Parlons chanson avec Dominique Denis

Un cours de conversation française pas comme les autres

Dominique Denis en action dans son cours de conversation française Parlons chanson offert deux soirs par semaine au 120 rue Carlton.
Photo: Sasha Furiani

14 avril 2015 à 9h14

Les meilleurs cours de conversation française sont ceux qui emploient du matériel et des situations «authentiques». Et quoi de plus réel et de plus directement associé à la culture que la chanson?

C’est ce principe qui sous-tend le cours Parlons chanson offert chaque semaine par Dominique Denis au centre-ville à des groupes de 10-15 adultes, des anglophones qui perfectionnent leur français en analysant et discutant d’une chanson populaire.

Son cours, l’ex-chroniqueur de musique de L’Express, ex-animateur à Radio-Canada et ex-directeur artistique de l’Alliance française de Toronto le développe et le rode depuis une douzaine d’années. Il l’exporte maintenant aux États-Unis et il vient de lancer son site dominiquedenis.ca, où on peut consulter et télécharger les cahiers d’activité.

«C’est le fruit de mes expériences journalistiques, musicales et pédagogiques», explique-t-il en entrevue à L’Express, au retour d’une seconde tournée américaine organisée par l’ambassade de France à Washington.

450 profs dans 18 villes

Pendant 11 jours au mois de mars, Dominique Denis a donné 10 ateliers Le français par la chanson à 250 enseignants dans 10 villes, d’Atlanta à Los Angeles, en passant par El Paso et San Juan de Porto Rico. L’an dernier, il avait montré sa méthode à 200 enseignants dans 8 villes, dont Washington, Chicago, Boston et Houston.

C’est Jean-Claude Duthion, l’ancien directeur de l’Alliance française de Toronto, aujourd’hui responsable de la coopération éducative au service de la promotion du français à l’ambassade, qui a gardé le contact avec lui et insisté pour qu’il puisse ainsi partager son savoir-faire avec les Américains.

«Aux États-Unis, on ne parle pas de français ‘langue seconde’ comme ici, mais bien de ‘langue étrangère’, en compétition avec l’espagnol ou le chinois», raconte Dominique Denis. «Mais il y a tout de même un engouement pour le français, associé dans l’esprit des gens à une grande civilisation, à une culture dynamique et à de beaux voyages.»

Interviews

À Toronto, son cours Parlons chanson avec Dominique Denis (deux sessions de 2h15 chacune par semaine, 135$ pour quatre semaines) emmène les participants au carrefour de l’apprentissage de la langue et du journalisme.

«Par exemple, on réalise des entrevues par courriel avec des auteurs-compositeurs (bientôt accessibles sur le site web). Jusqu’ici, on a interviewé Richard Séguin, Clémence Desrochers, Mario Chenart, Philippe Noireaut et Benoît LeBlanc, et on va interviewer Michel Rivard dans deux semaines.»

«Invariablement, les artistes sont heureux de participer à ces échanges», dit-il. «Ils sont souvent fiers que leurs chansons soient ainsi analysées par des francophiles de Toronto» et bientôt d’un peu partout en Amérique du Nord.

Brel, Brassens, Rivard

Dominique Denis a monté un répertoire d’environ 300 chansons d’une centaine d’artistes, qu’il a choisies pour la qualité du texte et la force du sujet abordé: «des chansons qui ont beaucoup à dire et qui le disent bien»… Brel, Brassens et Rivard reviennent souvent.

Chaque cours permet d’étudier une chanson en profondeur: son thème et les mots choisis, l’histoire et la culture dans laquelle elle baigne, la personnalité et la motivation de son auteur.

Les apprenants ont reçu et examiné au préalable le texte de la chanson et la biographie de l’artiste. Ils améliorent leur français presque sans s’en rendre compte, trop occupés à décortiquer le vocabulaire, écouter la chanson et en comprendre le message, son contexte et ses subtilités.

«La chanson est un document authentique. C’est une forme d’écriture orale: on chante comme on parle», explique Dominique Denis. Du point de vue pédagogique, «la chanson comble le gouffre entre la théorie et la pratique».

Quelques-uns de ses étudiants continuent d’assister à ses cours depuis dix ans. Leur enthousiasme est palpable et leurs résultats, bien que non quantifiés, le montrent bien selon leur professeur.

Réseau d’enseignants

Dominique Denis continue d’ajouter des fonctionnalités à son site web et souhaite pouvoir offrir son atelier à d’autres enseignants au Canada et aux États-Unis.

«J’aimerais entrer en communication avec d’autres professeurs de français basés à Toronto, des profs qui utilisent la culture – littérature, cinéma, arts culinaires, qu’importe – dans le cadre de leur enseignement, afin de créer un réseau d’enseignants qui pourraient ainsi échanger de bons procédés et, qui sait?, peut-être même se donner une démarche et une plateforme communes…»

Né à Ottawa, Dominique Denis habite à Toronto depuis 1988. Il enseigne depuis 26 ans et, en plus du journalisme, il fait aussi de la traduction et du traitement de texte, notamment ces temps-ci pour l’Institut de l’art canadien.

En 2012, il a été fait Chevalier des Arts et des Lettres de la République française pour ses contributions à la scène culturelle torontoise.

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