Deux pays, deux continents, deux familles

Saroo Brierley, Lion, roman traduit de l’anglais par Christophe Cuq, Paris City Éditions, 2016, 256 pages, 29,95 $.

Saroo Brierley, Lion, roman traduit de l’anglais par Christophe Cuq, Paris City Éditions, 2016, 256 pages, 29,95 $.


6 mars 2017 à 22h02

Un enfant de 5 ans aboutit à Calcutta en 1987. Il ne connaît pas son nom de famille ni celui de sa ville natale située à des milliers de kilomètres. Il lui faudra 25 ans pour retrouver sa famille indienne. Saroo Brierley raconte son long et fascinant cheminement dans Lion, récit qui a inspiré le film du même nom (Saroo signifie «lion» en hindi).

Né en 1981 à Khandwa, dans le quartier de Ganesh Talai – des lieux qu’il ne sait ni prononcer ni écrire –, Saroo se souvient avoir grandi dans une famille où «nous n’avions rien à manger; en revanche, nous ne manquions pas de liberté et nous aimions ça».

Un jour, Saroo accompagne son grand frère dans une gare, se perd, saute dans un train qui soudainement file à toute allure. Les portes sont barrées et l’enfant de 5 ans finit par passer plus de 24 heures dans un wagon. Quand il peut finalement descendre, on lui dit qu’il est à Calcutta où «chaque jour est une question de vie ou de mort».

Doté d’un puissant instinct de survie et extrêmement débrouillard, Saroo évite les bandes de rues et la prison. Il a la chance d’être placé dans un orphelinat où une dame reconnaît son potentiel. John et Sue Brierley ne tardent pas à adopter le garçon, qui arrive en Australie le 25 septembre 1987.

Aimé, choyé et bien éduqué, Saroo s’intègre à 100% dans sa famille australienne et devient un adulte aussi charmant que responsable. Le destin lui a offert «une existence confortable et privilégiée», mais pas question de tourner la page et d’oublier ses racines indiennes. Pour se comprendre lui-même, il doit comprendre son passé, revoir les lieux qui hantent ses rêves.

À 30 ans, après d’innombrables recherches en ligne grâce à Google Earth et Facebook, Saroo repère enfin sa ville natale, son quartier d’enfance et… sa mère Kamba. Puisqu’elle croyait son enfant mort, Kamba est surprise «comme par le tonnerre» et la joie dans son cœur est «aussi profonde que l’océan» indien.

Les retrouvailles sont évidemment émouvantes; les échanges doivent se faire à l’aide d’une interprète, car Saroo ne parle plus hindi. Il retrouve aussi un frère, sa sœur, des neveux et une nièce. C’est la fête pendant un mois.

Le livre explique fort bien comment un homme doit apprendre à vivre dans deux familles avec chacune leurs liens affectifs, dans deux pays/continents avec chacun leur culture. On voit clairement que les racines déterminent la taille d’un arbre ou que les réminiscences de l’enfance constituent les pierres angulaires de son identité.

L’expérience vécue par Saroo Brierley lui a donné «une foi inébranlable en l’importance de la famille, quelle que soit sa forme ou sa nature, ainsi qu’une confiance en la bonté humaine et en l’importance de saisir les chances quand elles se présentent».

De petit garçon perdu sans famille à adulte vivant dans deux familles, Brierley découvre que «rien de ce qui s’est passé n’est le fruit du hasard». Comme le précise un dicton indien, «tout est écrit».

Parlant d’écriture, l’auteur a eu l’appui de Larry Buttrose pour écrire Lion. Le film était en nomination dans plusieurs catégories, dont celle du meilleur film, au récent gala des Oscars.

L'auteur Saroo Brierley et sa mère naturelle.
L’auteur Saroo Brierley et sa mère naturelle.

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