Bonnes notes pour les robots à l’école

Les élèves ont pris plaisir à faire chanter et danser un petit robot

Nao le robot (Photo: Johannes Wienke — Flickr — Creative Commons — http://bit.ly/2sS9ZtF)

Nao le robot (Photo: Johannes Wienke — Flickr — Creative Commons — http://bit.ly/2sS9ZtF)


17 juillet 2017 à 14h01

Après les tableaux interactifs intelligents, nos écoles trouveront-elles un intérêt à investir dans l’achat de robots? C’est ce que croit le titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication, Thierry Karsenti.

«C’est assez exceptionnel, les enfants ne veulent plus quitter l’école et viennent même le samedi pour programmer le robot. Cette activité agit sur la motivation, sur l’envie d’apprendre et révèle le grand potentiel des jeunes de tous les milieux», affirme le professeur de la faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal.

Afin de vérifier ce qu’un robot pouvait apporter comme avantages dans une classe, il a fait l’acquisition de Nao, un petit robot humanoïde de 58 cm. Puis, il s’est lancé dans trois expérimentations.

Milieu éducatif défavorisé

Pour débuter, il a misé sur un milieu éducatif défavorisé. C’est dans ce contexte que les 54 élèves en adaptation scolaire de l’école secondaire Saint-Germain de la municipalité de Bellechasse ont pu s’initier à la programmation pendant 10 semaines afin de faire chanter et danser le petit robot.

Les élèves, âgés de 12 à 17 ans, ont tellement bien maîtrisé l’exercice qu’ils ont présenté le fruit de leur travail dans d’autres écoles et même à l’Apple Store de Québec, validant du coup une belle expérience de succès à l’école.

«Ils ont aussi formé des enseignants à la programmation du robot pour qu’ils puissent expérimenter cette activité dans leur propre classe», ajoute le chercheur.

Autistes

Une autre expérimentation s’est tenue dans une classe d’enfants atteints d’un trouble de l’autisme de l’école Saint-Raphaël, dans la même municipalité.

Dans ce cas, les enfants qui suivaient le robot des yeux se sont mis à apprendre des histoires qu’ils pouvaient ensuite raconter au robot et à lui écrire des lettres lorsqu’il était absent de la classe. Nao a ainsi réussi à stimuler leur attention et à développer leurs compétences en français, en mathématique et même en socialisation.

«L’enseignante a été submergée par la réponse et les demandes des enfants, ce qui a eu un impact sur les habiletés scolaires de ces enfants», rapporte-t-il. D’autres expériences auprès d’enfants autistes avaient déjà démontré que Nao pouvait les aider à communiquer.

Nao en spectacle

Dans une troisième expérimentation, des élèves d’une école primaire défavorisée de Lachine ont aussi été initiés à la programmation du robot. L’engouement a été tel que 450 parents se sont réunis en fin d’année pour assister au spectacle de Nao, chorégraphié par les élèves de 4e et 5e année.

Pour expliquer le succès de chacune de ces expérimentations, le chercheur explique que le robot humanoïde repousserait plus facilement les limites de la programmation.

«C’est une stimulation supplémentaire, accessible et bon marché. Les enfants passent de spectateurs à acteurs de leur réalité», relève-t-il. Son équipe a ainsi documenté plus de 25 impacts éducatifs positifs à la présence d’un robot dans la classe, dont l’augmentation des compétences, de la collaboration et de l’entraide entre les élèves et la recherche de résolution de problèmes.

À l’université

Pour Didier Paquelin, professeur au département d’études sur l’enseignement et l’apprentissage de l’Université Laval, le robot de téléprésence mobile est devenu une extension de lui-même. «Il permet de me déplacer sur place et de prendre part aux conversations. Je n’ai pas besoin de faire quelque chose de spécial, juste de présenter le cours, et l’intérêt est déjà là», affirme le chercheur.

Une fois l’effet «Wow!» passé, le robot, à l’allure d’un iPad monté sur deux «jambes» de 160 cm munies de roulettes, présente de nombreux avantages, pour l’enseignant, mais également pour les élèves. L’étudiant malade peut continuer à participer à ses différentes activités d’apprentissage (cours, labos, etc.), tandis que le professeur peut faire la classe, participer à un séminaire à distance, superviser un stage ou même visiter un campus lointain.

Le projet-pilote de la faculté des sciences de l’éducation, démarré au printemps 2016, a permis d’explorer 44 mises en situation, pour une durée totale de 120 heures d’interventions. Ce projet confirme l’intérêt des institutions universitaires pour une technique facile d’usage.

De nombreuses universités possèdent d’ailleurs cet équipement et l’équipe de recherche dresse actuellement une cartographie des robots dans les universités de la planète.

«En fait, c’est aussi facile que la téléphonie à distance. Avec une bonne fluidité et un temps de latence très court, la technique se fait oublier et enrichit l’expérience de communication verbale et non verbale», assure le chercheur. Une expérience tellement positive que l’université envisage même l’achat de deux autres robots.

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17 juillet 2017 à 14h00

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