L’environnement en 2017: semer des graines d’optimisme

forêt climat environnement palmier

En quête de solutions pour la planète, le documentaire Demain, primé du César 2016 du meilleur documentaire, nous a fait rêver à de meilleurs lendemains. La professeure à l’École d’environnement de l’Université McGill, Elena Bennett cible elle aussi un avenir plus positif avec son projet Semences pour une bonne anthropocène. Sa recette: semer des graines d’innovations.

Dans sa récente étude, co-écrite avec une vingtaine de collègues de plusieurs pays, elle décrit près de 500 de ces graines: autant de projets qui seraient profitables à l’environnement et aux humains qui sont derrière. La «semeuse de graines» nous parle de la nécessité de changer notre manière de voir le monde en 2017.

L’anthropocène est le nom que proposent des géologues pour cette ère dans laquelle nous serions entrés, caractérisée par une empreinte humaine qui sera encore détectable dans des millions d’années. Depuis combien de temps parle-t-on d’anthropocène et quelle est cette «bonne anthropocène» que vous essayez de cultiver?

Dans les années ’60, l’auteur américain Stewart Brand disait: «nous sommes comme des Dieux, alors aussi bien tenter d’être bon à ça», ce qui signifie que les humains ont tellement d’influence sur la planète que nous avons besoin d’apprendre comment utiliser cette influence avec soin et précaution, pour laisser la Terre mieux que nous l’avons trouvée.

Nous avons une énorme influence et un potentiel pour le bien et le mal. Ce projet tente de s’assurer que nous utilisons ce potentiel pour le meilleur.

Nous sommes volontairement vagues sur ce qu’est une «bonne anthropocène». Il y a de nombreuses visions différentes de ce qui est bon et de ce que les personnes veulent et, maintenant que nous savons que certaines des graines collectées correspondent à nos visions occidentales, nous voulons nous assurer aussi de collecter des graines qui reflètent des visions différentes sur comment faire le monde meilleur.

Une chose que je peux dire, après avoir parcouru plus de 500 projets collectés jusqu’à présent, c’est l’existence de terrains communs. Par exemple, un grand nombre se concentrent sur la connexion — connecter des gens à la nature, connecter les gens entre eux.

Pouvez-vous donner des exemples de ces «graines à planter»?

Mon exemple préféré est un projet nommé Health in Harmony où ils travaillent à Bornéo, en Indonésie à reconnecter des forêts et des gens en santé. Les gens reçoivent des soins à moindre coûts ou gratuits en échange de la promesse de protéger les forêts tropicales locales et ses résidents, les orangs-outans.

À quoi sert de collecter des exemples de transformations positives autour de la planète?

Cette collecte vise trois objectifs.

Premièrement, les analyser pour mieux comprendre comment les transformations surviennent.

Deuxièmement, réunir les semences pour aider la communauté de recherche mondiale à générer des scénarios originaux et réalistes d’un avenir positif. Des scénarios sont utilisés régulièrement dans des comptes rendus comme ceux du GIEC (le Groupe des Nations Unies sur les changements climatiques), mais tendent à être à la fois d’un optimisme irréaliste ou cauchemardesque: aucun des deux n’est très utile.

Troisièmement, catalyser l’action positive dans l’anthropocène. La première vague de collecte est finie mais nous sommes encore en train de collecter des graines, car nous désirons nous concentrer dans des zones géographiques particulières – qui ne comportent pas beaucoup d’éléments alors que nous savons que des actions existent dans ces zones – et nous voulons collecter encore plus d’éléments qui reflètent différentes visions du monde et valeurs.

Je pense que la science se concentre souvent sur les problèmes et les raisons pourquoi cela ne fonctionne pas, alors que nous pouvons apprendre beaucoup de ce qui fonctionne.

Dans leur livre de 2010, Switch: How to Change when Change is Hard, les frères Chip et Dan Heath, deux professeurs d’économie, montrent que de diriger l’attention sur ce qui marche pour résoudre un problème, peut être une voie efficace pour comprendre comment opérer des changements là où cela ne fonctionne pas (encore). C’est l’idée: mieux comprendre les transformations positives crée un contexte pour en faire la promotion ailleurs.

La première phase de collecte achève, quel bilan en tirez-vous ?

La première phase se termine, mais nous continuons à collecter des projets particulièrement dans certaines aires géographiques et pour des points de vue différents.

Sinon, l’idée de se concentrer sur l’aspect positif en conservation et en transformation est incroyablement attirante pour les gens. Chaque fois que je parle du projet, je suis bombardée de demandes pour savoir comment s’impliquer. Les gens tentent de se connecter, avec la nature mais aussi les uns avec les autres.

Il y a tellement d’exemples de transformations, grands et petits, pour les pauvres, les riches, dans les zones rurales et urbaines… Et tout le monde peut démarrer sa propre graine. Si vous avez une idée et un peu de passion, vous pouvez le faire. Qu’attendez-vous ?

Comment le monde de la recherche et les citoyens peuvent-ils aider à bâtir un meilleur monde?

Je pense que les chercheurs qui font le même type de travail que moi, ont l’obligation de parler à la communauté — avant, pendant et après leurs recherches. Pour les citoyens, je pense, que maintenant plus que jamais, le temps est venu où nous ne pouvons pas seulement être satisfaits et attendre qu’un bon projet survienne ou encore dire que nous n’avons pas le temps.

Je pense que nous avons besoin de nous laisser inspirer par les multiples personnes de notre base de données qui ont vu une opportunité et l’ont fait advenir.

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