Des «Frenchies» improvisent en anglais

Les Beau-Ties: pour le service en anglais, faites le 2

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Publié 05/03/2013 par Guillaume Garcia

Le succès des Improbables a donné des idées à certains des comédiens de la troupe, qui ont décidé de lancer une deuxième troupe d’improvisation composée de francophones, mais qui improvisent cette fois en anglais. Au-delà du défi que cela représente pour ces Frenchies, il y avait la volonté d’aller toucher un public anglophone et de tester l’humour francophone dans la langue de Shakespeare.

Renée-Claude Thériault, Joseph Elfassi, Alban Ferrieu, Alex Normand et Frédéric Assabgui, sont tous francophones, du Nouveau-Brunswick, de France, d’Ontario et du Québec.

Sur scène, ils s’appellent par les couleurs de leurs nœuds papillon, leur marque de fabrique. Bleu, vert, jaune, rouge et violet, pardon… lavande, se partagent tour à tour la scène et improvisent suivant les thèmes lancés par un animateur qui demande souvent au public de participer pour choisir les contraintes avec lesquelles joueront les comédiens.

Un humour différent

Les cinq amis se sont rencontrés lors du camp de sélection des Improbables en septembre dernier et ont décidé de se lancer en décembre.

«On est allé voir un spectacle et on s’est dit que c’était accessible de faire de l’impro en anglais», se souvient Fred Assabgui. «On a regardé avec qui on aimerait travailler, et aussi qui pourrait le faire en anglais.»

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Sur la scène de l’Electric Theater dans le quartier Kensington la langue ne pose pas de problème et le public rit à gorge déployée aux blagues et mimiques des cinq comédiens.

Les thèmes s’enchaînent, parfois accompagnés de musique, les personnages se font et se défont et l’on oublie complètement que les comédiens improvisent dans leur langue seconde. Parfois le français ressurgit, que ce soit sur certains mots, mais aussi dans les blagues, plus borderlines que dans l’humour anglophone.

Refusant le politiquement correct, les cinq comédiens jouent avec le feu sans se brûler les ailes, provoquant à plusieurs reprises des «ohh» dans le public. Juif, arabe, ou homosexuel, ne sont pas des mots tabous chez les Beau-ties et c’est tant mieux.

Pour parfaire l’alchimie entre les membres, la troupe se réunit régulièrement pour des pratiques où ils expérimentent de nouveaux jeux, de nouvelles catégories, pour voir si l’humour fonctionne.

«À la première pratique, on est arrivé avec des jeux et on a essayé de fonctionner à cinq. On s’est vite aperçu qu’il nous fallait un animateur. On s’est aussi beaucoup inspiré de Who’s line is it anyway?, explique Fred.

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Faire parler de soi

L’humour en français est plus construit que l’humour en anglais, dans le sens où les punchs sont plus longs à amener que l’humour en anglais, ce qui amuse aussi le public qui n’est pas habitué à ça. Il faut attendre un peu avant de rire.

«La manière d’amener la blague n’est pas la même», résume un des comédiens. Les Beau-Ties pourraient, à terme, tenter des expériences proches de l’impro en français, avec des équipes par exemple. Pour faire connaître leur troupe, les Beau-Ties ont réussi à créer un petit buzz sur Internet en publiant des vidéos étranges sur YouTube. Chaque comédien est filmé en train de réfléchir à ce que représentent les Beau-Ties pour lui. Le tout caricaturé à l’extrême!

«On voulait faire un gros coup de pub. Plus il y a de monde aux spectacles, plus on a de l’énergie. On veut faire le plus de vidéos possible pour garder le momentum et garder le monde actif », indique Frédéric.

Vous pouvez consulter la page Facebook des Beau-Ties pour connaître les dates de leurs prochains shows.

Auteur

  • Guillaume Garcia

    Petit, il voulait devenir Tintin: le toupet dans le vent, les pantalons retroussés, son appareil photo en bandoulière; il ne manquait que Milou! Il est devenu journaliste, passionné de politique, de culture et de sports.

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