Toronto au bord du lac: une évolution étonnante

Le groupe de participants au Historitour de la Société d'histoire de Toronto le 4 juin.

Le groupe de participants au Historitour de la Société d'histoire de Toronto le 4 juin.


12 juin 2017 à 11h56

Le nom «Toronto» provient du mot mohawk «tkaronto», qui signifie «là où il y a des arbres dans l’eau». Saviez-vous que le rivage du lac Ontario se trouvait au début du 19e siècle au bord de la rue Front, nommée ainsi pour cette raison? Aujourd’hui, ce qu’on appelle Harbourfront se situe environ 800 mètres plus au sud.

C’est ce que nous a rappelé la Société de l’histoire de Toronto lors d’une d’une visite guidée, le 4 juin dernier, le long des rives du lac Ontario.

En 1867, la ville de Toronto a commencé à s’industrialiser rapidement. La population de la ville a quintuplé entre 1831 et 1891. La circulation maritime constituait à l’époque une des principales lignes de transports de marchandises de et vers  Toronto.

Évolution du bord du lac de Toronto.
Évolution du bord du lac de Toronto.

Le port se développe à partir du marché St. Lawrence, qui fit construire le premier quai de la ville, entre la rue Front et la rue Market. «Toutes les rues perpendiculaires au lac, comme la rue Yonge ou la rue Church, avaient des quais», explique la guide Rolande Smith.

Au début du 20e siècle (1911), la ville formait la Commission du port de Toronto et s’attelait à l’expansion des ports ainsi qu’à la fortification d’espaces libres. L’idée était donc (autour du marché St. Lawrence) de concevoir des espaces pour les piétons.

Tout commença par la création d’une esplanade. Selon un article du Toronto Star, un certain (Sir) Casimir Stanislaus Gzowski a été chargé de concevoir cette esplanade, en partie existante aujourd’hui et pas tout à fait piétonne, entre Yonge et Parliament. À cette époque, le bord du lac avait déjà reculé.

Au lendemain de l'incendie du 19 avril 1904.
Au lendemain de l’incendie du 19 avril 1904.

Les réformes urbaines

Au début des années 1850, Toronto avait tenté de profiter du boom ferroviaire, ouvrant les portes de Toronto au commerce Nord-Sud. Et la première gare d’importance se situait en l’emplacement actuel du Sony Center for the Performing Arts. Ce lieu a d’abord évolué en entrepôt, puis en marché de gros, avant d’être racheté par Sony.

L’hôtel Royal York offrait alors une vue imprenable sur le lac, aujourd’hui largement obstruée par la gare Union, l’autoroute Gardiner et des tours à condos.

Le grand incendie de 1904 détruira le quartier entre la rue Yonge et Front. Seule rescapée: la petite banque qui abrite aujourd’hui le Temple de la renommée du hockey.

Les débris de cet incendie ont été jetés dans le lac. «C’était le processus de remblayage: nous jetions la terre et la pierre dans le lac, c’est comme ça qu’on construit sur l’eau», explique une des guides, Brigitte LaFlair.

«Toutes les constructions qui ont été réalisées après l’incendie ont permis de remblayer vers le lac. Depuis 150 ans, la ville détruit et reconstruit. Le centre-ville avait été rasé.»

Ce remblayage se poursuit aujourd’hui, notamment dans la jetée de la rue Leslie, en constante évolution. «La ville continue de détruire (pour construire) et de jeter dans le lac.»

Construction de la voie ferrée entre les rues Yonge et Lawrence.
Construction de la voie ferrée entre les rues Yonge et Lawrence.

Le transport

«Le chemin de fer est devenu très important avec l’expansion de la Fédération canadienne vers l’Ouest; il fallait pouvoir rejoindre la Colombie-Britannique.»

Desservies par le train Montréal-Toronto, les manufactures ont poussé rapidement. «Il y a même eu des avions et hydravions très tôt», souligne Rolande Smith. En 1920, le bâtiment de l’Administration portuaire de Toronto était au ras de l’eau, aujourd’hui ce n’est plus le cas.

Un des changements majeurs du Harbourfront est l’érection de l’autoroute Gardiner surélevée. La Frederick Goldwin Gardiner Expressway (du nom du premier président de la Communauté urbaine de Toronto de 1953 à 1961) relie le centre-ville de Toronto à sa banlieue ouest. Cette structure froide longe les rives du lac Ontario. «Elle coupe tout, c’est dommage, elle surplombe le centre-ville sur 18 km.»

Le front du lac de Toronto, tel que nous le connaissons aujourd’hui, est donc le résultat de plans successifs et de modifications. Le rivage abrite aujourd’hui de nombreux domiciles, ainsi que des dizaines de tours à condominiums, des galeries d’art, théâtres et restaurants, dont ceux du Centre culturel Harbourfront, entre York et Spadina.

Le prochain Historitours de la SHT aura lieu le 18 juin, dans le cadre du festival Franco-Fierté: une visite du village gai au centre-ville.

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