Il y a 100 ans, les Canadiens s’emparaient de la crête de Vimy

Le monument canadien à Vimy.

Le monument canadien à Vimy.


3 avril 2017 à 23h29

La Première Guerre mondiale avait été déclenchée par l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, et de son épouse, le 28 juin 1914 dans la ville de Sarajevo.

Mais cet événement survenait dans un climat d’extrême tension qui existait déjà dans cette région des Balkans. Un jeu d’alliances ou de soutiens entre diverses puissances entraîne une succession de déclarations de guerre qui vont mettre l’Europe à feu et à sang.

L’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie le 28 juillet, à la Russie le 5 août, l’Allemagne à la Russie le 1er août, à la France le 3 août, le Royaume-Uni à l’Allemagne le 4 août, la France à l’Autriche-Hongrie le 11 août et le Royaume-Uni le 13 août, le Japon à l’Allemagne le 23 août, la France et le Royaume-Uni à la Turquie le 3 novembre.

Colonies britanniques

Au début des hostilités, les Britanniques envoient en France un corps expéditionnaire relativement modeste composé de soldats professionnels bien entraînés, bien équipés et expérimentés. Mais l’Angleterre dispose aussi de l’appui de forces venues de ses colonies ou des États indépendants qui lui sont associés dans le Commonwealth, comme le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande.

Quand la Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne, le Canada, comme tous les dominions, est automatiquement mis dans une situation de fait, la guerre, sans aucune consultation préalable. Le 5 août, le gouverneur général du Canada depuis 1911, le prince britannique Arthur, duc de Connaught et de Strathearn, déclare que le Canada entre en guerre contre l’Allemagne.

Toutefois, l’importance de la participation militaire relève du gouvernement canadien. Le Parlement approuve la participation canadienne à la guerre en votant un premier budget militaire le 18 août 1914 et la Loi des mesures de guerre qui dote le gouvernement du Premier ministre Robert Borden de pouvoirs spécieux.

De 3 000 à 32 000 hommes en deux mois 

L’armée canadienne n’était alors que peu importante, ne comptant guère qu’un peu glus de 3 000 hommes équipés d’un fusil de piètre qualité.

Borden charge son ministre de la Défense, Sir Sam Hughes, de recruter et d’entraîner des troupes pour un service outre-mer. En deux mois à peine, les effectifs s’élèvent à 32 000 hommes qui s’entraînent à la base de Valcartier, à une vingtaine de kilomètres de Québec.

Deux mois plus tard, le premier contingent canadien est formé et s’embarque pour l’Angleterre, constituant alors le plus grand convoi traversant l’océan Atlantique.

Cette première contribution sera suivie de nombreuses autres. «À la fin de la guerre, le Canada comptait 619 636 militaires, dont plus de 3 000 infirmières. C’était une armée de taille pour une population de moins de 8 millions d’habitants.» (La réponse d’un pays)

D’ailleurs, les pertes totales du Canada pendant la Première Guerre mondiale se chiffrent à environ 67 000 morts et 173 000 blessés.

La bataille de Vimy

En France, la crête de Vimy s’étend sur 7 kms à une altitude de 80 mètres, soit 60 m au-dessus des plaines environnantes. Elle se trouve à l’intérieur d’un triangle formé par Arras, Lens, Douai.

Les Allemands s’étaient emparés de cette hauteur stratégique en 1914 et l’avaient fortifiée. Malgré plusieurs attaques, pour reprendre cette hauteur, les armées britanniques et françaises avaient échoué à le faire pendant plus de deux ans.

Du 9 au 12 avril 1917, les soldats du corps canadien, sous les ordres du général canadien Arthur Currie, attaquent la crête de Vimy pour la reprendre aux Allemands. Cette bataille est une victoire pour les Canadiens, qui réussissent à reprendre la crête et à réaliser tous leurs objectifs, au prix de 3 598 morts et 7 104 blessés.

Cette victoire a donné aux troupes canadiennes le statut de troupes d’élite, permettant au Canada d’avoir une position indépendante lors de la signature du Traité de Versailles, le 28 juin 1919, qui met fin à la guerre et place le Canada sur la scène internationale.

Le Mémorial

La crête de Vimy est devenue un territoire canadien de 91 hectares en 1922, «don de la nation française au peuple canadien».

Son Mémorial est le plus prestigieux des monuments canadiens d’Europe. Il symbolise l’histoire internationale, honore la mémoire des 67 000 Canadiens morts durant la Première Guerre mondiale et commémore la bataille du 9 au 12 avril 1917.

Les deux pylônes blancs qui représentent le Canada et la France, culminent à 40 mètres au-dessus du monument. Du fait de l’altitude du site, la figure la plus élevée – l’allégorie de la paix – domine la plaine de Lens d’environ 110 mètres.

Devant le monument, on peut remarquer une statue de femme voilée, regardant vers l’Est, vers l’aube d’un nouveau jour. Elle représente le Canada, une jeune nation, pleurant ses fils tombés au combat et tournée vers la paix.

Les noms des 11 285 Canadiens disparus durant cette guerre sont inscrits sur le mémorial lui-même et les visiteurs peuvent retrouver ainsi le nom d’un parent disparu, comme cela nous est arrivé lorsque nous avons visité ces lieux en famille.

Le monument commémoratif a été construit de 1925 à 1936. Les figures de pierre des pylônes symbolisant les valeurs défendues et les sacrifices faits par les troupes canadiennes. Le monument est construit d’une pierre blanche très rare, la pierre de Seget, dont l’unique carrière connue est située sur l’île de Brač, en Croatie.

Le Mémorial de Vimy a été inauguré en juillet 1936.


À lire aussi dans L’ExpressLa bataille d’Arras, un héritage imprescriptible

Noms de Canadiens disparus lors de la Première Guerre mondiale.
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