L’année où quatre colonies britanniques ont inventé le Canada

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Comme on le sait et on nous rappellera souvent au cours des prochains mois, 2017 marque les 150 ans d’existence du Canada.

C’est au cours des ans, pour ne pas dire des siècles, que le Canada s’est géographiquement constitué pour devenir, de ce point de vue, le deuxième plus grand pays du monde.

Une évolution organisationnelle et politique a accompagné cette construction, une évolution pas encore terminée puisque le Canada n’a toujours pas un chef d’État canadien accédant démocratiquement à cette fonction en marquant ainsi l’unité du pays, et qu’il conserve des vestiges coloniaux archaïques.

On ne saurait résumer en quelques paragraphes l’histoire complexe du Canada, mais rappeler seulement, à l’occasion de ce 150e anniversaire, quelques étapes importantes qui, au fil des ans, ont finalement débouché sur la reconnaissance du Canada comme État souverain.

Les colonies de l’Est

C’est avec les colonies de l’Est de ce qui est alors une parue de l’Empire britannique qu’il faut se tourner pour remonter aux origines de ce processus qui donnera lieu à l’existence d’un pays s’étendant d’un océan à l’autre.

Tout commence en 1864, avec une première conférence qui se tient à Charlottetown et sera suivie d’une deuxième conférence à Québec.

En 1864, les colonies britanniques de l’Est comptaient quatre entités, deux étaient continentales, et deux insulaires.

La Nouvelle-Écosse, entièrement britannique depuis 1758, devait son nom à la colonie écossaise fondée dans les années 1620 par le roi d’Écosse et d’Angleterre sous le nom latin de Nova Scotia, en l’honneur de Jacques 1er d’Écosse. Depuis 1848, elle avait son propre gouvernement responsable.

Le Nouveau-Brunswick avait obtenu en août 1784 d’être séparé de la Nouvelle-Écosse pour devenir une colonie autonome. Son nom est rattaché à la famille royale d’Angleterre dont les représentants étaient ducs de BrunswickLüneburg, un duché du Saint-Empire romain germanique.

L’Île-du-Prince-Édouard doit son nom attribué en 1799 d’après celui du prince Édouard, duc de Kent, frère du roi George III du Royaume-Uni.

Terre-Neuve, pleinement britannique depuis le traité d’Utrecht de 1713, obtenait en 1855 son premier gouvernement.

La Conférence de Charlottetown

Le gouvernement britannique avait prévu de tenir au début de septembre 1864 une conférence des représentants des colonies dites maritimes – Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard – en vue d’assure une meilleure cohésion de celles-ci pour qu’elles deviennent une puissance politique, économique et militaire plus importante.

Ainsi elles dépendraient moins de Londres et surtout seraient plus solidement établies dans le contexte de la guerre de Sécession aux États-Unis voisins.

Terre-Neuve n’était pas invitée, sans doute du fait de sa situation géographique, et sa demande tardive de participation ne fut pas acceptée.

Toutefois, la province du Canada, appelée aussi le Canada-Uni (aujourd’hui le Québec et l’Ontario), qui existait depuis 1841, sollicite sa participation à cette conférence et y est admise. Parmi ses représentants se trouvent notamment George Brown, qui va s’illustrer par ses propositions unificatrices, et George-Étienne Cartier.

La conférence ouverte le 1er septembre se termine le 7, mais le poids des délégués du Canada-Uni, avec la proposition de George Brown visant une union élargie, entrevue par tous comme bénéfique pour chacun, l’emporte sur les buts prévus initialement.

Et les problèmes de la guerre civile voisine étant également éliminés, les représentants sont d’accord pour se rencontrer de nouveau le mois suivant à Québec.

La Conférence de Québec

Comme convenu, les délégués du Canada-Uni, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard se retrouvent à Québec au mois d’octobre 1864. Terre-Neuve a envoyé deux observateurs. La conférence s’ouvre le 10 octobre pour se terminer le 27 octobre.

Entre la rencontre de Charlottetown et celle de Québec, des participants à ces rencontres se sont réunis et ont élaboré, à partir des idées avancées alors, 72 résolutions, les Résolutions de Québec, qui définissent des buts spécifiques à atteindre dans la création d’un nouveau pays.

Après des débats internes entre ceux qui favorisent un gouvernement central fort, comme John A. Macdonald, et ceux qui favorisent plutôt des droits solides pour les provinces, craignant de perdre leur identité culturelle sous un gouvernement centralisé, les délégués retournent soumettre les 72 résolutions à leur gouvernement respectif.

Seule l’Île-du-Prince-Édouard rejette les résolutions. Le Canada-Uni, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse se concertent en vue d’obtenir du gouvernement britannique leur autonomie.

La conférence de Londres

Il en résultera une autre conférence, mais à Londres cette fois, en décembre 1866. Les délégués choisissent le nom «Canada» pour désigner le nouveau pays, et les noms Ontario et Québec pour les deux entités de la province du Canada-Uni.

Les participants révisent les Résolutions de Québec et s’entendent sur des compromis pour proposer une ébauche de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique. C’est ce document qui sera adopté par le Parlement du Royaume-Uni, et qui donne existence au Canada le 1er juillet 1867… il y aura 150 ans cet été.

Le Manitoba adhère à la Confédération canadienne en 1870, la Colombie-Britannique (qui avait demandé la construction dans les dix ans d’un chemin de fer transcontinental) en 1871, l’Île-du-Prince-Édouard en 1873, la Saskatchewan et, l’Alberta en 1905, Terre-Neuve-Labrador en 1949.

Les Territoires du Nord-Ouest, le Yukon et le Nunavut complètent l’ensemble territorial et politique du Canada.

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