Azrieli (www.azrielifoundation.org).

À part son travail auprès de la Fondation, Aurélien est le fondateur du programme Tutorat de résilience. Originaire de France, il est arrivé à Toronto en 2007 avec une formation en philosophie, en allemand, et à l’enseignement en Europe.

«Une fois mes diplômes reconnus par l’Ordre des Enseignants de l’Ontario, j’ai commencé à me spécialiser dans l’enseignement aux enfants avec des besoins spéciaux, ce qui m’a amené à complètement repenser ma pratique enseignante et à réfléchir à l’étendue de l’impact qu’un enseignant pouvait avoir sur le développement d’un enfant», m’a-t-il expliqué.

Le Tutorat de résilience préconise un travail individuel personnalisé adapté au profil d’apprentissage de l’enfant conçu comme apprenant, mais aussi vu dans sa globalité, comme un individu pris à un moment particulier de son développement et en fonction des domaines dans lequel l’enfant a besoin d’aide.

http://www.resiliencetutoring.com/francais.html

À LIRE DANS L’EXPRESS: d’autres reportages sur le 20e Salon du livre de Toronto

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Voyager dans le temps avec les éditions Faton

Les éditions Faton offrent toute une gamme de revues relatives au domaine artistique qui sont toujours d'un grand intérêt. Elles sont toutes du même...
En lire plus...

17 février 2019 à 11h00

Bêtise et petitesse de l’être humain

L’innocent
Les scandales pédophiles au sein de l’Église catholique durent depuis des siècles. Sergio Kokis s’en inspire pour écrire L’innocent, un roman dont l’action se...
En lire plus...

17 février 2019 à 9h00

Quiz : A mari usque ad mare

A mari usque ad mare (d’un océan à l’autre) est la devise du Canada.
En lire plus...

17 février 2019 à 7h00

Oslo: dans les coulisses des négociations israélo-palestiniennes

Studio 180
Me voici, à la St-Valentin, assis avec ma bien-aimée, dans une salle remplie à craquer du théâtre CAA de Mirvish (l'ancien Panasonic sur Yonge...
En lire plus...

16 février 2019 à 12h00

La pénurie d’enseignants freine le bilinguisme

Photo: Francopresse, Lucas Pilleri
Après des décennies de croissance exponentielle, les programmes de français langue seconde des conseils scolaires du pays peinent à trouver un nombre suffisant d’enseignants...
En lire plus...

16 février 2019 à 9h00

Le lait au chocolat ne fait rien de spécial pour la récupération des sportifs

santé, sport
Les médias, la publicité et bien des athlètes rapportent régulièrement que le lait au chocolat améliore la récupération chez les sportifs après un effort...
En lire plus...

La France s’anime au TAAFI

TAAFI
Du 15 au 17 février, les films sont de retour au Festival international d’art d’animation de Toronto (TAAFI) et plusieurs oeuvres françaises émergent du...
En lire plus...

15 février 2019 à 16h28

Adieu, Opportunity

La NASA a officiellement «déplogué» le 12 février sa sonde martienne Opportunity, qui ne répondait plus depuis juin dernier. Sa mission a duré beaucoup...
En lire plus...

15 février 2019 à 15h15

Abel Maxwell veut inspirer les jeunes

Abel Maxwell sera omniprésent à la célébration du Mois de l'Histoire des Noirs organisée par le Centre Francophone de Toronto le samedi 23 février....
En lire plus...

15 février 2019 à 11h00

Deux photographes, deux univers

Expo alliance française
Geneviève Thauvette et Kathleen Hearn, deux artistes torontoises, exposent leurs photographies à l’Alliance française de Toronto jusqu'au 28 mars.
En lire plus...

15 février 2019 à 9h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur