Paris, ville d’histoire et d’art

Eugène Atget. Paris. Éditions Taschen, 2017, relié, 20 x 14 cm, très nombreuses illustrations, 670 p. Lecompte, Francism, Paris et ses peintres, 2017, Massin, Les Essentiels du patrimoine , relié, 23 x 19 cm, illustré, 192 p.

Eugène Atget. Paris. Éditions Taschen, 2017, relié, 20 x 14 cm, très nombreuses illustrations, 670 p. Lecompte, Francism, Paris et ses peintres, 2017, Massin, Les Essentiels du patrimoine , relié, 23 x 19 cm, illustré, 192 p.


15 mai 2017 à 11h21

Comme l’a dit un jour le prolifique écrivain français Fréderic Dard (1921-2000), connu surtout par sa série de 175 titres contant les aventures du commissaire San-Antonio, souvent aidé de son adjoint Bérurier, mais auteur de quelque 300 autres livres, «Paris sera toujours Paris. Qu’est-ce que tu veux qu’il fasse d’autre?»

Certes, si Paris est toujours Paris, il n’en reste pas moins que la «ville lumière» évolue sans cesse, qu’elle a évolué et présente aujourd’hui une image souvent différente de ce qu’elle a été ou de ce qu’elle est toujours.

Et il n’est donc pas sans intérêt de découvrir comment on l’a vue au fil du tems, avec des traces de son histoire, grâce à l’art d’un photographe ou d’un peintre. Et deux ouvrages peuvent nous permettre de comparer ces évocations artistique et historiques de «Paris la belle», pour reprendre le titre d’un film de Pierre Prévert.

Eugène Atget

Jean Eugène Auguste Atget, né le 12 février 1857 à Libourne et décédé le 4 août 1927 à Paris, est un photographe français. Mais comme l’indique le chroniqueur Gil Pressnitzer d‘Esprits Nomades, «Eugène Atget serait tombé dans les toiles d’araignée du temps si une Américaine, Bérénice Abbott, n’était tombée en admiration éperdue devant ses images d’un Paris réel et irréel tout à la fois».

En effet, la vie d’Eugène Atget n’est pas marquée par des événements qui auraient retenu l’attention. Après des études ordinaires et quelques péripéties sans grande signification, il tente à Paris, en 1890, de s’adonner à la peinture, sans grand succès.

Mais cette expérience lui permet de comprendre ce qu’il faut pour exécuter cette activité. Il se tourne alors vers une discipline nouvelle, la photographie.

Il commence donc à photographier systématiquement, avec l’intention de réunir une collection documentaire destinée aux peintres. Pour commencer et affiner sa méthode, il photographie d’abord des sujets de moindre importance, les «petits métiers de Paris» qu’il voit disparaître, les cours d’immeubles, les devantures des boutiques qu’il vend aux commerçants sous forme de tirages.

Le Paris artistique et pittoresque

Atget en vient alors à élaborer un projet de photographier tout ce qui, à Paris, est artistique ou pittoresque, en le faisant d’une manière systématique par série, en photographiant tout ce qu’il trouve concernant un thème avant de passer à un autre. Des institutions comme la Bibliothèque nationale de France ou des musées s’intéressent à son travail et achètent des centaines de ses photographies.

Photographe novateur, il produit des clichés nets et détaillés alors que la tendance est au flou pictural. Il s’attache au cadrage, à l’usage des lignes de fuites et à la répartition de la lumière. Il utilise toujours un ancien appareil en bois, avec un soufflet, qui demande plus de temps pour traiter les plaques en gélatino-bromure d’argent. La teinte de ses photographies va du sépia au brun violacé, selon les tirages, permettant toujours d’apprécier les contrastes.

Et c’est une collection de ces photos que les éditions Taschen ont réunies dans un ouvrage qui les présente en noir et blanc à chaque page. L’intérêt de cet ouvrage est double, découvrir Paris de cette époque, ce qui s’y passe, ce que l’on y voit ou trouve, et l’appréciation des cadrages, des perspectives recherchées et des effets de lumière. Un ouvrage remarquable dont chaque page est un tableau.

Regard de peintres

Toutes ces splendeurs photographiques et historiques ne sauraient nous faire oublier Paris sous le pinceau des artistes peintres. Au contraire, puisque l’on peut faire des comparaisons grâce à l’ouvrage des Éditions du Patrimoine, Paris et ses peintres.

Ce nouveau livre est à la fois un livre d’art et un livre d’histoire. L’explication donnée dans l’Introduction souligne ce fait. «Pendant des siècles, c’est aux peintres qu’a appartenu la mission de conserver l’image de nos villes. Grâce à eux nous connaissons l’aspect qu’avaient autrefois les rues et les monuments de Paris ainsi que la vie quotidienne de ses habitants au fil des temps.»

Ainsi, 60 tableaux de tous les quartiers de Paris sont passés en revue sous le regard de peintres connus ou inconnus encore, mais une courte notice les présente toujours: Raguenet, Pissarro, Van Gogh, Canella, Dagnan, Limbourg, Renoir, Caillebotte, Monet, Ziem, Cortès, Sisley, Grandjean et d’autres encore.

Cette présentation faite par arrondissement suit un ordre chronologique qui permet de voir Paris à différentes époques, du Moyen Âge au XXe siècle. Et de ce qui s’est produit parfois, entre la vision du peintre et l’actualité de la photo récente qui l’accompagne, surgissent les innombrables transformations qui ont bouleversé la ville.

Les photographies d’Eugène Atget apportent un éclairage intermédiaire. Souvent, heureusement, les lieux sont facilement reconnaissables et sont ceux que les peintres ont traduits dans leurs tableaux.

On ne peut que souscrire à ce commentaire: «Un très beau livre, mêlant art et histoire, qui retrace quelques-uns de ces moments forts dont la vie de la capitale fut riche, mais aussi révélateurs d’une harmonie et d’une certaine douceur de vivre qui ont souvent retenu et inspiré le regard des peintres.» (Caroline Lesniak, Internet).

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