Un père s’oppose à une «audience autochtone» pour le tueur haïtien de sa fille

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à 18h09 HNE, le 17 janvier 2012.

MONTRÉAL – Le père d’une adolescente assassinée il y a une vingtaine d’années croit que le tueur de sa fille ne devrait pas avoir droit à une audience de libération conditionnelle normalement réservée aux autochtones.

La fille de Michael Manning, Tara, a été violée, étranglée et poignardée des dizaines de fois dans le domicile familial de Dorval, dans l’ouest de l’île de Montréal, en 1994.

La Commission nationale des libérations conditionnelles a accordé à l’assassin une audience où il sera épaulé d’un «aîné» — une procédure habituellement réservée aux criminels autochtones et pendant laquelle sont récitées des prières des Premières nations.

Mais M. Manning estime que le tueur d’origine haïtienne ne devrait pas avoir droit à une telle audience puisque, selon lui, il ne compte aucun ancêtre autochtone.

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«C’est comme le fait de plonger un autre couteau dans notre famille. Il a poignardé Tara à 51 reprises; quel genre d’histoire abracadabrante est-ce donc?», s’est interrogé M. Manning, mardi, lors d’une entrevue.

«Les autochtones ont combattu pendant longtemps pour obtenir des droits et des privilèges particuliers. C’est irrespectueux, et ça tourne en ridicule les Premières nations, les Inuits et les Métis du Canada.»

L’homme, reconnu coupable de meurtre prémédité en 1997, doit comparaître ce mercredi devant la Commission nationale des libérations conditionnelles, à Winnipeg. Son identité ne peut pas être divulguée puisqu’il était mineur au moment des faits.

Bien que la Commission nationale des libérations conditionnelles précise que les audiences comprenant un «aîné» n’améliorent pas les chances de libération d’un détenu, M. Manning, qui prévoit assister à l’audience de libération de mercredi, croit plutôt que le tueur en a fait la demande pour tenter d’obtenir la faveur de la commission.

«Ce n’est pas [une procédure] conçue pour un clown qui décide d’améliorer ses chances, ou de mieux paraître devant la commission», a-t-il lancé.

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Après la mort de sa fille, M. Manning a donné des conférences à travers le Canada, ce qui a mené à l’adoption d’une nouvelle loi fédérale sur l’ADN. Cette loi accorde aux policiers de nouveaux pouvoirs pour recueillir des échantillons génétiques, comme la salive et le sang, afin de tracer des profils génétiques de suspects, qui peuvent ensuite être comparés aux indices trouvés sur les lieux d’un crime.

Un porte-parole de la commission a indiqué mardi que les délinquants non-autochtones peuvent demander une audience en compagnie d’un «aîné», à condition de prouver qu’ils se sont «engagés dans la culture ou l’activité spirituelle amérindienne».

La commission a accepté d’organiser de telles cérémonies pour 492 détenus lors de l’année fiscale 2010-2011, dont 56 non-autochtones.

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