La vie est nomade pour Mila Younes


16 juin 2009 à 15h25

Après avoir publié Ma mère, ma fille, ma sœur (2004), Mila Younes poursuit son récit autobiographique avec Nomade, un autre pan de son vécu de femme assoiffée de liberté. Née à Paris en 1953, de parents algériens, Mila Younes arrive au Québec vingt-cinq ans plus tard. C’est sa vie nomade dans l’Est et dans l’Ouest du Canada que raconte Nomade.

Femme berbère, Mila Younes est loin d’être soumise aux valeurs traditionnelles qui relèguent les femmes à un rang subalterne, voire à une oppression institutionnalisée. Même si elle a accepté le mariage arrangé par ses parents, Mila s’est révoltée contre l’oppression de sa belle-mère, a quitté son mari et son fils, s’est mis à dos son père et, surtout, sa mère. Tout cela nous a été raconté dans Ma mère, ma fille, ma sœur.

Nomade commence avec l’arrivée de Mila a Québec en 1978. À partir de ce moment-là, elle s’embarque dans une remise en question et une réflexion sur son identité. Elle se demande si elle arrivera jamais à se soustraire aux traditions de ses racines berbères. Tout le livre est «un voyage sur une route déconcertante».

Mila Younes découvre le Québec sur le pouce, y rencontre Marc-Alexandre, l’épouse et met au monde une fille. Elle écrit pourtant que «les malheurs se sont succédés les uns après les autres depuis mon arrivée au Canada.» Peut-être est-elle trop fixée sur son arbre et incapable de voir la belle forêt qui l’entoure… Chose certaine, Mila Younes examine son vécu sous toutes ses facettes et nous en donne des descriptions détaillées, voire fastidieuses, qui rendent parfois la lecture de Nomade ennuyeuse.

Ce récit nous fait découvrir une femme qui a une immense soif de liberté. Mila affirme d’ailleurs qu’il lui est impossible de vivre mariée toute une vie avec la même personne. Femme qui refuse de vivre en circuit fermé, Mila cherche constamment à élargir ses horizons. Et c’est l’écriture qui lui sert d’exutoire. «Elle m’aide à percevoir le monde intérieur, à réfléchir et à regarder avec courage ce qui se manifeste.»

Je dois avouer que j’ai eu l’impression, au cours de ma lecture de Nomade, que Mila Younes avait une très (trop) haute estime de son vécu. Elle écrit moins pour réfléchir que pour s’assurer que personne ne changera son histoire et l’analyse qu’elle en fait.

Il n’en reste pas moins que ce témoignage vibrant de Mila Younes, nourri par la solidarité des gens qui croisent son chemin, trace les jalons d’une authentique recherche de liberté, la sienne et celle qu’elle souhaite pour tous les peuples. Mila Younes ose, elle apprend à vivre autrement que selon les diktats de sa culture d’origine et, tout en allant à la rencontre des peuples autochtones (côte Ouest du Canada), elle part en quête de son identité véritable.

Mila Younes, Nomade, suite de Ma mère, ma fille, ma sœur, récit autobiographique, Ottawa, Éditions David, 2008, 352 pages, 22,95 $.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Parlons chanson… avec Luc De Larochellière

Luc De Larochellière (Photo: Panneton-Valcourt)
Au fil des ans et des albums, Luc De Larochellière s’inscrit dans la durée en signant une œuvre qui se démarque tant par ses...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h48

Quand les Autochtones passent derrière la caméra

Kathleen Ivaluarjuk Merritt et Susan Aglukark pratiquent le chant de gorge dans les espaces du Grand Nord.
Quoi de mieux pour comprendre l’histoire, la culture et la créativité des Premières Nations qu’en les faisant passer derrière la caméra? C’est à travers une...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h44

Y a de la joie, y a de la création

Toronto, par Bruno Roux.
Quatre artistes et amis français de Toronto exposent leurs œuvres –des peintures et des sculptures qui éveillent la joie – depuis le 19 avril et jusqu’au...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h42

Le Cuba hors plages vous attend

L'hôtel Los Jazmines.
Selon le bureau du tourisme cubain, 98% des Canadiens qui voyagent à Cuba vont essentiellement dans des centres de vacances tout inclus. «Je rencontre...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h40

Winnipeg, la porte de l’Ouest

Le site historique La Fourche. (Photo: Sandra Dorélas)
On connaît Winnipeg, capitale du Manitoba, pour son équipe de hockey, les Jets, et pour son fameux personnage Winnie l’ourson. Mais Winnipeg, c’est évidemment...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h38

Molière reste d’actualité

Monsieur Jourdain interprété par François-Michel Pellequer.
La troupe des Anciens de l’Université de Toronto s’est attaquée au Bourgeois gentilhomme, les 21 et 22 avril au théâtre George Ignatieff. Mise en...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h36

Pas d’erreur pour les élèves du Collège français

La troupe de «Erreur des pompes funèbres en votre faveur», à l'issu de leur première.
Peut-être que les pompes funèbres se sont trompées sur le nom du défunt, mais le Collège français a eu raison de faire confiance à ses...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h34

La francophonie canadienne a souvent fait bon usage du Sénat

rep-francophoniecanadienne
«Les sénateurs des communautés francophones et acadienne du Canada (CFC) ont souvent mobilisé l’opinion publique sur les questions linguistiques, une tradition qui se poursuit....
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h32

La marijuana n’aurait jamais dû être illégale

marijuana-prison
Dans ses récentes communications, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a confirmé vouloir «légaliser, réglementer et restreindre» l’accès à la marijuana d’ici l’été 2018....
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h30

Le «porte-parole de la Terre» à la TSF

Yann Arthus-Bertrand a visité le ravin de la TSF, un projet du club de l'environnement animé par Josette Bouchard.
Cette année, la célébration de la Semaine de la Terre a revêtu un éclat particulier et demeurera un événement dans la mémoire collective de...
En lire plus...

24 avril 2017 à 20h28

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur