Le crime en milieu rural dans toute sa splendeur

Peter Robinson, Moissons sanglantes, roman traduit de l’anglais par Pierre Reignier, Paris, Éditions Albin Michel, 2016, 448 pages, 31,95 $.

Peter Robinson, Moissons sanglantes, roman traduit de l’anglais par Pierre Reignier, Paris, Éditions Albin Michel, 2016, 448 pages, 31,95 $.


28 février 2017 à 10h05

Peter Robinson est une référence du polar britannique. Ses enquêtes de l’inspecteur Banks se sont vendues à plus de dix millions d’exemplaires. La plus récente traduite en français est Moissons sanglantes (In the Dark Places), une histoire de «crime en milieu rural dans toute sa splendeur».

L’action se déroule dans le Yorkshire et Le Monde a écrit: «On connaissait le pudding, le jambon et le terrier. Il faut rajouter à la liste des spécialités du Yorkshire les aventures de l’inspecteur Alan Banks… Banks est une institution.»

L’auteur lance ses lecteurs sur trois pistes: un tracteur volé, deux jeunes hommes disparus et une mare de sang humain dans un hangar désaffecté. Les pistes s’entrecroisent, bien entendu, et Banks mène une enquête complexe où il «a besoin d’un fond de scepticisme, sinon de cynisme.»

Peter Robinson
Peter Robinson

Une bonne part de l’histoire se déroule dans des abattoirs du Yorkshire, un univers qu’une policière trouve atroce. «Absolument répugnant. Un affront insupportable à sa sensibilité de végétarienne.»

L’inspecteur Banks n’aime pas les coïncidences et il y en a tout un faisceau dans son enquête. Difficile pour lui d’établir un schéma cohérent et concluant.

Le corps d’un des jeunes hommes qui a disparu est retrouvé coupé en morceaux, comme les agneaux et cochons dans les abattoirs. Banks croit que le tueur suspect est «un tueur qui prenait plaisir à brûler les yeux des cochons avec sa cigarette». Beurk!

Dans ce roman, les dialogues entre policiers sont parfois assez machos. Voici un exemple: «Putain de merde! Alors comme ça, cette salope éminemment baisable continue de remettre les criminels en liberté?» Ou encore: «Paraît que tu as une jolie petite pépée italienne au feu».

La réputation des policiers laisse souvent à désirer. «Les flics font peur. Tout le monde sait que nous sommes des enfoirés pervers qui passons notre temps à coincer des innocents pour truquer les statistiques sur la criminalité», lance Alan Banks.

L’auteur aime décrire la température à chaque fois qu’un policier rend visite à un suspect ou arrive sur la scène d’un crime. Il écrit, par exemple: «le ciel couleur d’acier donnait l’impression que si un géant avait abattu un marteau sur la campagne vallonnée, celle-ci aurait rendu un bruit métallique sonore».

Le Point n’hésite pas à parler d’un «grand Peter Robinson» dont l’inspecteur protagoniste se situe «entre le Maigret de Simenon, le Bosch de Connelly et le Rebus de Rankin».

La traduction est excellente, le style est finement ciselé, l’intrigue est fort bien architecturée. Bref, on ne s’ennuie pas une miette pendant plus de 400 pages!

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