Un ami de la victime de Magnotta témoigne

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à 13h44 HAE, le 8 avril 2013.

MONTRÉAL – L’enquête préliminaire de Luka Rocco Magnotta a entamé sa troisième et dernière semaine, lundi matin, au palais de justice de Montréal, avec le témoignage d’un ami de Jun Lin, la présumée victime.

Magnotta est demeuré impassible pendant que Dong Dong Xu répondait aux questions de la Couronne et de la défense, lundi matin. Le témoin avait demandé que son identité ne soit pas révélée, mais la juge Lori-Renée Weitzman a refusé.

Les témoignages à l’enquête préliminaire sont par ailleurs frappés d’une ordonnance de non-publication. Par contre, la demande de huis clos déposée par la défense il y a près d’un mois a été rejetée par la juge Weitzman.

Magnotta, âgé de 30 ans, fait face à plusieurs chefs d’accusation, notamment du meurtre prémédité de l’étudiant Jun Lin, de l’Université Concordia, en mai 2012, et d’avoir démembré son cadavre. Il a plaidé non coupable.

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Lundi après-midi, on entendra par vidéoconférence des témoins de Vancouver.

L’enquête préliminaire a repris lundi matin après un ajournement de plus de deux semaines. Le tribunal doit déterminer si les preuves sont suffisantes pour la tenue d’un procès.

Schizophrénie paranoïde

La semaine dernière, on avait appris que Luka Rocco Magnotta a déjà été soigné pour une schizophrénie paranoïde, et son psychiatre avait prévenu en 2005 qu’il ne prenait pas toujours ses médicaments.

Une lettre rédigée par le psychiatre qui a suivi Magnotta figurait au dossier du tribunal qui a condamné l’homme pour fraude en 2005. Selon la lettre du psychiatre, il souffrait d’un trouble psychiatrique majeur.

La lettre vient tout juste d’être dévoilée à l’issue d’une bataille juridique entre médias et avocats pour en permettre sa publication.

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Le docteur Thuraisamy Sooriabalan, du Rouge Valley Health System, à Toronto, y indique que Magnotta souffrait de schizophrénie paranoïde depuis au moins l’an 2000, et qu’il avait été hospitalisé à plusieurs reprises.

Il écrit également que Magnotta — né Eric Newman — avait une ordonnance d’antipsychotiques mais qu’il ne prenait pas toujours ses médicaments, s’exposant ainsi à des épisodes de paranoïa, à des hallucinations auditives et à une peur de l’inconnu.

Magnotta, âgé de 30 ans, est l’objet de plusieurs chefs d’accusation, dont celui de meurtre prémédité, relativement à la mort sordide de Jun Lin, étudiant en génie à l’université Concordia. Les audiences préliminaires dans cette affaire, qui avait fait grand bruit en mai dernier, font actuellement relâche au palais de justice de Montréal.

La lettre publiée mercredi figurait dans le dossier d’un tribunal ontarien où Magnotta avait été condamné, en 2005, à une peine avec sursis dans une affaire de fraude. Après avoir pris connaissance de la lettre, la juge avait prévenu Magnotta qu’il devrait s’assurer de prendre ses médicaments, sans quoi son existence s’en trouverait «bouleversée».

Lettre d’intérêt public

Un journaliste du quotidien Globe and Mail tentait depuis longtemps de mettre la main sur ce document, en vain. Un groupe de médias a alors embauché un avocat pour plaider leur cause afin d’obtenir la lettre du psychiatre.

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L’avocat torontois de Magnotta, Luc Leclair, a tenté d’empêcher la publication de cette lettre, mais le juge de la Cour de l’Ontario Fergus O’Donnell a tranché mardi après-midi qu’elle devrait être rendue publique.

Le document, publié mercredi matin, contient certes des informations personnelles et médicales, mais l’argument de l’intérêt privé est à écarter dès lors que la lettre a été déposée lors d’un procès, a écrit le juge dans sa décision.

«Le fait d’interdire la publication de cette lettre n’aurait pas permis à la population de participer à une évaluation pertinente ou un débat concernant ce qui est arrivé à M. Newman en 2005, dans ce qui devait être un processus judiciaire ouvert et transparent», a écrit le juge O’Donnell.

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