Bienvenue à «Jerusalem in Orlando»!

Jésus devant Qumran, carverne des manuscrits de la mer Morte.

9 janvier 2007 à 12h30

La seule mention d’Orlando évoque tout de go les parcs d’amusement Walt Disney. On pense aussitôt à Magic Kingdom, Animal Kingdom, Epcot et MGM Studios. J’ai visité ces endroits et j’ai fait la queue pour entrer dans une panoplie de pavillons et attractions de tous genres. Orlando, c’est aussi Seaworld et Universal Studios où j’ai choisi de ne pas m’arrêter. J’ai plutôt profité de mon séjour en Floride pour découvrir The Holy Land Experience, un parc thématique religieux dont le cri de ralliement est «Attendez-vous à être inspirés!»

C’est après avoir vu le reportage de Joyce Napier, au Téléjournal de Radio-Canada, que j’ai décidé d’ajouter The Holy Land Experience à ma liste de sites à visiter à Orlando. Je ne l’ai pas regretté.

J’ai passé une journée entière à explorer une douzaine de présentations (saynètes, films, expositions, concerts a cappella, etc.) centrées sur la vie de Jésus. J’ai mentionné le terme «parc thématique religieux», mais The Holy Land Experience se présente davantage comme un «ministère» qui se targue de ne pas être affilié à une confession religieuse. Il y règne cependant un esprit carrément évangéliste.

La publicité clame haut et fort que «Jésus-Christ est le Seigneur de Holy Land Experience». Les dirigeants souhaitent que «Sa présence soit sentie par tous ceux et celles qui entrent sur le site». Chaque présentation a un fondement biblique et s’accompagne souvent d’une teinte prédicatrice. Libre à chacun d’en prendre ou d’en laisser. Mieux vaut, d’ailleurs, accepter ce point de départ si on veut jouir de sa visite.

Le rythme de ce parc thématique ou ministère centré sur Jésus-Christ est évidemment d’un tout autre tempo que celui des attractions de Walt Disney. Pas de tintamarre ou de fanfare, pas de sensations fortes (genre montagnes russes), pas de tape-à-l’œil (genre feux d’artifice), même pas de films 3D ou 360 degrés. Tout est présenté avec simplicité et sincérité. La plus grande salle de spectacle ne peut accueillir que 400 personnes et la Place du Temple peut asseoir un maximum de 500 personnes.

L’exposition la plus intéressante, à mon avis, est celle du Scriptorium où le visiteur, guidé par le son et la lumière, traverse une demi-douzaine de salles qui illustrent l’histoire de la diffusion des écrits bibliques. On y présente une imposante collection de livres rares, surtout des éditions de la Bible, dont certaines remontent au Moyen Âge. Elles proviennent du Fonds Robert-et-Judith-Van-Kampen, une des plus imposantes collections au monde d’artefacts bibliques.

Une attraction populaire est la maquette de la ville de Jérusalem vers l’an 66 A.D. Mesurant 15 mètres de long et 8 mètres de large, cette maquette serait le plus gros modèle intérieur au monde. Un animateur-conférencier décrit les principaux lieux de la ville au temps de Jésus, mais ses moyens technologiques sont malheureusement assez réduits. Le public est debout pendant une demi-heure et ne peut pas tout voir car le plan urbain n’est pas incliné (il faudrait aussi un écran avec diapositives).

Une centaine de comédiens et comédiennes interprètent des scènes telles que la Nativité, la venue de Jean-Baptiste, la Passion et la Résurrection. Comme je visitais l’endroit durant la période de Noël, une des saynètes pour enfants (KidVenture) portait sur La Vraie Histoire de Saint-Nicolas, présentée avec une bonne dose d’humour… et le message qu’il y a plus de plaisir à donner qu’à recevoir.

Je me suis restauré à l’Oasis Palm Café où le menu revêt lui aussi des tonalités bibliques. On peut choisir entre Paul’s Platter ou Hannah’s Helping. Il y a James’ Catch (poisson), Elisha’s Bruschetta et King David Desserts.

Inauguré en février 2001, The Holy Land Experience couvre 15 acres, a coûté 16 millions de dollars (surtout des dons) et accueille en moyenne 250 000 personnes par année. Cette entreprise ou ce ministère jouit d’un rare privilège fiscal puisque le gouverneur Jeb Bush a fait adopter un projet de loi exemptant de taxe tout organisme à but non lucratif, qui présente des manuscrits bibliques ou des scènes de la Bible.

Ceci a évidemment mis en furie des parcs comme Dinosaur Adventure Land. Certains soutiennent que si un parc d’amusement Mickey Mouse doit payer des taxes, il doit en être de même pour un parc d’amusement Jésus et Moïse, même si ses hamburgers sont des Goliath Burgers!

Les vacances et les voyages font désormais partie intégrante de la vie d’une majorité de travailleurs et retraités. De plus en plus d’agences offrent des destinations religieuses; Globus propose les Tours Martin Luther en Allemagne, les Sept églises de la Révélation en Turquie et les Pérégrinations de l’apôtre Paul en Grèce. Comme les Américains voyagent peu à l’étranger, ils sont la cible principale des dirigeants de «Jerusalem in Orlando» ou Holy Land Experience.

Selon la National Tour Association des États-Unis, le tourisme religieux représente une mine d’or, soit un milliard de dollars, et les «vacances chrétiennes» ont augmenté de 10% au cours des trois dernières années.

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Les présidentielles françaises débordent chez nous

Marine Le Pen et Emmanuel Macron.
Les dimanches 23 avril et 7 mai, les Français sont appelés aux urnes pour élire leur future présidente ou leur futur président. C’est un moment démocratique...
En lire plus...

18 avril 2017 à 0h05

Michel Lavigne: la caricature au service des droits et de la justice

Notre chroniqueur Gérard Lévesque sur les genoux du Père Noël: un dessin de Michel Lavigne.
La passion de mon ami Michel Lavigne était d’illustrer l’actualité par des dessins qui suscitaient habituellement un sourire approbateur de la part des personnes...
En lire plus...

18 avril 2017 à 0h04

Les politiciens populistes montent le public contre les journalistes

Daniel Lessard
Le journaliste Daniel Lessard, qui a longtemps couvert la colline parlementaire pour Radio-Canada et qui continue d’y commenter la politique canadienne, exerce «un maudit...
En lire plus...

18 avril 2017 à 0h04

Le français pour l’avenir honore Barbara Hall

John Ralston Saul et Barbara Hall
Lundi 10 avril, l’organisme Le français pour l’avenir a souligné son 20e anniversaire au campus Glendon de l’Université York, lors d’un forum qui a permis à 250...
En lire plus...

18 avril 2017 à 0h03

Inoubliable Louis Riel

Louis Riel COC
La Canadian Opera Company (COC), en coproduction avec le Centre national des arts à Ottawa, revisite un chapitre important et controversé de l’histoire du...
En lire plus...

18 avril 2017 à 0h03

Jérôme Bosch et Marie Chouinard: «J’aurais dû y penser moi-même»

Une scène du Jardin des Délices de Marie Chouinard, inspirée de Bosch. (Photo: Sylvie Ann Par)
Le 500e anniversaire de la mort du peintre néerlandais Hieronymus (Jérôme) Bosch, l’an dernier, a été marqué aux Pays-Bas par de nombreuses activités, dont...
En lire plus...

18 avril 2017 à 0h02

L’électro-franco de DJ Unpier

Dj Unpier
DJ Unpier joue sur la scène ontarienne depuis quelques années et puise son influence à Toronto. Son but: faire danser le monde, en français...
En lire plus...

18 avril 2017 à 0h01

Petit Biscuit a apporté le soleil à Toronto

Mehdi Benjelloun
Mehdi Benjelloun est un jeune artiste qui connaît actuellement un succès mondial. Ce jeune Français et Obélix ont un point commun, ils sont tombés...
En lire plus...

18 avril 2017 à 0h00

Quand les Torontois dansent sur la musique basque

Jokin Irungaray au tambour, Vianney DesPlantes au tuba euphonium et Maider Martineau à l'accordéon. (Photo: Kathryn Durst)
Le folklore des danses traditionnelles européennes, popularisé par Balfolk Toronto, est à l’honneur tous les lundis à La Revolucíon (2848 rue Dundas Ouest) et l’été à...
En lire plus...

17 avril 2017 à 23h59

Montmartre et ses trésors

Guide du Musée de Montmartre, Somogy éditions d'Art, Musée de Montmartre, 2016, 26 x 19 cm, broché avec rabats, 150 illustrations, 168 p. La couverture reproduit l'affiche Lire Le Chat Noir, 1886, de Louis-Jean-Léonce Burret (1866-1915).
Qui, en visite à Paris, n’a pas un jour décidé d’emprunter non loin de la célèbre place Pigalle, plutôt que le funiculaire, l’escalier de...
En lire plus...

17 avril 2017 à 23h58

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur