Une stratégie pancanadienne pour la santé mentale

Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 08/05/2012 par Heather Scoffield (La Presse Canadienne)

à 17h21 HAE, le 7 mai 2012.

OTTAWA – La Commission de la santé mentale du Canada s’inspire des programmes de sensibilisation au cancer dans sa nouvelle campagne.

La première stratégie nationale pour la santé mentale présentée lundi mise sur un grand vent de changement dans la façon dont la société aborde et traite les problèmes de santé mentale — à la manière de la révolution qui a changé la perception du cancer il y a trois ou quatre décennies.

Le cancer, même lorsqu’il affecte les parties du corps les plus intimes, n’est désormais plus un sujet tabou. La recherche de financement pour la lutte contre cette maladie est une cause commune des philanthropes, des sportifs et des artistes, et la communauté de recherche sur le sujet est fort active.

Pourtant, les défenseurs d’une meilleure santé mentale doivent se contenter de rêver à un consensus national et à une attention semblable. Mais avec une stratégie pancanadienne, les choses pourraient changer.

Publicité

«Le système de santé mentale devrait être accessible à toutes les personnes qui en ont besoin et il est temps de passer à l’action», indique le rapport de la commission.

Les responsables estiment que l’implantation complète de la stratégie coûterait plus de 4 milliards $ aux gouvernements sur une période de dix ans. Ils ne précisent pas quels gouvernements devraient défrayer ces coûts.

Le rapport contient un nombre important de données et de recherches à propos de l’étendue des problèmes de santé mentale au Canada. Il présente également une longue liste de recommandations sur la manière la plus efficace de prévenir et de traiter ces problèmes afin qu’ils n’accablent plus une si grande partie de la population.

«Des investissements stratégiques, des indicateurs de progrès clairs et un fort mouvement social sont nécessaires afin d’engendrer des changements», lit-on dans le rapport.

Le document recommande une intervention immédiate, soulignant à de nombreuses reprises l’importance de porter attention aux besoins des enfants et des adolescents afin de prévenir des problèmes majeurs dans le futur. Le rapport insiste également sur l’importance de fournir un soutien financier aux familles pour que leurs enfants aient accès à la psychothérapie sans qu’elles aient à débourser de leurs poches.

Publicité

Les commissaires exhortent également le gouvernement d’augmenter la disponibilité des services en santé mentale dans le système de justice pénal afin que les prisonniers y aient accès au même titre que les autres membres de la population.

«Les efforts visant à réduire le nombre de personnes qui doivent vivre avec des problèmes et des maladies liés à la santé mentale dans le système de justice criminelle doivent être renforcés. Nous devons remédier aux lacunes dans les services, les traitements et le soutien», indique le document, qui propose également un plan de prévention du suicide — un sujet sur lequel le gouvernement fédéral planche également.

L’idée est d’informer les familles, les écoles et les milieux de travail de cette réalité et de faire en sorte que les médecins de famille et les infirmières procèdent au dépistage des problèmes de santé mentale et soient plus alertes face aux risques de suicide.

Près de l’ensemble des 4000 Canadiens qui se suicident chaque année sont atteints de problèmes de santé mentale.

La stratégie de la commission propose également de s’attaquer aux principaux facteurs de risques — la pauvreté, les événements traumatisants, le logement inadéquat et l’itinérance —, de revoir l’accès aux professionnels de la santé mentale, d’augmenter la recherche dans ce domaine et de porter une attention particulière aux membres des Premières Nations, aux immigrants, aux familles à faible revenu et aux groupes marginaux.

Publicité

Il suggère aussi une réorganisation des soins de première ligne, une meilleure prise en compte des types de maladies et de problèmes mentaux qui affectent les Canadiens, ainsi qu’une approche pancanadienne afin d’améliorer le système.

Cette dernière proposition exigerait un certain leadership à l’échelle nationale, et les regards sont tournés vers Ottawa.

Bien que le premier ministre Stephen Harper ait clairement exprimé son intention de limiter l’implication du gouvernement fédéral en santé, Ottawa a laissé entendre qu’il pourrait soutenir le projet.

M. Harper a parlé de l’importance de briser la stigmatisation des problèmes de santé mentale et a lui-même mandaté la commission de produire ce rapport.

«Le rapport démontre que nous avons tous un rôle à jouer pour composer avec les problèmes de santé mentale», a écrit dans un courriel la ministre de la Santé, Leona Aglukkak.

Publicité

«Cette implication concerne tous les paliers de gouvernement, les organisations non gouvernementales, les entreprises et les organismes de bienfaisance», a-t-elle ajouté.

Auteur

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur